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Conférences et enseignements

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Conférences d'enseignement 1999

 

Ostéosynthèse et ostéogenèse

Auteurs : P.E. Ochsner

Résumé : Une ostéosynthèse a pour but de permettre une mobilisation précoce et indolore, tout en assurant une stabilité primaire, conduisant à la consolidation osseuse. Cette stabilité peut être absolue, aboutissant à une consolidation directe, ou relative, menant à une consolidation indirecte par l'intermédiaire d'un cal. L'ostéogenèse est stimulée par la présence d'ostéoblastes et de débris osseux. S'il y a contact parmi les fragments osseux, cette ostéogenèse est facilement sollicitée. Par contre, dans les pertes de substance osseuse, des mesures particulières, telles que des greffes osseuses - vascularisées ou non - ou une mesure telle que la distraction de cal, sont nécessaires pour assurer la consolidation. L'étude et la classification de la fracture doivent nous permettre de mieux évaluer les problèmes spécifiques et pronostiques, afin de mieux choisir le mode de traitement. Le type de consolidation va dépendre de la stabilité et de la vascularité des fragments : c'est ainsi qu'une instabilité mécanique empêche la formation d'une ossification directe et provoque la formation d'un cal qui va se minéraliser et permettre une ossification indirecte. La vascularisation de l'os, les dégâts provoqués par le traumatisme, la nature de l'ostéosynthèse ainsi que la revascularisation qui va suivre, jouent un rôle essentiel. Pour les fractures articulaires proximales et distales, il faut exiger une réduction anatomique absolument stable des surfaces articulaires, de façon à obtenir une excellente fonction à long terme. Par contre, pour les fractures diaphysaires, on peut se limiter à conserver ou à rétablir la longueur, l'alignement et la rotation. Nous étudierons les problèmes de consolidation des différents types de fractures, en fonction des ostéosynthèses réalisées.
Consolidation des fractures - Vascularisation de l'os - Ostéosynthèse
Pages : 1 à 18

 

Traitement chirurgical des lésions ostéo-cartilagineuses articulaires

Auteurs : G. Bentley

Résumé : La fréquence des lésions des cartilages articulaires du genou est croissante. Elle est due particulièrement aux accidents et aux traumatismes sportifs chez les jeunes. Il n'y a pas de méthode thérapeutique valable pour réduire les douleurs et éviter le passage à l'arthrose. La fréquence est probablement plus grande qu'on le pense car beaucoup de patients ayant une arthrose précoce ont eu un traumatisme plus ou moins oublié du genou quelques années auparavant. Des travaux récents permettent d'entrevoir des solutions. L'utilisation des facteurs de croissance peut être intéressante en cas de diagnostic précoce. Les méthodes actuellement utilisées sont basées sur la réparation du cartilage à partir de l'os sous-chondral en utilisant un support matriciel tel que les fibres de carbone ou en pratiquant un remplacement biologique du cartilage. L'utilisation d'une matrice en fibres de carbone donne des résultats satisfaisants dans 90 % des traumatismes des condyles fémoraux mais donne de moins bons résultats au niveau de la rotule. Le remplacement des cartilages par des allogreffes ostéochondrales est utilisé pour les grandes pertes de substance, en général traumatiques ou des nécroses avasculaires mais ce type de lésions est relativement rare. Les méthodes les plus utilisées pour réparer le cartilage des condyles ou de la rotule sont, soit l'apport de chondrocytes autologues, soit la mosaïcplastie. Les deux méthodes donnent de bons résultats. Les chondrocytes autologues permettent d'obtenir 80 % de résultats satisfaisants au niveau des condyles fémoraux et 65 % au niveau de la rotule avec des reculs de deux à huit ans chez 102 patients selon Peterson. La qualité du résultat a été constatée pendant toute la durée de la surveillance clinique sans détérioration secondaire. La mosaïcplastie dans les mains de Hangody a donné 90 % de bons résultats au niveau des condyles et 60 % au niveau de la rotule chez 113 patients suivis plus de 3 ans. De nombreux problèmes se posent concernant ces nouvelles techniques. La longévité du cartilage réparé est encore inconnue. D'autre part, il faut apprécier les conséquences dues au prélèvement du cartilage. Des études cliniques randomisées sont nécessaires pour comparer la valeur de ces méthodes. Un facteur important est, dans l'avenir, l'utilisation de bio-réacteurs augmentant la prolifération cellulaire en culture. Il faut aussi citer l'utilisation du prélèvement des cellules " souches " à la place des cellules cartilagineuses. Ces techniques du futur permettront une chirurgie peu " invasive " de réparation du cartilage non seulement au niveau du genou mais aussi des autres articulations. Dans l'avenir les méthodes affinées d'imagerie (IRM et scanner) permettront des diagnostics précoces et pourront sans doute éviter chez les jeunes la survenue d'une arthrose évolutive.
Genou - Lésions ostéo-cartilagineuses
Pages : 19 à 28

