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Conférences et enseignements

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Conférences d'enseignement 1997

 

Arthrodèses à visée d'épiphysiodèses du rachis

Auteurs : J. Dubousset

Résumé : Cette chirurgie qui consiste à détruire et fusionner des zones définies de cartilages de croissance vertébraux est réalisée sur un rachis en croissance, plus ou moins précocement, pour contrôler une croissance asymétrique provenant, soit de malformations congénitales vertébrales, soit pour prévenir un effet vilebrequin, c'est-à-dire la croissance normale de la partie antérieure du rachis secondaire à une fusion postérieure elle-même réalisée pour des déformations rachidiennes d'origine paralytique ou idiopathique non contrôlées par les plâtres ou les corsets. Il est nécessaire de réaliser une planification correcte, aussi bien pour les indications, que pour la technique, que pour l'appréciation des résultats : d'abord dans l'espace avec une appréciation tridimensionnelle du désordre de croissance et de sa correction, ensuite dans le temps avec la mesure la plus précise du potentiel de croissance résiduelle au moment de l'intervention, non seulement en ce qui concerne les zones intéressées par l'intervention, mais aussi le reste du rachis, et ce grâce tout autant aux signes cliniques qu'aux mesures radiologiques. La technique chirurgicale peut être antérieure, postérieure, ou combinée et les résultats sont d'autant meilleurs que la chirurgie est réalisée plus tôt, avant l'âge de 5 ans, pour les malformations congénitales. En ce qui concerne la prévention du phénomène de vilebrequin, il est recommandé de fusionner l'ensemble de la courbure intéressée sur sa convexité, mais pour ce cas le plus difficile est de déterminer exactement l'importance du vilebrequin en fonction du degré de croissance résiduelle car un petit degré de vilebrequin est parfaitement tolérable aussi bien pour l'esthétique que pour la fonction.
Croissance du rachis - Malformations congénitales du rachis - Epiphysiodèse
Pages : 1 à 18

 

Nécrose du semi-lunaire

Auteurs : Ph. Saffar

Résumé : La maladie de Kienböck semble être d'abord une maladie vasculaire, artérielle ou veineuse, de cet os. L'hyperpression qui est de cause extra-carpienne (cubitus court donnant une inégalité radio-cubitale inférieure) ou intracarpienne (désaxation adaptative du carpe) vient ensuite comprimer cet os fragilisé et l'aplatit. L'os tente de se réossifier en multipliant les ostéoblastes mais la "fracture de l'os" aboutit à sa nécrose plus ou moins complète. Cette nécrose reste longtemps une nécrose en mosaïque avec des îlots osseux vivants au milieu de la nécrose. Les sujets les plus touchés sont des adultes jeunes de 20 à 40 ans, le plus souvent des hommes, travailleurs manuels : le rôle déclenchant des microtraumatismes est prouvé. Le diagnostic différentiel le plus important est la fracture du semi-lunaire : ces fractures sont extrêmement rares et se passent dans un contexte différent : c'est une erreur avec d'importantes conséquences médico-légales que de porter le diagnostic de fracture du semi-lunaire. L'IRM doit être utilisée car elle apporte une aide au diagnostic, mais elle peut aussi avoir un rôle pronostique important. Cela explique que deux sortes de traitement soient aujourd'hui en vogue : a. les interventions qui diminuent l'hyperpression : raccourcissement du radius ou du grand os et arthrodèses intracarpiennes ; b. les tentatives de revascularisation par implantation d'un pédicule vasculaire ou par greffon ou os pédiculés. Des interventions combinées agissant sur l'hyperpression et sur le semi-lunaire lui-même sont utiles dans les stades avancés. Les lunarectomies simples ou avec remplacement prothétique sont abandonnées. D'autres modalités existent : elles s'appliquent aux formes évoluées avec arthrose : résection de la première rangée des os du carpe, dénervation ou arthrodèse totale de poignet. L'étiologie reste mystérieuse et les traitements doivent s'adapter à chaque cas et ne pas être standardisés.
Nécrose aseptique du semi-lunaire - Maladie de Kienböck
Pages : 19 à 34

 

