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Conférences et enseignements

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Traumatologie du coude de l'enfant

  Cahier d'Enseignement de la SOFCOT

 

épidémiologie des fractures du coude

Auteurs : F. CLAVIER

Résumé : Les fractures représentent de 10 % à 25 % des traumatismes chez l'enfant et les fractures du coude 16 % du total des fractures. Le risque de fracture, toutes localisations confondues, augmente chez les enfants jusqu'à l'âge de 11 ou 12 ans. Les fractures du coude surviennent pour des patients plus jeunes avec un pic entre 5 et 10 ans. Les fractures supracondyliennes sont les plus communes. Les chutes sont le mécanisme le plus fréquent dans 23 % des cas ; pour seulement 10 % des cas, lors de la pratique de sport.
Traumatisme infantile - Fracture du coude de l'enfant
Pages : 1 à 3

 

Anatomie et croissance du coude

Auteurs : J.P. DAMSIN

Résumé : Le coude se compose de trois articulations anatomiquement différentes mais avec une cavité articulaire unique. Ce complexe comprend l'articulation huméro-ulnaire, de type trochléen, siège de la flexion-extension et l'articulation radio-ulnaire supérieure de type trochoïde, siège de la pronosupination. La stabilité du coude est essentiellement apportée par l'appareil capsulo-ligamentaire. La capsule articulaire est renforcée en dedans et en dehors par les ligaments collatéraux ulnaire et radial. La pronosupination est un mouvement complexe de l'avant-bras qui met en jeu plusieurs structures anatomiques. Quatre conditions sont requises pour obtenir une amplitude complète du mouvement de pronosupination. Les complications vasculo-nerveuses s'expliquent par les rapports étroits qui existent entre les éléments vasculo-nerveux, le squelette et l'appareil musculo-aponévrotique. Trois arcades médiale, latérale et postérieure participent à la vascularisation du coude. L'ossification de l'extrémité inférieure de l'humérus se fait après la naissance avec l'apparition de quatre centres d'ossification secondaire. La croissance du coude est faible. Entre la naissance et la fin de croissance, l'extrémité inférieure de l'humérus gagne 5,5 cm chez le garçon et 5 cm chez la fille. L'extrémité supérieure du radius grandit de 5 cm et celle de l'ulna de 3,2 cm chez le garçon pour une croissance chez la fille de 4,5 cm et 2,9 cm. Ces chiffres permettent de comprendre les impossibilités de correction des cals vicieux et le peu de risque d'entraîner une déviation ostéogénique.
Articulation du coude - Anatomie - Prono-supination - Croissance du coude - Vascularisation
Pages : 4 à 11

 

Imagerie du coude traumatisé

Auteurs : H. DUCOU LE POINTE

Résumé : L'interprétation de l'imagerie des traumatismes du coude nécessite une connaissance de radio-anatomie chez l'enfant. Celle-ci se modifie avec l'âge, en rapport avec la maturation séquentielle des points d'ossification. L'analyse de la radiographie doit rechercher un œdème des tissus mous, une hémarthrose et, d'autre part, vérifier la normalité de la ligne capitulaire et de la ligne humérale antérieure. Les particularités radiologiques des différentes fractures du coude sont analysées et illustrées.
Traumatisme du coude - Imagerie - Radiologie
Pages : 12 à 20

 

échographie du coude traumatique

Auteurs : A. DAOUD N. BOSSON M. CHAMI A. GEOFFRAY

Résumé : Par son caractère non invasif, l'échographie du coude a séduit de nombreux auteurs qui l'ont appliquée en traumatologie de l'enfant. Ils admettent que la pratique quotidienne de l'échographie dans le cadre de l'urgence n'est pas facile. Lorsque la radiologie solutionne le diagnostic lésionnel, l'échographie n'a aucune utilité. Il y a six situations où la radiographie peut être en défaut et où la réalisation de l'échographie se trouve justifiée : devant un coude douloureux post-traumatique où la radiographie ne met pas en évidence de signe particulier ; lorsqu'il existe un épanchement articulaire évident cliniquement et radiologiquement et qu'il n'y a pas de fracture ; en cas de pronation douloureuse ; en cas de fracture-décollement épiphysaire en période néonatale ; en cas de fracture du condyle latéral pour faire la différence entre une fracture type IV ou type II de Salter-Harris, enfin dans les fractures de l'épicondyle médial ou latéral surtout lorsque leur ossification n'a pas encore débuté. C'est donc une méthode qu'il faut garder dans son arsenal diagnostique surtout lorsque les épiphyses ne sont pas encore ossifiées.
échographie - Traumatisme de la plaque de croissance - Décollement épiphysaire
Pages : 21 à 33