 

Chirurgie conservatrice de la nécrose de hanche

Auteurs : Ph. Hernigou

Résumé : Il y a de nombreuses méthodes de traitement de l'ostéonécrose de la tête fémorale. Cela est en partie dû au fait qu'il n'y a aucun modèle animal expérimental permettant d'avancer dans l'étude de cette maladie et aussi au fait que les étiologies de l'ostéonécrose sont très nombreuses. Les résultats des différentes méthodes de traitement sont souvent fondés sur un petit nombre de patients opérés à des stades différents de la maladie avec des étiologies disparates et des techniques opératoires variables. Le but de cette étude est de fournir une étude des différentes méthodes de traitement de l'ostéonécrose fondées sur une analyse de la littérature et sur l'expérience personnelle de l'auteur.
Hanche - Ostéonécrose - Nécrose - Traitement - Chirurgie
Pages : 29 à 44

 

Ostéotomies de réorientation acétabulaires chez l'adulte

Auteurs : K. Klaue D. Reynolds

Résumé : L'ostéotomie de réorientation du cotyle chez l'adulte a pour principe de corriger une déficience morphologique articulaire par une substitution articulaire " de réserve ". Son but est de stabiliser la tête fémorale et d'éviter ou de stopper une dégénérescence articulaire due à la déficience morphologique. La technique décrite est une technique comportant des risques opératoires non négligeables à l'état actuel, mais possède un potentiel de développement futur utilisant des techniques de visualisation et de manipulation endoscopique.
Hanche - Cotyle - Ostéotomie - Dysplasie de la hanche - Réorientation
Pages : 45 à 66

 

Devenir à long terme de la dysplasie de hanche après traitement orthopédique ou chirurgical