Fractures du pilon tibial

Auteurs : U. Heim

Résumé : Des recherches anatomiques récentes ont porté sur la minéralisation du pilon tibial dont les variations expliquent une résistance très variable à la charge. La vascularisation cutanée de la région n'est pas homogène. Les voies d'abord doivent en tenir compte. Etienne Destot introduisit le terme de pilon et sa définition en 1911. L'évolution des concepts thérapeutiques depuis Böhler jusqu'à nos jours est résumée. A partir de 1963, le traitement opératoire s'est imposé peu à peu. La classification AO simplifiée est présentée. Elle est basée sur l'analyse de 680 fractures articulaires dont 400 revues après délai minimal d'un an par Heim. Parmi les fractures partielles B, il faut distinguer les enfoncements de la surface articulaire (B2) à pronostic péjoratif. Les fractures complètes C contiennent un grand groupe C2 dans lequel domine la lésion métaphysaire qui peut être, soit une impaction, soit une comminution. La dissociation articulaire (B3, C3) ne représente que 6 % du total des fractures articulaires. Les lésions des parties molles ont été récemment mieux étudiées et considérées ce qui a conduit à l'élaboration du concept Minimal Invasive Osteosynthesis (MIO). La tactique opératoire prévoit de procéder pour toute fracture fermée à morphologie sévère en deux temps et de limiter le premier à une réduction et immobilisation provisoire en attendant la fonte de l'enflure initiale. La technique classique comporte après synthèse du péroné la réduction anatomique de la surface articulaire, le comblement du défect par greffe spongieuse autologue et la réunion du bloc épiphyso-métaphysaire à la diaphyse. La plaque vissée est de plus en plus remplacée par le fixateur calcanéo-tibial. Un petit fixateur épiphyso-diaphysaire ou un fixateur hybride (ayant un demi-cercle distal) permettent la mobilisation précoce de la tibio-tarsienne. La traction par fixateur, complétée par la réduction percutanée de grands fragments a été récemment remise en valeur pour des fractures irréparables. Parmi les complications, les nécroses cutanées et l'infection ont diminuées grâce aux techniques MIO. L'arthrose grève encore 30 % et plus de ces fractures selon leur morphologie et la qualité de la réduction. L'imperfection technique en est responsable pour plus d'un tiers.
Fractures du pilon tibial - Fractures du tibia inférieur - Fractures de la tibio-tarsienne
Pages : 35 à 51

 

Le polyéthylène en 1997

Auteurs : F. Langlais

Résumé : Les débris de polyéthylène (PE) représentent le mécanisme essentiel de l'ostéolyse et des descellements. Cette usure dépend des caractéristiques intrinsèques du PE, mais aussi très largement de ses sollicitations extrinsèques, liées au dessin de la prothèse et aux autres matériaux qui la constituent. Il existe d'importantes variations intrinsèques, liées à la résine d'origine (et notamment son poids moléculaire), la fabrication de la pièce (extrusion puis usinage, compression, moulage, chaque type s'accompagnant d'un taux d'inclusions et de défauts de fusion variables) et la méthode de stérilisation. L'irradiation a l'inconvénient d'entraîner une oxydation de surface et des modifications de subsurface (bande blanche) qui diminuent les qualités mécaniques statiques (résistance à l'élongation, etc.). Mais elle entraîne une réticulation qui améliorerait la résistance à l'usure dans les PTH : certains industriels conservent donc l'irradiation, mais en atmosphère inerte, qui limiterait l'oxydation précoce (mais sans doute pas secondaire), tandis que d'autres proposent la stérilisation par l'oxyde d'éthylène ou le plasma gazeux. Les autres "améliorations" du polyéthylène, notamment par modification de la cristallinité, restent décevantes. Mais l'usure est plus encore liée aux facteurs extrinsèques : pour la hanche, ce sont le dessin de la prothèse (notamment le diamètre, voire la nature de la tête), mais surtout l'existence d'un blindage (metalback) qui entraîne de hautes contraintes de surface, qui sont à l'origine d'une importante usure par fatigue du PE : cela pose le problème de la longévité des cupules blindées de métal, qu'elles soient sans ciment ou cimentées. Au genou, le dessin prothétique (incongruence des surfaces, plateau metalback) entraîne de hautes contraintes de surface, qui sont à l'origine d'une usure par fatigue et délamination. Si le plateau en PE est irradié, il y a alors coïncidence entre la zone de contraintes maximales de cisaillement, située 1 ou 2 mm au-dessous de la surface, et la bande blanche de subsurface liée à l'irradiation, cette coïncidence entraînant une usure accrue. L'accroissement de la longévité des prothèses de genou passe donc sans doute par une optimisation du PE (peut-être en évitant la stérilisation par l'irradiation), mais aussi par le recours à des prothèses plus congruentes, dont les basses contraintes de surface sollicitent moins le PE.
Biomatériaux - Polyéthylène - Ostéolyse aseptique périprothétique - Descellement aseptique prothétique
Pages : 53 à 69