 

Fractures supracondyliennes

Auteurs : J.P. DAMSIN J. BAHUREL B. de BILLY

Résumé : La fracture supracondylienne représente 40 à 45 % des fractures du coude de l'enfant. La fracture supracondylienne en extension survient après un traumatisme indirect, le coude et le poignet en hyperextension, l'avant-bras en pronation. L'atteinte du périoste va déterminer les possibilités de réduction et de stabilisation de la fracture. Les problèmes vasculaires surviennent dans 5 % des cas. L'atteinte d'un des trois nerfs est notée dans 10 % des cas. L'analyse des radiographies de profil permet de déterminer le sens du défaut rotatoire et de guider la réduction orthopédique. Le traitement d'une fracture supracondylienne comporte deux temps : la réduction suivie de la stabilisation qui peut être orthopédique ou chirurgicale. A ce traitement s'ajoutent les mesures préventives d'un syndrome ischémique et le traitement des complications vasculo-nerveuses. La réduction est progressive, sans jamais de mobilisation brutale. Le fragment épiphysaire est abaissé en bonne position en évitant de rompre ses attaches périostées. La réduction étant obtenue, l'immobilisation du foyer de fracture peut s'envisager de différentes manières, soit par des moyens orthopédiques, soit par une ostéosynthèse. L'immobilisation en flexion décrite par Blount est la méthode la plus simple lorsque le foyer de fracture s'avère être d'une parfaite stabilité après réduction. En cas de lésions instables ou de contre-indication à une mise en flexion, la stabilité est confiée à l'embrochage percutané. La réduction chirurgicale s'impose devant l'échec d'une réduction orthopédique ne permettant pas une stabilisation en flexion ou la mise en place de broches percutanées et devant les rares complications nerveuses nécessitant un traitement chirurgical immédiat. Les fractures supra-condyliennes en flexion sont la conséquence d'un choc direct sur la face postérieure du coude. La réduction et la stabilisation des fractures supracondyliennes chez l'enfant de moins de trois ans posent parfois de difficiles problèmes. Elles sont difficiles à réduire orthopédiquement. La réduction orthopédique des fractures de stades III et IV est jugée passable ou mauvaise un fois sur deux. Avant un an, il faut systématiquement évoquer un syndrome de Silverman. Le taux élevé d'infection chez l'enfant de moins de trois ans est en rapport avec les difficultés opératoires entraînant des tentatives de brochage répétées. Il est préférable d'aborder chirurgicalement, chez le jeune enfant, toutes les fractures supracondyliennes qui posent un problème de réduction.
Traumatisme du coude - Fracture supracondylienne - Complication nerveuse - Volkmann
Pages : 34 à 64

 

Fractures du condyle latéral du coude

Auteurs : J. LANGLAIS

Résumé : La fracture du condyle latéral est une fracture articulaire souvent méconnue dont le déplacement initial est souvent mal apprécié et sous-estimé. Le traitement de choix des fractures non déplacées (stade I) est l'immobilisation plâtrée. La survenue d'un déplacement secondaire nécessite une réduction chirurgicale. Toutes les fractures déplacées ou dont le déplacement est supérieur ou égal à deux millimètres (stades II et III) justifient une réduction chirurgicale. La nécrose du noyau condylien à proprement parler est en fait relativement rare dans les fractures fraîches. Les séquelles radiographiques sont extrêmement fréquentes et contrastent souvent avec le bon résultat clinique. Les déviations d'axe ne sont pas rares, mais isolées, ne justifient aucun traitement. L'évolution vers la pseudarthrose est possible et peut entraîner une désaxation de l'avant-bras, un déficit de mobilité et une paralysie tardive du nerf ulnaire. Ces séquelles sont définitives et il n'y a aucun remodelage progressif à espérer au cours de la croissance. Les repositions tardives du condyle latéral sont des interventions complexes. Chez l'enfant âgé ou lorsque le traumatisme remonte à longtemps, en cas de cubitus valgus devenant gênant fonctionnellement ou avec apparition d'une irritation du nerf ulnaire, on doit proposer une ostéotomie supracondylienne de réaxation. Dans le cas inverse, on peut proposer la chirurgie de reposition tardive du condyle latéral pseudarthrosé plus ou moins associée à une ostéotomie supracondylienne de réaxation.
Fracture du condyle latéral - Traumatisme de la plaque de croissance - Pseudarthrose - Cubitus valgus
Pages : 65 à 85

 