Auteurs : C. Picault

Résumé : La notion de hanche instable à la naissance et la connaissance des conséquences possibles de la persistance de cette instabilité sur le développement et l'avenir lointain de l'articulation datent de plus de cent ans. La cause principale de cette instabilité est une "posture luxante", qui survient en cours de gestation et qui provoque la "dysplasie secondaire de hanche". Un traitement précoce peut amener une restitution d'une hanche normale. Avec ou sans traitement, des séquelles éventuelles constituent la "dysplasie résiduelle de hanche". Les déformations congénitales de la hanche sont surtout décrites dans la partie supérieure du limbus. Si le fluage vers le haut de l'acétabulum est bien décrit en même temps que les déformations du limbus, les données récentes de l'imagerie moderne permettent d'objectiver également l'absence d'expansion de l'arrière-fond du cotyle qui constitue un obstacle au centrage parfait de la tête fémorale. Un diagnostic précoce est nécessaire pour la mise en route d'une contention aussi efficace que possible requise par toute hanche instable. Les conditions de l'action postnatale doivent être très strictes : un examinateur entraîné sera aidé par une imagerie moderne performante, non irradiante, c'est-à-dire l'échographie et la résonance magnétique nucléaire. Pour des hanches jugées simplement instables, il donnera les conseils de surveillance et du maintien simple des hanches dans une position correcte. En cas de facteurs de risques, de signes cliniques d'instabilité importante avec des déformations confirmées par l'imagerie les précautions seront renforcées, d'autant plus s'il y a des facteurs de risques, pour obtenir une efficacité complète, sans risque de nécrose avasculaire. Certains cas d'arrêt de développement du cotyle, sans explication évidente, de même que des dysplasies fémorales associées à des cotyles corrects, laissent supposer d'autres facteurs de risques : des atteintes spécifiques à partir du tissu mésenchymateux associées aux modifications hormonales expliqueraient également des détériorations rapides et inattendues, aussi bien en cours de croissance qu'à l'âge adulte. Après l'âge de la marche, un traitement orthopédique isolé peut donner d'excellents résultats, à la condition d'une immobilisation prolongée. La chirurgie est souvent nécessaire et s'adressera aux déformations du fémur comme à celles du bassin. Les résultats des ostéotomies fémorales de dérotation et/ou varisation (systématiques précoces ou optionnelles plus tardives) ont été décevants : aucune augmentation de potentiel de croissance du toit du cotyle ne fut jamais constatée. Les différentes ostéotomies pelviennes (isolées ou associées à une ostéotomie fémorale) donnent des résultats excellents, grâce à une médialisation et à un abaissement réel de la tête fémorale, à la condition qu'elles soient faites avant l'âge de 4 ans. Des hanches dysplasiques à cotyles courts sont efficacement protégées par les butées arthroplastiques extracapsulaires qui sont possibles à partir de l'âge de 8 ans. Chez l'adulte jeune, devant une détérioration arthrosique débutante, il reste peu d'indication de l'ostéotomie fémorale de valgisation. Les ostéotomies intertrochantériennes et les butées arthroplastiques extracapsulaires, isolées ou associées, conservent toute leur valeur au vu de la qualité et de la longévité de leurs bons résultats. Les ostéotomies pelviennes de Chiari ou de Ganz ont un intérêt certain, mais demande une bonne étude tridimensionnelle préopératoire. Les critères d'évaluation de la hanche normale et dysplasique de l'adulte bénéficient de toutes les investigations de l'imagerie moderne. Le rôle des parties molles articulaires et périarticulaires est mis en évidence et leur prise en compte pour les programmations opératoires est de plus en plus efficace. La dysplasie de hanche reste encore mystérieuse pour une part de son étiologie. Ses conséquences sont de mieux en mieux maîtrisées. L'effort doit être poursuivi pour éliminer totalement les déformations résiduelles qui grèvent encore lourdement l'avenir des hanches imparfaites.
Dysplasie de hanche - Traitement orthopédique - Traitement chirurgical - Résultats à long terme
Pages : 57 à 86

 

Pathologie traumatique du talus (astragale)

Auteurs : G. Curvale

Résumé : La traumatologie du talus est dominée par les fractures. Elles sont grevées d'un nombre important de complications évolutives, au premier rang desquelles l'arthrose et la nécrose. étude générale : après un rappel historique, les auteurs exposent les caractéristiques anatomiques qui prédisposent le talus aux complications post-traumatiques (60 % des surfaces sont cartilagineuses, il n'y a pas d'insertion musculaire sur le talus et sa vascularisation est fréquemment compromise par l'importance du déplacement initial et d'éventuels abords chirurgicaux) ainsi que les aspects anatomo-pathologiques, puis les différents aspects cliniques et radiographiques. L'étude des fractures ostéochondrales fait apparaître l'intérêt du scanner dans leur diagnostic. Les fractures totales : leur étude permet d'insister sur leur gravité. Les fractures du col du talus représentent 50 % des traumatismes. Le pronostic est très dépendant de la gravité du traumatisme et de son déplacement. Les buts du traitement sont de restaurer les caractères anatomiques du talus et la congruence des articulations avoisinantes en minimisant ainsi au mieux les risques d'arthrose tardive et de nécrose avasculaire. L'abord chirurgical doit éviter d'aggraver les lésions vasculaires. La consolidation des lésions passe par une réduction parfaite et stable, éventuellement par ostéosynthèse interne, mais toujours avec une protection plâtrée externe et une longue période de décharge. En conclusion, les auteurs opposent les lésions bénignes telles que les fractures parcellaires aux lésions graves que sont les fractures totales séparations ou comminutives.
Fracture du talus
Pages : 87 à 102