 

Indications des ostéotomies pelviennes chez l'enfant

Auteurs : J. Sales de Gauzy

Résumé : Chez l'enfant, trois types d'ostéotomies pelviennes sont réalisables. Les ostéotomies de réorientation qui modifient l'orientation du cotyle sans en changer le volume. Elles rétroversent le cotyle et augmentent la couverture antérieure et latérale de la tête fémorale mais diminuent la couverture postérieure. Les acétabuloplasties qui améliorent la couverture globale de la tête fémorale en diminuant le volume du cotyle. L'ostéotomie d'agrandissement de Chiari qui est une intervention de sauvetage et sera indiquée quand les autres ostéotomies ne sont pas réalisables par défaut de congruence de la hanche. Chaque type d'ostéotomie comporte un certain nombre de prérequis nécessaires à leur bonne réalisation et portant surtout sur la congruence articulaire, les possibilités de recentrage de la tête fémorale et le respect d'une bonne mobilité articulaire. L'objectif de l'ostéotomie dépend du type de pathologie et visera selon les cas à corriger une dysplasie cotyloïdienne, à améliorer la stabilité de la hanche ou à augmenter la couverture de la tête fémorale. L'indication d'une ostéotomie doit tenir compte, d'une part, de facteurs généraux que sont l'âge de l'enfant et le type de pathologie, et, d'autre part, de la déformation locale dont l'analyse précise nécessite parfois un scanner ou une IRM. Dans la maladie luxante de la hanche, il faut tenir compte des possibilités de remodelage spontané du cotyle avec la croissance et des facteurs pronostiques que sont la concentricité de la réduction, l'importance de la dysplasie initiale, l'âge de l'enfant, la présence d'une épiphysite. Une ostéotomie sera indiquée en cas de réduction chirurgicale ou devant une dysplasie résiduelle après une réduction orthopédique. L'ostéotomie cherchera à améliorer la couverture antérieure et latérale et à corriger l'excès d'antéversion du cotyle. Chez l'enfant jeune, avant 5 ans, une ostéotomie innominée est suffisante. Après 5 ans, les triples ostéotomies qui permettent une bascule plus importante du cotyle semblent plus adaptées. L'ostéotomie de Pemberton est indiquée en cas de dysplasie sévère sur cotyle trop large. Dans l'infirmité motrice d'origine cérébrale, la déficience du cotyle est globale mais porte surtout sur la partie postérieure du cotyle. Les acétabuloplasties toujours associées à une ostéotomie fémorale seront les plus adaptées. Dans l'ostéochondrite primitive de hanche, les triples ostéotomies seront indiquées en cas d'excentration de la tête fémorale. En améliorant la couverture externe elles participent au principe de "containment" et favorisent une reconstruction correcte de la tête fémorale. Les ostéotomies pelviennes peuvent également se discuter dans des pathologies plus rares comme certaines maladies osseuses constitutionnelles, les coxa vara infantiles, les séquelles d'ostéoarthrite, les hanches paralytiques, etc.
Ostéotomie pelvienne - Legg-Perthes-Calvé - Infirmité motrice d'origine cérébrale - Luxation congénitale de hanche
Pages : 71 à 90

 