Fractures du condyle médial de l'humérus

Auteurs : B. FENOLL

Résumé : La fracture du condyle médial est une fracture articulaire, rare, de bon pronostic, mais souvent méconnue. Elle survient le plus souvent chez des garçons en âge prépubertaire. Il s'agit d'une fracture-décollement épiphysaire de type IV de Salter, détachant la trochlée et l'épicondyle médial. Plusieurs classifications du trait et du déplacement ont été proposées. Le mécanisme est le plus souvent direct lors d'une chute sur le coude fléchi. Le diagnostic est souvent tardif, parfois au stade de séquelles. S'il n'est pas possible sur des radiographies de bonne qualité, peuvent être proposés un examen du coude sous anesthésie générale et le test de sa stabilité en valgus, une arthrographie, voire une IRM. Les lésions associées sont fréquentes (luxation du coude ou de la tête radiale, fracture de l'olécrâne). Les principales complications sont la raideur du coude, la nécrose du condyle médial avec une déviation en varus évolutive. Cette fracture doit être distinguée d'une fracture supracondylienne incomplète et d'une fracture de l'épicondyle médial. En l'absence de déplacement, le traitement consiste en un plâtre brachio-antébrachio-palmaire pendant 30 jours, durée de la consolidation. Une radiographie de contrôle doit alors être faite entre le 7e et 10e jour. Les fractures déplacées doivent être réduites chirurgicalement par une voie d'abord interne, sans transposition systématique du nerf ulnaire et la réduction fixée par deux broches. Si le diagnostic est fait au-delà d'un mois, il vaut mieux temporiser et corriger secondairement les éventuelles déformations secondaires par une ostéotomie supracondylienne en raison des difficultés opératoires et du risque de nécrose.
Fracture - Coude - Condyle médial
Pages : 86 à 91

 

Fractures du capitellum

Auteurs : B. FENOLL

Résumé : La fracture du capitellum est une fracture articulaire rare, à trait frontal, ne détachant que la partie antérieure articulaire du condyle, le fragment osseux se libérant dans l'articulation. Elle survient chez l'adolescent après l'âge de 13 ans, et l'adulte. La principale classification distingue trois types : le type I, le plus fréquent, dit fracture de Hahn-Steinthal détache tout le condyle et une partie de la trochlée. Le type II, dit fracture de Kocher-Lorenz ou de Mouchet détache un petit fragment parfois ostéochondral. Le type III, dit fracture diacondylienne de Kocher emporte tout le massif articulaire de l'humérus jusqu'à la berge interne de la trochlée. Le mécanisme est le plus souvent indirect, lors d'une chute sur la main alors que le coude est étendu et en valgus. Le diagnostic est souvent méconnu. Il faut rechercher le fragment détaché, sur une radiographie de profil de bonne qualité, accolé en "demi-lune" à la face antérieure de l'épiphyse. Dans les cas de diagnostic difficile, peuvent être proposées l'arthrographie, les tomographies ou la tomodensitométrie. La principale lésion associée est la fracture de la tête radiale. Les mauvais résultats du traitement surviennent après une réduction imparfaite, un traitement différé ou la résection du capitellum. Cette fracture doit être distinguée de la fracture-décollement épiphysaire de type Salter IV du condyle latéral et de l'ostéochondrite disséquante du condyle. Lorsque le fragment est déplacé, le traitement est chirurgical, par abord externe. L'ostéosynthèse de choix est le vissage en rappel ou l'utilisation de broches.
Fracture - Coude - Capitellum
Pages : 92 à 99

 

Décollement épiphysaire de l'extrémité inférieure de l'humérus

Auteurs : C. BRONFEN

Résumé : Le décollement épiphysaire de l'extrémité inférieure de l'humérus est une lésion rare. Il se rencontre dans trois circonstances particulières. A la naissance, à la suite d'un accouchement difficile, entraînant un traumatisme obstétrical. Il peut cliniquement en imposer avant la radiographie pour une paralysie obstétricale du plexus brachial, après la radiographie pour une luxation du coude qui n'existe pas à cet âge. Chez le nourrisson et le petit enfant, la découverte radiologique de cette lésion doit rendre vigilant et faire pratiquer un examen clinique voire radiologique complet de l'enfant à la recherche d'un syndrome de Silverman. Enfin cette lésion peut se voir chez l'enfant plus grand dans le cadre de la traumatologie sportive ou ludique habituelle. Le diagnostic radiologique est difficile chez le petit enfant quand l'épiphyse humérale inférieure n'est pas encore ossifiée. Il repose sur les projections osseuses des deux os de l'avant-bras par rapport à l'humérus, notamment la translation interne de l'avant-bras. L'échographie et surtout l'arthrographie per-opératoire permettent de confirmer le diagnostic. Les complications sont peu fréquentes. Le traitement est habituellement orthopédique : réduction orthopédique avec ou sans brochage percutané en fonction de la stabilité de la lésion. La réduction chirurgicale est exceptionnelle. Le pronostic est habituellement bon. A distance, le cubitus varus est la séquelle la plus fréquente notamment chez le petit enfant.
Décollement épiphysaire - Coude - Traumatisme obstétrical
Pages : 100 à 107