 

Prothèses totales de cheville

Auteurs : G. Asencio

Résumé : La cheville assure la flexion-extension mais possède aussi de par sa configuration une rotation axiale couplée avec la sous-talienne, elle agit comme un couple de transmission axiale dans les mouvements combinés d'inversion et d'éversion. Les prothèses de cheville doivent assurer non seulement une mobilité en flexion-extension mais aussi permettre une mobilité rotatoire particulièrement, lorsqu'il existe une raideur sous-astragalienne. Les échecs de prothèses de première et deuxième génération résultaient de descellements précoces dus à une hypercontrainte à l'ancrage osseux ou d'instabilité. L'adoption, dans les prothèses actuelles dites de troisième génération, d'un patin intermédiaire mobile autorise des mouvements d'inversion et d'éversion associés à la flexion-extension et transforme les contraintes de cisaillement à l'interface osseuse en forces de compression. Les résultats à court ou moyen terme sont encourageants, bien supérieurs à ceux des générations précédentes. La persistance néanmoins de certains conflits malléolaires et d'instabilité du patin intermédiaire justifie une prudence dans les indications particulièrement chez le sujet jeune et une analyse à plus long terme.
Cheville - Prothèse - Polyarthrite rhumatoïde - Arthrose
Pages : 103 à 120

 

Choix thérapeutiques dans les fractures du col fémoral de l'adulte

Auteurs : P. Simon

Résumé : La fracture du col fémoral met en jeu le pronostic vital chez le sujet âgé : la mortalité est avant tout fonction de l'état mental, de la mobilité, de l'âge et des tares médicales du patient, et non des choix thérapeutiques. L'analyse précise du type de fracture, de l'état général et des fonctions psychomotrices du patient, doit permettre une indication raisonnée pour minimiser les complications. Après 80 ans l'ostéoporose justifie dans tous les cas une arthroplastie. Entre 65 et 80 ans, l'ostéosynthèse après réduction sera choisie pour les fractures cervicales stables, les fractures peu déplacées ou réductibles de façon satisfaisante, pour les fractures basicervicales ainsi que pour les patients à l'autonomie réduite ; pour les fractures à grand déplacement l'arthroplastie est préférable. Avant 65 ans l'ostéosynthèse, par vis canulées parallèles, ou par vis-plaque à compression surtout dans les fractures basicervicales, est la règle sauf dans les cas de pathologie associée lourde où une arthroplastie est préférable. Chaque fois qu'une arthroplastie est décidée, le type de prothèse est choisi en fonction de l'espérance de vie supposée pour diminuer le risque d'usure cotyloïdienne secondaire.
Fractures du col fémoral - Ostéosynthèse - Arthroplastie - Complications - Pronostic
Pages : 121 à 138

 