Résection-reconstruction des tumeurs de l'os iliaque

Auteurs : J. Puget

Résumé : La chirurgie reconstructive des tumeurs de l'os iliaque est en évolution croissante. Cette chirurgie intéresse non seulement les tumeurs primitives mais aussi de plus en plus fréquemment, les métastases de l'os iliaque douloureuses et invalidantes sur le plan fonctionnel. Les plus fréquentes localisations sont en zones (I + II) et (II + III). L'analyse de la topographie tumorale conduit les chirurgiens à utiliser différentes méthodes pour obtenir la reconstruction. Les progrès dans l'imagerie avec la tomodensitométrie et la résonance magnétique nucléaire apportent de plus en plus d'information sur la tumeur avant l'acte chirurgical mais la biopsie reste la preuve définitive du diagnostic. Pour assurer une résection carcinologique, la chirurgie doit utiliser des abords larges, éventuellement un double abord simultané. Pour chaque cas, on peut discuter les différentes indications suivantes : 1. une tumorectomie sans reconstruction ; 2. la reconstruction avec greffe osseuse restituant la fonction de la hanche, dans la majorité des cas une PTH est associée. Les greffes osseuses peuvent être morcelées dans les petits défects mais elles sont le plus souvent massives. Les auto- ou allogreffes fréquemment utilisées sont : l'extrémité supérieure ou inférieure du fémur, la partie proximale du tibia, l'os iliaque... ; 3. la reconstruction par prothèse : prothèse de l'os iliaque dessinée par ordinateur ou "Saddle" prothèse. Les résultats sont aujourd'hui encourageants mais des problèmes demeurent, en particulier, dans l'ancrage des prothèses. Dans les localisations métastatiques de pronostic précaire, il est possible de ponter la tumeur par une plaque et d'ajouter du ciment pour remplir le défect. La résection tête-col reste une ultime possibilité chirurgicale dans les formes hyperalgiques. La mise en oeuvre de ce type de chirurgie difficile nécessite des équipes médico-chirurgicales bien entraînées avec une large connaissance des différentes et nombreuses complications créées par les résections-reconstructions des tumeurs de l'os iliaque.
Tumeur de l'os iliaque - Résection tumorale - Allogreffe - Prothèse d'os iliaque - Reconstruction os iliaque
Pages : 91 à 104

 

Complications locales et générales des enclouages percutanés

Auteurs : C. Lefevre

Résumé : Le contrôle visuel permanent direct d'un montage est par définition aisé durant toute l'intervention, lorsqu'il s'agit d'une ostéosynthèse par plaque ou par vis, exécutée à foyer de fracture ouvert. En n'exposant pas directement le site fracturaire, les techniques d'enclouages percutanés font appel aux moyens indirects de contrôle peropératoire que sont la clinique et l'imagerie. Ce manque permanent d'accès direct au foyer de fracture nécessite toute une stratégie de l'acte opératoire caractérisée par un esprit d'anticipation. Avant même d'inciser, le patient doit être installé et la fracture réduite. Ces deux temps "préopératoires" capitaux conditionnent pour une grande part le résultat à terme d'une intervention aux étapes successives bien définies. Le respect rigoureux de chaque temps opératoire doit éviter la survenue de complications possibles, tantôt locales et essentiellement mécaniques, tantôt loco-régionales d'origine vasculaire ou nerveuse, tantôt enfin générales, cardio-pulmonaires, entrant dans le cadre d'une embolie graisseuse. L'analyse de ces différentes complications montre qu'elles sont en réalité liées à une faute technique initiale, d'où l'intérêt après la découverte des différents types de complications rencontrées.
Enclouage centro-médullaire - Complications - Erreurs techniques - Prévention
Pages : 105 à 119

 