 

Fractures intercondyliennes et fractures sus- et intercondyliennes de l'humérus de l'enfant

Auteurs : M. CHAPUIS

Résumé : Ces fractures sont souvent secondaires à un traumatisme de haute énergie et pour cette raison souvent associées à d'autres lésions. Elles sont exceptionnelles chez le jeune enfant. Les fractures sans déplacement sont les seules à pouvoir bénéficier d'une immobilisation plâtrée soit par plâtre brachio-antébrachio-palmaire associé à un bandage coude au corps, soit par plâtre thoraco-brachial pendant quatre à six semaines. Un déplacement secondaire impose une réduction chirurgicale. La voie médiale donne une bonne vision de la colonne médiale et de la face antérieure et articulaire de la palette humérale et permet le contrôle du nerf ulnaire. La voie latérale permet le contrôle de la colonne latérale, du condyle externe et si besoin de la tête radiale. La voie postérieure avec ces trois variantes, de part et d'autre du triceps, transtricipitale ou avec olécraniotomie, permet le contrôle des deux colonnes, le repérage du nerf ulnaire et le contrôle de la diaphyse. Les complications sont dues à l'importance du traumatisme initial et parfois à l'imperfection du traitement d'autant plus que la fracture est complexe.
Traumatisme du coude - Fracture sus- et intercondylienne
Pages : 108 à 115

 

Fractures de l'épicondyle médial

Auteurs : S. GUILLARD

Résumé : La fracture de l'épicondyle médial représente 10 % des fractures du coude de l'enfant et survient entre 7 et 15 ans. Elle s'intègre, comme la fracture de l'épicondyle latéral, dans le cadre des traumatismes ostéo-ligamentaires du coude avec luxation du coude fréquente. Lechevallier et Lefort distinguent quatre types anatomiques de fracture de l'épicondyle médial : le type A : fracture apophysaire ou décollement fracture, le type B : comminution apophysaire, le type C : décollement apophysaire pur et le type D : fracture métaphysaire. Le traitement chirurgical est fonction du stade de déplacement de la fracture. Le degré 1 est traité orthopédiquement par plâtre brachio-antébrachio-palmaire, En cas d'instabilité un abord interne est réalisé pour stabiliser l'épicondyle médial par des points transosseux, broches ou vis. Le degré 2 en raison du risque de pseudarthrose bénéficie pour beaucoup d'un traitement chirurgical. Le degré 3 avec incarcération de l'épicondyle médial ne doit pas être réduit par manœuvres externes. La réduction se fait par un abord interne du coude. Le degré 4 nécessite une réduction sous anesthésie générale.
Luxation - Coude - épicondyle médial
Pages : 116 à 122

 

Fracture de l'épicondyle latéral du coude

Auteurs : S. GUILLARD

Résumé : Les fractures vraies de l'épicondyle latéral où l'arrachement du noyau est complet sont rares. Les arrachements périostés de l'épicondyle latéral sont par contre fréquents mais souvent non diagnostiqués. Elles s'intègrent dans le cadre des traumatismes ostéo-ligamentaires. Une classification en trois degrés est utilisée pour décrire le déplacement : degré 1 : fracture non déplacée ; degré 2 : fracture déplacée et degré 3 : fracture associée à une luxation avec ou sans incarcération. Le traitement de la fracture de l'épicondyle latéral est essentiellement orthopédique. Le traitement chirurgical est indiqué lorsqu'il y a une incarcération de l'épicondyle latéral et pour certains lorsqu'il existe une instabilité en varus. Après réduction, la stabilisation est réalisée par deux broches ou par une suture transosseuse. La seule séquelle de cette fracture est une perte de l'extension de 10 à 20 .
Coude - Fracture épicondyle latéral - Luxation
Pages : 123 à 127

 