Arthrodèse lombaire par cage intersomatique

Auteurs : F. de Peretti

Résumé : L'arthrodèse lombaire par cage intersomatique permet une stabilisation immédiate grâce à l'introduction d'une cale intervertébrale remplie d'os spongieux. Les travaux expérimentaux montrent l'existence d'une augmentation de la stabilité vertébrale. L'extension est le mouvement le plus mal stabilisé. L'adjonction d'une ostéosynthèse augmente la stabilité dans toutes les directions. La fusion a été prouvée chez l'animal. Les cages peuvent être introduites par voie antérieure ou par voie latérale en utilisant un procédé de laparoscopie ou de mini-chirurgie. Par voie postérieure, l'intervention ressemble à celle de Cloward. Dans tous les cas, l'utilisation d'un ancillaire facilite l'acte chirurgical et diminue la morbidité. L'adjonction systématique d'une ostéosynthèse n'est pas établie aux états-Unis. Les risques sont vasculaires et neurologiques. Les résultats cliniques sont comparables à ceux des autres types d'arthrodèse. Néanmoins, par voie antérieure, le coût de l'intervention semble diminué. Ce qui caractérise essentiellement l'arthrodèse par cage est une meilleure restitution à long terme de la hauteur et de la lordose discale que les autres techniques chirurgicales.
Rachis - Arthrodèse - Cage
Pages : 139 à 160

 

Chirurgie vidéo-assistée mini-invasive du rachis par voie antérieure

Auteurs : Th. Marnay

Résumé : La fréquence d'utilisation des techniques mini-invasives dans la chirurgie du rachis a augmenté de manière significative avec la chirurgie dite "vidéo-assistée". Les principes de libération, réduction, reconstruction et ostéosynthèse doivent rester les mêmes. Le but de la chirurgie est inchangé mais la morbidité et les effets secondaires sont réduits avec des résultats équivalents à ceux de la chirurgie à ciel ouvert. Les techniques de vidéoscopie peuvent être utilisées en chirurgie lombaire avec le gaz mais c'est surtout la chirurgie mini-invasive vidéo-assistée qui permet de réaliser des interventions de L1 à S1 qui semble de plus en plus courante. Décrite initialement pour les maladies dégénératives du rachis, cette technique peut être étendue aux fractures, à la libération antérieure dans le cas de scolioses lombaires et dans le traitement des métastases. L'abord du rachis par thoracoscopie peut être réalisé de T4-T5 à T12-L1. En utilisant la cavité naturelle du thorax, on effondre le poumon par un tube endo-trachéal à double lumière. Cette technique qui implique une bonne sélection des points d'entrée est indiquée pour les hernies discales thoraciques, la reconstruction de la colonne antérieure dans les fractures et les métastases. Cela facilite la libération antérieure et la rend plus sûre dans les scolioses thoraciques et les courbures des cyphoses. L'accès à la jonction thoraco-lombaire par l'approche mini-invasive permet à la fois d'exploiter les possibilités d'une technique mini-invasive thoracique et de profiter d'une courte incision projetée directement en T12-L1. La décompression et la reconstruction du rachis bénéficient de tous les avantages déjà décrits sans les désagréments bien connus de la thoraco-phréno-lombotomie des gestes à ciel ouvert. Le "mini-abord" permet la greffe et l'ostéosynthèse conventionnelle avec des suites de thoracoscopie. Cinq ans après, la chirurgie mini-invasive a changé la vision de la chirurgie vertébrale et a permis à nouveau de considérer l'approche antérieure comme un réel standard biomécanique. Son influence, avec le développement de la vidéo et des systèmes de navigation, ne fera qu'augmenter dans le futur.
Vidéoscopie - Thorascopie - Lomboscopie - Technique mini-invasive du rachis - Voie antérieure
Pages : 161 à 184

 