Biomécanique et ostéosynthèse du rachis

Auteurs : F. Lavaste

Résumé : La colonne vertébrale étant assimilée à une structure poly-articulée constituée d'éléments semi-rigides et d'éléments souples, nous nous sommes intéressés aux caractéristiques mécaniques de ses composants, aux possibilités de mobilités offertes par cette structure et à sa restauration à l'aide de matériel d'ostéosynthèse. La caractérisation mécanique des différents matériaux constituant le rachis fait apparaître les difficultés inhérentes à ce type de recherche. Des difficultés expérimentales, mais aussi de grandes variations interindividuelles interdisant d'établir des valeurs intrinsèques pour les différentes caractéristiques mécaniques (E, se, sr...). Nous avons pu néanmoins, en exploitant la littérature internationale dans ce domaine, donner un certain nombre de valeurs représentatives pour les tissus osseux et les tissus mous de la colonne. L'analyse des mobilités du rachis nous a conduits dans un premier temps à préciser les éléments fondamentaux associés à toute étude de mouvements dans l'espace. La détermination des amplitudes de mobilité s'est heurtée aux mêmes difficultés que celles rencontrées dans l'obtention des caractéristiques mécaniques des constituants du rachis avec, de plus, des imprécisions dans les protocoles suivis. Ces difficultés et imprécisions s'accordent assez mal avec la rigueur de la cinématique tridimensionnelle. Nous avons pu cependant, en compilant les résultats exploitables trouvés dans la littérature internationale, établir les principales données de la mobilité rachidienne. Le rachis étant le siège de pathologies fréquentes, nous avons examiné les restaurations obtenues à l'aide de matériel d'ostéosynthèse. L'étude des ostéosynthèses rachidiennes a permis de montrer quels étaient les principaux paramètres de la rigidité des matériels d'ostéosynthèse. Cette étude a également mis en évidence le difficile compromis à trouver entre rigidité ou souplesse du matériel et consolidation osseuse. Nous avons, pour terminer, montré quels étaient actuellement les différents types d'évaluations des matériels d'ostéosynthèses, permettant de répondre en partie aux préoccupations des concepteurs et des cliniciens.
Caractéristiques mécaniques - Cinématique rachidienne - Amplitude de mobilité - Matériel d'ostéosynthèse - Rigidité
Pages : 121 à 145

 

La maladie de Blount

Auteurs : Y. Catonné

Résumé : Caractérisée par une anomalie du cartilage de croissance entraînant un varus métaphysaire et une angulation abrupte de l'épiphyse tibiale supérieure interne, la maladie de Blount comporte une forme infantile et une forme de l'adolescent. La forme infantile, qui paraît plus fréquente chez l'enfant obèse et dans la race noire, est bilatérale dans environ la moitié des cas. Il faut la différencier du genu varum physiologique dans lequel le varus prédomine dans le fémur et qui se corrige spontanément avant 3 ans. Un angle métaphyso-diaphysaire inférieur à 11 est très en faveur d'un genu varum physiologique. L'évolution spontanée se fait presque toujours vers l'aggravation. Le tournant évolutif est représenté par la fusion de la partie interne de la physe. L'IRM paraît très intéressante pour montrer la partie cartilagineuse de l'épiphyse et rechercher un éventuel pont osseux. Au stade initial, les attelles peuvent être proposées avant 3 ans. L'ostéotomie tibiale n'est pratiquée que si le diagnostic est certain. Différentes techniques ont été proposées permettant une valgisation et une dérotation tibiale. Il est important de pratiquer une hypercorrection en valgus. Une récidive de la déformation survient dans 30 à 55 % des cas selon les auteurs, surtout si l'ostéotomie est tardive. Après fusion de la partie interne de la physe, une désépiphysiodèse peut être proposée si le pont osseux est peu important, de préférence par les techniques de distraction asymétrique, utilisant un fixateur externe. Dans les formes évoluées, un relèvement du plateau tibial interne doit être proposé si la pente épiphysaire est supérieure à 30 , dans le même temps que la valgisation et parfois associé à une épiphysiodèse externe. La forme de l'adolescent est plus fréquente chez le garçon. Elle est le plus souvent unilatérale, touche avec une fréquence particulière l'adolescent obèse de race noire et comporte des similitudes anatomo-pathologiques avec l'épiphysiolyse de hanche. Le tableau clinique est marqué par une douleur et l'apparition d'un genu varum progressif, le plus souvent unilatéral. Une épiphysiodèse externe précoce peut stopper l'évolution. En cas de déformation plus évoluée, on peut proposer une ostéotomie de valgisation ou une distraction épiphysaire.
Maladie de Blount - Forme infantile - Forme de l'adolescent
Pages : 147 à 163