Fractures du col radial et de la tête radiale

Auteurs : J.R. PONTAILLER

Résumé : Les fractures du col et de la tête radiale représentent 1 % des fractures de l'enfant et 8 % des fractures du coude. Le plus souvent, les fractures de l'extrémité supérieure du radius résultent d'un mécanisme indirect en valgus forcé à la suite d'une chute sur la paume de la main, le coude étant en extension complète ou en flexion. Les associations lésionnelles sont fréquentes : fracture en bois vert de l'olécrâne, fracture-avulsion de l'épicondyle médial. Les fractures du radius peuvent aussi survenir au cours d'une luxation du coude. La fracture se produit lors de la réduction spontanée de la luxation, le fragment fracturé restant en situation postérieure ou seconde possibilité, le col se fracture en même temps que le coude se disloque et la tête radiale reste luxée en avant. Les classifications sont nombreuses et basées sur les données anatomiques, physiopathologiques ou sur l'importance du déplacement. Le traitement comporte deux temps : la réduction et la stabilisation. La réduction orthopédique doit toujours être tentée. La méthode la plus utilisée est celle décrite par Patterson. Pour faciliter la réduction, Jeffery a proposé de placer l'avant-bras dans la position où le foyer de fracture se présente dans le plan du plus grand déplacement. Les réductions chirurgicales font appel à des manœuvres externes locales par poinçonnage ou à distance, par enclouage centromédullaire ou bien à des manœuvres internes par abord direct du foyer de fracture. Le poinçon est introduit par voie percutanée dans le foyer de fracture sous contrôle de la scopie. La réduction par enclouage centromédullaire proposée par Métaizeau assure la réduction du déplacement et la fixation du foyer de fracture évitant le risque de déplacement secondaire. La mise en place est contrôlée sous amplificateur de brillance. Les formes très déplacées peuvent être traitées par l'association du poinçonnage percutané et de l'embrochage centromédullaire. La réduction chirurgicale est réservée aux échecs des traitements précédemment décrits. Il convient de connaître les règles de cette chirurgie et ses risques : raideurs, pseudarthrose et surtout nécrose. Les indications sont fonction de l'âge de l'enfant, de l'importance du déplacement, des lésions associées et de l'angle résiduel après réduction orthopédique. Les fractures non déplacées (stade 1) sont immobilisées en plâtre pour une durée de 15 à 21 jours. Les fractures déplacées de stade 2 sont réduites manuellement et plâtrées. Les fractures déplacées de stade 3 sont réduites par embrochage centromédullaire ou par poinçonnage. Les fractures instables après réduction par poinçonnage sont stabilisées au moyen d'une broche centromédullaire montée à partir du poignet. Les complications sont fréquentes. Les raideurs articulaires sont liées à différents facteurs : cal vicieux, hypertrophie de la tête radiale, synostose radio-ulnaire, ossifications hétérotopiques. La nécrose épiphysaire se rencontre après un décollement épiphysaire ou une réduction chirurgicale. Elle peut aussi compliquer une fracture traitée orthopédiquement. Les ossifications intra-articulaires et intramusculaires sont des complications quasi exclusives du traitement chirurgical dans 20 à 30 %. Les atteintes du nerf radial se rencontrent soit lors des réductions par poinçonnage percutané ou lors des réductions sanglantes. Le pronostic fonctionnel des fractures du col et de la tête radiale apparaît lié à la situation du trait de fracture, à l'importance du déplacement initial, à la présence de lésions associées et à la méthode thérapeutique choisie. La prise en charge thérapeutique de ces fractures est difficile et délicate. Toute erreur thérapeutique peut compromettre de façon irrémédiable la fonction du coude.
Extrémité supérieure du radius - Décollement épiphysaire - Synostose de l'avant-bras - Raideur post-traumatique
Pages : 128 à 145

 

Fractures de l'extrémité supérieure de l'ulna

Auteurs : P. MARY

Résumé : Les fractures de l'extrémité supérieure de l'ulna sont rares et rarement isolées. Les fractures de l'olécrâne posent peu de problèmes diagnostiques ; les lésions associées sont fréquentes (fractures, luxations de l'extrémité supérieure du radius le plus souvent). Certaines fractures de l'olécrâne intéressent la surface articulaire, et peuvent nécessiter en cas de déplacement, un abord chirurgical et une fixation le plus souvent par haubanage. Trois à 4 semaines d'immobilisation sont nécessaires pour obtenir la consolidation. Les complications et les séquelles sont rares, excepté lors de fractures ostéochondrales non diagnostiquées, où le risque de raideur articulaire est majeur. Les fractures de la coronoïde accompagnent, dans la plupart des cas, une luxation du coude évidente ou spontanément réduite. Le diagnostic radiologique peut être difficile (fragment osseux de petite taille, superposition). La fixation d'un tel fragment peut être nécessaire pour redonner un élément de stabilité au coude. Elle est réalisée au mieux par voie postéro-interne. Les complications et les séquelles sont également peu fréquentes.
Fractures du coude - Olécrâne - Coronoïde
Pages : 146 à 153