Syndromes aigus des loges de la jambe

Auteurs : J. Letenneur G. Venet G. Piétu D. Huguet Ch. Guilleux

Résumé : Entité clinique redoutable par ses conséquences, atteignant aussi bien l'enfant que l'adulte, le syndrome aigu des loges de jambe représente une véritable urgence chirurgicale. Si le mécanisme physiopathologique est univoque, marqué par l'hyperpression dans la loge musculaire, les aspects cliniques sont loin d'être toujours évocateurs, expliquant parfois les retards diagnostiques. Les circonstances étiologiques sont également variées, mais l'étiologie traumatique est de très loin la plus fréquente : un syndrome de loges peut survenir, quel que soit le type de fracture et quel que soit le mode d'ostéosynthèse utilisée. En revanche, il faut souligner l'effet pervers des traumatismes à haute énergie. La décompression de la ou des loge(s) est une urgence décidée sur les signes cliniques (douleur+++ et tension musculaire) et si la différence de pression entre la loge et la pression diastolique devient inférieure à 30 mmHg. L'aponévrotomie doit être large, ouvrant les loges atteintes, au mieux dans les six premières heures. Tout retard, dans le diagnostic et le traitement, se solde par des séquelles fonctionnelles toujours handicapantes et parfois graves (amputation pour surinfection, voire décès). Le traitement de ces séquelles est difficile. Les conséquences médico-légales ne sont pas rares.
Syndromes aigus des loges de jambe - Aponévrotomie - Séquelles
Pages : 185 à 198

 

Reprise chirurgicale des échecs des reconstructions du ligament croisé antérieur

Auteurs : B. Moyen

Résumé : Les échecs de la chirurgie de reconstruction du ligament croisé antérieur sont de plus en plus fréquents. Ils posent des problèmes complexes d'une deuxième génération. Les échecs doivent être soigneusement analysés cliniquement et radiologiquement afin de déterminer leur nature et leurs causes. Plusieurs complications peuvent être associées. Les complications sont classées en différentes catégories : laxité pathologique résiduelle, perte de mobilité, dysfonctionnement du système extenseur et dégénérescence arthrosique. Leur mécanisme de survenue est analysé. Les points techniques généraux suivants sont discutés : maîtrise de l'incision cutanée, ablation du matériel, du ligament artificiel, préparation de l'échancrure intercondylienne. La maîtrise de la laxité pathologique résiduelle passe par deux obligations. Il faut d'abord savoir reconnaître et corriger les laxités périphériques. L'autre difficulté réside dans la reconstruction du ligament croisé antérieur avec des ligaments solides et bien positionnés. Les conditions du choix sont liées à de nombreux facteurs. La création de tunnels bien positionnés est complexe et analysée en détail en fonction de la position préalable des tunnels. Les détails techniques sont exposés. La place de l'ostéotomie directionnelle est abordée ainsi que le choix de la technique (ouverture ou fermeture). Cette chirurgie suppose que l'ensemble des techniques de reconstruction ligamentaire du genou soit bien connu et maîtrisé. Il faut aussi y adjoindre la connaissance de la chirurgie moderne des ménisques, du cartilage et des ostéotomies.
Ligament croisé antérieur - Chirurgie de reconstruction du LCA
Pages : 199 à 222

 

Le pied convexe congénital

Auteurs : R. Seringe

Résumé : C'est une déformation congénitale rare, de cause obscure caractérisée par une luxation ou une subluxation irréductible de l'articulation médio-tarsienne touchant principalement l'articulation talo-naviculaire. L'irréductibilité est liée à la rétraction de la capsule dorsale médio-tarsienne et des tendons extenseurs, tibial antérieur et 3e fibulaire. L'équinisme de l'arrière-pied est relativement peu important à la naissance, mais il s'aggrave avec la croissance dans les formes négligées. Dans la moitié des cas, le pied convexe congénital s'intègre dans un contexte polymalformatif ou neurologique. Le diagnostic, à la naissance, repose sur des critères cliniques parfois trompeurs et sur des radiographies de profil en dorsiflexion et en flexion plantaire. L'augmentation parfois très importante de la divergence talo-calcanéenne de face n'est qu'une apparence liée à une mauvaise interprétation des radiographies du fait de la verticalité du talus (ce qui conduit à surestimer les anomalies de l'articulation sous-talienne). Une parfaite connaissance de l'anatomie pathologique permet une prise en charge correcte. Le traitement conservateur par manipulations, plâtres ou immobilisation sur plaquette cambrée permet d'obtenir de bons résultats cliniques et radiologiques dans plus de la moitié des cas pris en charge dès la naissance. Le traitement chirurgical est proposé après échec du traitement conservateur ainsi que dans les formes négligées : les libérations chirurgicales péri-taliennes sont illogiques et source de complications (échec de réduction, nécrose du talus) et il faut préférer les libérations médio-tarsiennes associées à un allongement des extenseurs et du tendon d'Achille. D'autres opérations sont parfois utiles. Les résultats du traitement chirurgical sont satisfaisants mais des complications ne sont pas rares.
Pied convexe congénital - Luxation talo-naviculaire - Luxation médio-tarsienne
Pages : 223 à 234