 

Rupture de la coiffe des rotateurs de l'épaule

Auteurs : D.F. Gazielly

Résumé : La rupture de la coiffe s'est affirmée, au cours des dix dernières années, comme une entité anatomique, d'étiologie plurifactorielle, dont chaque type de lésion est aujourd'hui reconnaissable grâce à un examen clinique précis et une imagerie de plus en plus performante. A chacun des différents types anatomiques des lésions de la coiffe tendineuse - ruptures partielles superficielles ou profondes, ruptures transfixiantes distales, intermédiaires ou rétractées du supra- ou/et de l'infraspinatus ou/et du subscapularis - correspondent toujours plusieurs options thérapeutiques. Le traitement fonctionnel garde ses indications à côté de la réparation chirurgicale à ciel ouvert et de la chirurgie arthroscopique, qui n'est plus aujourd'hui seulement palliative, mais aussi réparatrice. La stratégie thérapeutique sera fonction de plusieurs facteurs : capacités intellectuelles et physiques du patient à assumer une rééducation pré- et postopératoire dont on sait aujourd'hui qu'elle intervient pour la moitié dans le résultat fonctionnel final, caractère réparable des lésions, trophicité tendineuse, et degré de dégénérescence graisseuse des muscles de la coiffe. Les études réalisées sur la trophicité et le volume musculaire nous feront modifier très probablement nos indications thérapeutiques dans les années à venir.
Epaule - Coiffe - Indications thérapeutiques
Pages : 165 à 185

 

Traitement des entorses graves et des instabilités chroniques de la cheville

Auteurs : J.L. Besse

Résumé : Après des rappels anatomiques et physiologiques sur les ligaments de la cheville, chacun des deux grands chapitres est introduit par les éléments anatomo-pathologiques, cliniques et radiologiques, indispensables au diagnostic d'entorse grave ou d'instabilité chronique de la cheville. Pour les entorses graves, sont d'abord exposés les méthodes thérapeutiques et leurs résultats : immobilisation plâtrée, fonctionnelle avec ses différentes modalités, chirurgie. A partir de l'analyse des études comparatives randomisées, un consensus s'est récemment fait en faveur du traitement fonctionnel des lésions externes sous couvert d'une orthèse amovible protégeant la cicatrisation ligamentaire, réservant le traitement chirurgical aux lésions ligamentaires associées à des lésions ostéochondrales. Ce premier chapitre est terminé par l'étude de lésions plus rares : entorses du LLI, entorses de la syndesmose, entorses de l'enfant. Dans le cadre du traitement de l'instabilité chronique sont exposés successivement les petits moyens, la rééducation proprioceptive et les nombreuses techniques chirurgicales de remise en tension capsulo-ligamentaires, de plasties antéro-externes et de plasties sous-astragaliennes. Le traitement des instabilités chroniques est largement chirurgical mais le type de technique employée est fonction du chirurgien ; au vu des résultats publiés, aucune méthode n'a fait la preuve de sa supériorité. L'auteur insiste en conclusion sur les questions demeurant en suspens en particulier la participation de la sous-astragalienne dans les instabilités de la cheville, l'histoire naturelle des laxités de cheville et l'efficacité des techniques chirurgicales pour prévenir les lésions dégénératives arthrosiques à long terme.
Cheville - Entorse - Instabilité
Pages : 187 à 217

 