 

Le coude flottant

Auteurs : M. CHAPUIS

Résumé : Le " coude flottant " se définit comme l'association entre une fracture de la palette humérale et une fracture de la diaphyse ou de l'extrémité inférieure d'un ou des deux os de l'avant-bras homolatéral. Cette association est rare. Il est rapporté une prédominance de fractures supracondyliennes stade III. La réduction de la fracture supracondylienne doit être systématiquement complétée d'une ostéosynthèse par brochage de type Judet ou à ciel ouvert en cas de réduction orthopédique insuffisante. L'ostéosynthèse des deux os de l'avant-bras se discute en cas de foyer désengrené.
Fracture du coude - Fracture de l'avant-bras
Pages : 154 à 156

 

Fractures de Monteggia récentes

Auteurs : C. BRONFEN

Résumé : La fracture de Monteggia, historiquement décrite par l'auteur, réalise une fracture de la diaphyse de l'ulna associée à une luxation antérieure de la tête radiale. Actuellement, le concept est étendu sous le nom de lésion de Monteggia et défini comme une fracture-luxation réalisant au niveau de l'ulna une fracture à un ou plusieurs niveaux, le ou les traits pouvant siéger non seulement dans la partie diaphysaire mais aussi dans la partie épiphysaire ou métaphysaire. Au niveau du radius : une luxation de la tête en avant, en arrière ou en dehors, accompagnée éventuellement d'une fracture à un niveau quelconque (capital, sous-capital ou même diaphysaire). L'ensemble peut être associé à une lésion de voisinage sur la partie basse de l'humérus ou sur le poignet. La lésion est considérée comme récente au cours du premier mois. Deux grandes classifications sont utilisées : la classification de Bado qui repose sur la direction de la luxation de la tête radiale et la classification de Trillat, fonction du siège ulnaire de la fracture, qui paraît plus pratique sur le plan thérapeutique. Cette classification a été adaptée à l'enfant lors de la dernière réunion de traumatologie du GEOP. Le mécanisme le plus habituel de la fracture de Monteggia est un traumatisme indirect avec chute sur l'avant-bras en pronation forcée coude en extension. Chez l'enfant les deux formes les plus souvent rencontrées sont la fracture du tiers moyen de la diaphyse de l'ulna avec luxation antérieure de la tête radiale et la fracture métaphysaire haute de l'ulna souvent en bois vert avec luxation externe de la tête radiale. Il faut souligner chez l'enfant deux types particuliers qui sont la luxation de la tête radiale associée à une fracture plastique de l'ulna et l'équivalent de Monteggia que constitue le décollement de l'épiphyse supérieure radiale associée à une fracture de l'ulna. La fréquence de la fracture de Monteggia est diversement appréciée selon les auteurs, c'est plutôt chez l'enfant une lésion rare. Le diagnostic positif est fait devant deux tableaux distincts : soit un tableau de fracture du coude si la fracture de l'ulna est haute, soit un tableau de fracture de l'avant-bras si la fracture de l'ulna est basse. Cette fracture peut se voir chez de tout petits enfants, le pic de plus grande fréquence étant de 5 à 7 ans. Le retard de diagnostic des fractures de Monteggia est fréquent. Les complications immédiates sont l'ouverture cutanée habituellement de dedans en dehors, les complications neurologiques avant tout paralysie du nerf radial ou paralysie motrice pure de sa branche interosseuse postérieure. Les complications tardives sont représentées par les synostoses radio-ulnaires supérieures en cas d'abord chirurgical, les cals vicieux de l'ulna, les luxations-subluxations résiduelles de la tête radiale qui sont en fait une faute thérapeutique. Il existe des déplacements secondaires qui nécessitent une surveillance attentive de ces fractures. Le résultat sur la mobilité du coude est habituellement très bon chez l'enfant. Le traitement doit être avant tout orthopédique. Un abord chirurgical de la tête radiale à la recherche d'une interposition, n'est justifié qu'en cas d'irréductibilité. Le point fondamental dans les lésions de Monteggia est d'en faire le diagnostic précocement, la luxation de la tête radiale passant souvent inaperçue.
Monteggia - Luxation de la tête radiale - Fracture de l'ulna - Raideur de la pronosupination
Pages : 157 à 167

 