 

Ostéogenèse imparfaite de l'enfant

Auteurs : F. Fassier F.H. Glorieux

Résumé : L'ostéogenèse imparfaite (OI) est un groupe d'affections héréditaires, le plus souvent reliées à une anomalie de la synthèse du collagène. Les manifestations cliniques sont très variées, le collagène étant présent dans de nombreux tissus. La fragilité osseuse avec fractures multiples et déformations osseuses est cependant l'expression la plus fréquente de la maladie. Il n'y a pas de test diagnostique de l'OI, et le diagnostic différentiel est important, particulièrement chez le jeune enfant où la cause des fractures peut relever du domaine "médico-légal" (enfant maltraité ou battu). L'OI est classiquement divisée en quatre types basés sur l'hérédité et l'aspect clinique, cependant le type IV est très hétérogène et des études récentes ont permis de confirmer l'existence d'un autre type (type V). L'étude des biopsies osseuses et la biologie moléculaire devraient permettre de préciser certains sous-types (dans le type IV). L'utilisation des bisphosphonates a révolutionné le traitement de l'OI. Même s'il ne s'agit pas d'une cure (il faudra attendre la thérapie génique), la qualité de vie des enfants est très améliorée. Comme corollaire, les types III, qui auparavant étaient en fauteuil roulant, veulent maintenant marcher et il faut les aider. L'enclouage des os longs reste la méthode de choix pour la correction des déformations et la prévention des fractures ; le clou télescopique reste le standard pour le fémur, controversé dans d'autres os longs. Le traitement des déformations rachidiennes reste un défi thérapeutique, mais la miniaturisation et la fixation segmentaire, associées à une meilleure solidité osseuse permettent de traiter des enfants qui, il y a peu, étaient au-delà des ressources thérapeutiques. Finalement, le pronostic de l'OI, tout en étant relié au type de la maladie, est aussi dépendant de complications, en particulier neurologiques.
Ostéogenèse imparfaite - Collagène - Bisphosphonate - Enclouage télescopique
Pages : 235 à 252

 

Les traumatismes de la main chez l'enfant

Auteurs : G. Dautel

Résumé : Les traumatismes affectant la main sont fréquents chez l'enfant et l'adolescent, pouvant représenter jusqu'à 10 % des motifs d'admission dans un SAS d'urgence pédiatrique. Ces traumatismes sont dus à la pratique sportive ou de loisir, ou à des accidents domestiques. Même s'il n'y a pas d'arsenal thérapeutique strictement spécifique à la pratique pédiatrique, le jeune âge du patient, son potentiel de croissance, et l'incertitude quant à son devenir professionnel doivent être gardés à l'esprit au moment de définir le programme chirurgical. Les amputations digitales distales sont fréquentes chez l'enfant et doivent d'abord faire évoquer une replantation microchirurgicale, les autres solutions faisant appel à des lambeaux locaux n'intervenant qu'en cas d'échec ou d'impossibilité à la replantation. Chez ces jeunes patients, il est même possible, pour ces amputations distales, d'envisager une reconstruction sur mesure par un lambeau composite prélevé sur un pied. En matière de couverture des grandes pertes de substance de la main, l'arsenal thérapeutique est strictement similaire à celui utilisé chez l'adulte, mais l'on privilégiera chez l'enfant les lambeaux pédiculés ne sacrifiant aucun axe artériel dominant du membre. Les plaies des tendons fléchisseurs chez l'enfant posent surtout le problème du choix du protocole postopératoire, lequel devra être défini en accord avec l'âge de l'enfant et ses capacités de coopération. Les fractures des méta-carpiens et des phalanges sont un motif fréquent de consultation en urgence ; il peut s'agir avant la maturité osseuse de fracture-décollement épiphysaire. Compte tenu des capacités de remodelage sous l'effet de la croissance, il y a beaucoup moins d'indications à une synthèse directe de ces fractures chez l'enfant. La destruction d'une articulation interphalangienne proximale ou métacarpo-phalangienne digitale chez un individu en croissance représente toujours un "challenge" technique qui peut trouver une solution sous forme d'un transfert articulaire vascularisé prélevé sur un orteil.
Main - Enfant - Traumatismes de la main
Pages : 253 à 272