Sémiologie IRM de l'appareil moteur

Auteurs : G. Morvan

Résumé : L'Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) est actuellement l'imagerie du proton de l'hydrogène, donc essentiellement de l'eau et de la graisse. La sémiologie IRM est complexe et protéiforme : elle dépend de nombreux paramètres (T1, T2, densité protonique, flux...), et les artefacts potentiels sont nombreux. Le principe de la méthode est de fournir aux protons d'hydrogène une certaine énergie, par le biais d'une onde de radiofréquence. Les protons vont restituer cette énergie. On est capable de capter cette dernière (signal RM), d'en localiser précisément la source, et, à partir de ces éléments, d'établir une cartographie : l'image magnétique. Selon le type de séquence utilisée on peut mettre en évidence différentes caractéristiques magnétiques des tissus : le temps de relaxation longitudinale (T1), reflet de l'environnement tissulaire, le temps de relaxation transversale (T2), reflet de l'environnement moléculaire, etc. Il est donc possible d'obtenir des images très différentes. Tous ces points (bases physiques, séquences avec leurs particularités) sont expliqués. Une structure anatomique se caractérise notamment par sa morphologie et par son signal en T1 et en T2. L'eau est noire (en hyposignal) en T1, et devient blanche (en hypersignal) en T2. La graisse est blanche en T1 et reste blanche ou devient grise en T2. Le calcium, les gaz et les tissus fibreux sont toujours noirs quelles que soient les séquences. Une injection de produit de contraste (gadolinium) fait passer, en T1, les structures vascularisées d'un hypo- à un hypersignal. Sur ces bases, la sémiologie des composantes normales et pathologiques de l'appareil moteur est expliquée. Enfin, les 10 plus importants artefacts concernant l'appareil moteur (artefacts de glissement chimique, de susceptibilité magnétique, de mouvements, de flux, métalliques, de troncature, d'"angle magique", de repliement, de volume partiel et d'antenne) sont abordés et illustrés, ainsi que leur genèse. Un petit glossaire pratique termine ce travail.
IRM - Radiologie/Généralités - IRM rachis
Pages : 219 à 237

 

Complications neurologiques de la chirurgie de la scoliose

Auteurs : J.P. Lebard

Résumé : Jusqu'en 1962, les complications neurologiques de la chirurgie des scolioses étaient exceptionnelles. La correction de la courbure et son maintien après l'arthrodèse rachidienne étaient assurés par un plâtre puis par un corset. Tout a changé à partir de 1962 ; sous l'impulsion de P. Harrington, l'arthrodèse postérieure fut associée à une correction immédiate par distraction à l'aide d'une tige métallique. L'instrumentation postérieure a vite évolué : utilisation de plusieurs tiges, de crochets, de vis, de fils lamaires réalisant un montage segmentaire. La réduction de la déformation angulaire en devint considérable ; dans le même temps le nombre d'interventions pour scoliose s'accrut fortement. Une conséquence de cette évolution fut l'apparition de complications neurologiques dont la fréquence va, selon les auteurs, de 1,5 à 5 % des malades opérés. De 0,7 à 1 % de ces complications sont graves ; ce sont des paraplégies dont la récupération, partielle ou complète, est loin d'être constante. L'instrumentation antérieure du rachis, mise au point à partir de 1970, n'entraîne que très peu de complications neurologiques. La gravité et la fréquence des paraplégies sont inacceptables. Avant d'opérer, il faut identifier les malades exposés plus que d'autres à ces complications. Ils ont une scoliose d'origine neurologique, ou une scoliose développée sur des malformations du rachis, ou une cyphose importante, ou une scoliose compliquant une ostéochondrodystrophie. Les scolioses d'angulation importante et peu réductibles, surtout chez un adulte et non plus sur un enfant, sont également lourdes de risques de complications neurologiques opératoires. Les recherches se sont donc portées vers la prévention, le dépistage précoce, le traitement de ces complications neurologiques ; cela a conduit au réveil peropératoire, à la surveillance de la fonction médullaire par l'étude des potentiels évoqués sensitifs ou moteurs, pendant l'opération, à une surveillance attentive de l'opéré dans les suites de l'intervention. Grâce à l'expérience acquise pendant ces 35 dernières années, ces complications graves ont nettement diminué en nombre et en gravité. Ce progrès ne se maintiendra qu'au prix d'un travail d'équipe : le chirurgien, l'anesthésiste, l'électrologiste, l'ensemble de l'équipe soignante, chacun y a son rôle. Le chirurgien ne doit pas omettre d'avertir son futur opéré de tous les risques auxquels expose cette chirurgie.
Scoliose - Chirurgie - Complications neurologiques - Réveil peropératoire - Potentiels évoqués somesthésiques et moteurs
Pages : 239 à 249

 