Luxations anciennes post-traumatiques de la tête radiale

Auteurs : J. LANGLAIS

Résumé : Les luxations anciennes post-traumatiques de la tête radiale chez l'enfant sont toutes consécutives à la méconnaissance du traumatisme aigu initial. La méconnaissance du diagnostic de luxation de la tête radiale est donc fréquente et est due à la carence de l'examen clinique et/ou radiographique. Sur la radiographie, la ligne de Storen est fondamentale : sur le cliché de profil, le prolongement de l'axe du radius doit passer par le milieu du noyau condylien latéral, cela quel que soit le degré de flexion ou d'extension du coude. Dans ces cas anciens, le traitement orthopédique est impossible et nous avons le choix entre l'abstention ou réduire chirurgicalement. Notre choix se portera sur la réduction chirurgicale quels que soient l'âge de l'enfant et l'ancienneté du traumatisme initial. Les auteurs ne recommandent pas la reposition isolée de la tête radiale avec plastie du ligament annulaire qui est une performance technique relativement difficile car la tension à donner au ligament reconstitué est difficile à doser. Ils préfèrent corriger le cal vicieux de la diaphyse ulnaire en rétablissant la convexité postéro-interne normale de l'ulna. Lorsque cette convexité est rétablie, la membrane interosseuse attire le radius en arrière et en dedans. Cette ostéotomie de l'ulna peut être faite, en zone métaphyso-diaphysaire par une ostéotomie plane-oblique dans un plan sagittal ou en zone méta-physaire supérieure par une ostéotomie transversale. Il faut toujours rechercher une hypercorrection de la déformation de l'ulna, pour bénéficier d'un effet de rappel de la membrane interosseuse.
Luxation de la tête radiale - Fracture ancienne de Monteggia - Plastie du ligament annulaire - Ostéotomie ulnaire - Hypercorrection de l'ulna
Pages : 168 à 184

 

Luxations du coude

Auteurs : S. GUILLARD

Résumé : Les luxations du coude sont fréquentes chez l'enfant et surviennent habituellement entre onze et quinze ans. Elles s'accompagnent dans la moitié des cas d'une fracture. La luxation postérieure est la plus fréquente. Elle peut être postérieure pure ou s'accompagner d'un déplacement latéral externe ou interne. La luxation antérieure est très rare et ne représente que seulement 2 % des luxations du coude de l'enfant. Les luxations convergentes et divergentes sont encore plus exceptionnelles Environ 50 % des luxations du coude s'accompagnent de fracture. La plus fréquente est la fracture de l'épicondyle médial qui est associée dans 30 à 55 % des cas. L'incarcération du fragment épicondylien dans l'articulation au moment de la réduction est relativement fréquente, environ dans 15 à 18 % des cas. Quel que soit le type de luxation, il faut après la réduction tester la mobilité et la stabilité du coude. Une limitation de mobilité doit faire craindre un fragment osseux incarcéré. La stabilité est testée dans le plan frontal et dans le plan sagittal. Une instabilité peut signer une fracture associée. Les complications neurologiques sont plus fréquentes que les lésions vasculaires. Les lésions du nerf médian et du nerf ulnaire se voient le plus souvent au cours des luxations associées à une fracture de l'épicondyle médial. Elles sont présentes dans 5 à 20 % des cas, le nerf ulnaire étant beaucoup plus fréquemment atteint. Les calcifications périarticulaires sont très fréquentes chez l'enfant et compliquent environ 60 % des luxations. Ces calcifications périarticulaires sont favorisées par les manipulations passives du coude, les efforts d'extension forcée et les massages. La survenue d'une raideur du coude est rare chez l'enfant et les indications d'arthrolyse exceptionnelles.
Luxation - Traumatisme du coude - Fracture de l'épicondyle
Pages : 185 à 196

 

Complications vasculonerveuses des traumatismes du coude. Syndrome de Volkmann

Auteurs : H. ASFAZADOURIAN

Résumé : Les fractures supracondyliennes du coude chez l'enfant sont à l'origine d'un certain nombre de complications vasculonerveuses qu'il importe d'identifier dès le début. La plupart des lésions nerveuses sont bénignes et récupèrent. Des syndromes canalaires plus tardifs seront également étudiés et correspondent aux conséquences de certains cals vicieux. Les lésions vasculaires sont plus rares mais plus dramatiques. La conduite à tenir est détaillée, séparant les atteintes par spasme artériel d'un côté, les dévascularisations de l'autre et les membres vascularisés sans pouls artériel. Un dernier chapitre est consacré au syndrome de Volkmann et à la prise en charge du syndrome de loge avant la constitution irréversible de cette contracture ischémique.
Fracture supracondylienne du coude - Complications vasculonerveuses du coude - Syndrome de Volkmann
Pages : 197 à 209

 