 

Kyste osseux anévrismal chez l'enfant et l'adolescent

Auteurs : J. Cottalorda

Résumé : Le kyste osseux anévrismal (KOA), qui représente 1 % à 4 % des tumeurs bénignes, est une dystrophie osseuse, habituellement solitaire, qui réalise une distension cavitaire uni- ou pluriloculaire à contenu hématique. Il peut se voir à tout âge, mais la grande majorité survient entre 10 et 20 ans. Il peut se développer sur tous les os du squelette, avec cependant une prédilection pour les os longs et le rachis. Entité lésionnelle isolée dans deux tiers des cas, il peut parfois accompagner une autre lésion osseuse qu'il faudra toujours rechercher. Les motifs de consultation les plus fréquents sont la douleur, une tuméfaction dure et palpable, une boiterie, une raideur articulaire ou une fracture pathologique. Au niveau du rachis, en plus de la douleur, un torticolis, une scoliose raide et douloureuse, une volumineuse masse paravertébrale, une fracture pathologique, une compression médullaire ou radiculaire peuvent être les premiers signes d'appel. Radiologiquement, il s'agit le plus souvent d'une lésion lytique métaphysaire, ovalaire ou arrondie, volontiers de grande taille qui souffle les corticales. Contrairement à une idée longtemps admise, la tumeur peut franchir le cartilage de croissance et être épiphysaire. Le scanner et l'IRM sont très utiles pour analyser les limites intramédullaires et extracorticales du kyste. Des niveaux liquides peuvent être observés mais ils ne sont pas spécifiques du KOA. La scintigraphie révèle le plus souvent une hyperfixation de la lésion et surtout de sa périphérie avec parfois une zone centrale hypofixante. La biopsie est indispensable pour affirmer le diagnostic, révélant deux formes, habituelle et solide. Les méthodes thérapeutiques comportent l'embolisation artérielle sélective (qui est très utilisée au niveau du rachis et du bassin comme traitement isolé ou avant chirurgie pour diminuer le saignement peropératoire), l'injection dans le kyste d'éthibloc® ou de particules osseuses partiellement déminéralisées, le curetage ou saucérisation ± greffe ± cryothérapie et la résection sous-périostée. Les indications dépendent de l'âge de l'enfant, de la localisation du kyste, de son rapport avec le cartilage de croissance, de sa taille, de son agressivité radiologique et des habitudes de l'opérateur. L'évolution du KOA est très variable. Des régressions spontanées ou après biopsie ont été décrites, surtout dans les formes solides localisées au bassin. Il existe au contraire des KOA qui sont très agressifs et qui continuent à se développer jusqu'à atteindre des dimensions très importantes. Le caractère bénin de cette lésion ne doit pas faire oublier son agressivité locale qui peut générer des complications neurologiques, des atteintes du cartilage de croissance et des problèmes thérapeutiques liés à la taille souvent importante de ces KOA.
Kyste osseux anévrismal - Tumeur osseuse - Enfants - Adolescents
Pages : 273 à 290

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