La maladie de Dupuytren

Auteurs : J.Y. Alnot

Résumé : La maladie de Dupuytren, fibrose rétractile de l'aponévrose palmaire, est une entité anatomopathologique dont l'étiologie est toujours inconnue. Elle survient, en règle, chez l'homme de 40 à 50 ans et si des hypothèses physiopathologiques et étiopathogéniques permettent de mieux cerner le problème, elles permettent aussi d'inclure cette maladie dans un cadre plus large avec la notion de diathèse où le terrain joue un rôle important. Sur le plan clinique, il faut différencier les formes avec atteinte prédominante au niveau de la métacarpophalangienne, les formes avec atteinte prédominante au niveau de l'interphalangienne proximale et les formes mixtes car leur pronostic est complètement différent. Le traitement est chirurgical et plusieurs volets en fonction de la déformation et de l'état cutané permettent d'avoir des indications éclectiques.
Maladie de Dupuytren
Pages : 251 à 268

 

Chirurgie réparatrice des ménisques du genou

Auteurs : R. Verdonk

Résumé : Confronté à une rupture méniscale le chirurgien-orthopédiste aujourd'hui considérera la réparation du corps semilunaire tout autant que son excision. Le geste sera arthroscopique. S'il y a lieu, la résection sera adéquate et épargnera le mur méniscal. Si l'indication est propice à la chirurgie réparatrice, elle se basera sur l'endroit de la lésion (rouge-rouge ou rouge-blanc), de son étendue (plus de 3 mm) ainsi que des lésions associées du traumatisme initial. L'hématome in situ est recherché tout aussi bien que l'hémarthrose dans les cas de lésions associées multiples intra-articulaires. Le geste arthroscopique chirurgical se fera avec un ancillaire approprié qui permet la suture d'en dedans en dehors, d'en dehors en dedans, d'en dedans en dedans. La réhabilitation sera précoce, avec une reprise de la mobilité rapide quelquefois assistée ainsi que de la marche avec appui progressif. A l'avenir des techniques de soudure méniscale au rayon laser seront probablement accessibles, ainsi que le remplacement du ménisque par des structures en collagène à implanter. L'avenir des allogreffes méniscales, quoiqu'enthousiasmantes, reste hypothéqué par le danger potentiel des maladies transmissibles.
Ménisque - Sutures méniscales - Transplantations méniscales
Pages : 269 à 280

 

étude de la marche au laboratoire. Implications et perspectives cliniques

Auteurs : F. Dujardin

Résumé : De très nombreuses méthodes sont disponibles pour observer ou enregistrer de manière quantitative la marche humaine. Cette conférence a pour objet de présenter les méthodes les plus utilisées actuellement, pour en exposer les principes de fonctionnement, les avantages, les inconvénients et limites qui en découlent. Ces outils d'étude ont été classés selon la nature des informations fournies : mesure des paramètres spatio-temporels : longueur des pas, durées d'appui ou d'oscillation, cadence et vitesse de la marche, en particulier avec le locomètre de Bessou ; analyse du mouvement (cinématique) par les systèmes opto-électroniques, les goniomètres et les accéléromètres ; calcul des forces mises en jeu par les plates-formes de force et les modèles dynamiques inverses ; analyse musculaire par l'électromyographie et enfin, représentation de l'empreinte plantaire par les podoscopes informatisés. Certains aspects d'ordre technologique, concernant les principes de modélisation ou de traitement du signal, sont présentés de telle façon à expliquer les difficultés de mise en oeuvre et les limites de ces systèmes. Ce chapitre consacré aux outils de mesure comporte deux paragraphes pour les difficultés liées à l'utilisation de marqueurs ou de récepteurs cutanés et à la nécessité de prendre en compte les variations individuelles. Le deuxième chapitre présente six exemples d'études cliniques du domaine de la chirurgie orthopédique. Ces exemples ont pour objet d'illustrer les possibilités apportées par ces systèmes dans l'évaluation thérapeutique ou la physiopathologie d'affections locomotrices avec quelques perspectives pratiques. Ces applications présentent également quelques aspects de la diversité des difficultés rencontrées, dépendantes des moyens utilisés et de l'objectif de l'étude dont la définition est un préalable indispensable à la recherche clinique.
Biomécanique - Marche
Pages : 281 à 298

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