Cubitus varus post-traumatique

Auteurs : R. KOHLER H. DUCRET L. WILLEMEN F. LORGE

Résumé : Le cubitus varus est une complication assez fréquente des fractures supracondyliennes du coude de l'enfant (quel qu'en soit le traitement). Cette déviation (humérus varus au sens strict) est un cal vicieux supracondylien, conséquence d'une réduction imparfaite ou d'un déplacement secondaire, qui ne se corrigera pas avec la croissance. Une terminologie est proposée pour évaluer cette déviation en utilisant deux angles : le premier qui exprime l'importance de la déviation (par rapport au côté sain qui est en valgus), le deuxième exprime la déviation en varus stricto sensu (par rapport à l'axe huméral) cause du préjudice esthétique. Lorsque la déviation est importante, une correction par ostéotomie de soustraction supracondylienne peut être proposée (ostéotomie de soustraction réalisée par voie externe). L'indication de ce geste est rare, réservée au cas où la déviation atteint ou dépasse 15 de varus vrai. La prévention de cette complication nécessite de reconnaître précocement la déviation sous plâtre (grâce à la mesure de l'angle de Baumann) et si nécessaire de reprendre la réduction.
Fracture supracondylienne - Déviation du coude en varus - Cubitus varus - Ostéotomie supracondylienne du coude
Pages : 210 à 221

 

La pronation douloureuse

Auteurs : P. MARY

Résumé : La pronation douloureuse est une lésion bénigne et doit être connue de tout orthopédiste. Elle est très fréquente et concerne les enfants de moins de 6 ans. La pronation douloureuse se produit lors d'une traction sur le membre supérieur de l'enfant en extension du coude et pronation. Le mécanisme suffit à faire le diagnostic. La radiographie ne sera faite que si le mécanisme n'est pas typique, cela à la recherche d'une lésion fracturaire (coude, poignet). Les manœuvres de réduction sont simples et pratiquement toujours suffisante. L'immobilisation n'est pas nécessaire ; les récidives surviennent dans 5 % des cas.
Pronation douloureuse - Coude
Pages : 222 à 226

 

Pathologie sportive du coude de l'enfant et de l'adolescent

Auteurs : B. de BILLY P. CHRESTIAN

Résumé : La pathologie sportive du coude de l'enfant et de l'adolescent s'est considérablement développée en raison de l'augmentation de la pratique sportive et de l'intensité de cette pratique. Les caractéristiques physiopathologiques de l'enfant sont la présence de points d'ossification multiples. Les sports en cause ont comme point commun de mettre en charge de manière inhabituelle le membre supérieur, soit par un lancer, soit par un portage important, soit en raison de microtraumatismes à répétition. L'examen clinique reste la clé de la grande majorité des diagnostics, l'ensemble des surfaces articulaires et des interlignes articulaires pouvant être examiné facilement si on modifie toutes les positions du coude. Cet examen doit comporter un examen dynamique. Le bilan paraclinique repose essentiellement sur la radiologie standard dont il faudra multiplier les incidences. L'échographie est intéressante pour l'exploration des parties molles. L'arthrographie couplée à l'arthroscanner explore l'état des cartilages. L'IRM renseigne sur l'état du "sous-sol" osseux. La pathologie traumatique urgente n'est pas spécifique par type de sports. Il faudra, en revanche, obtenir une reconstitution ad integrum de l'articulation et des fonctions nécessaires pour la pratique du sport de haut niveau. La pathologie chronique est faite d'ostéochondrites dont les localisations s'expliquent par l'analyse physiopathologique du mouvement causal. Il existe une filiation pathologique progressive qui va de l'ostéochondrite banale jusqu'à l'arthrose si la pathologie initiale est négligée. Cette pathologie peut se répartir en trois compartiments : postérieur sollicité en hyperextension, externe sollicité sur des coudes en valgus en compression et interne responsable d'atteinte trochléenne. Le traitement répond à des impératifs de récupération parfaite de mobilité et de stabilité. Cela nécessite de faire un bilan initial, le plus souvent sous anesthésie générale avec un excellent testing et de recourir plus fréquemment aux ostéosynthèses. Le traitement de la pathologie chronique repose essentiellement sur un diagnostic précoce et une dispense de sport qui peut être aménagée en fonction de l'exigence sportive de l'enfant. Les corps étrangers doivent être enlevés. Les laxités résiduelles doivent être chirurgicales par ligamentoplastie. Le chirurgien amené à prendre en charge des pathologies sportives de l'enfant doit modifier ces indications thérapeutiques. L'ensemble de la prise en charge vise à la restitution ad integrum et surtout à l'analyse physiopathologique qui préviendra la récidive.
Accidents de sport - Ostéochondrite disséquante du coude - Maladie de Panner - Fracture de l'épicondyle médial - Luxation du coude
Pages : 227 à 239

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