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Conférences et enseignements

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Conférences d'enseignement 2001

  Dans le cadre de son congrès de novembre, la Sofcot publie chaque année, les conférences d'enseignement

Sommaire :




 

D.A. Dennis

Mots clés : Cinématique - Genou - Arthroplastie in vivo - Fluoroscopie

Pages 1 à 18

La cinématique in vivo du genou (translation antéropostérieure, rotation axiale, soulèvement du condyle fémoral et amplitudes de mouvement) a été déterminée dans plusieurs études du genou normal chez des sujets porteurs de prothèse totale à plateau fixe et mobile (PTG). Tous les sujets ont été analysés par vidéofluoroscopie lors de la réalisation d’activités de marche et de flexion maximale. Les images fluoroscopiques ont ensuite été importées sur le disque dur d’un ordinateur et la cinématique du genou déterminée en utilisant un procédé d’adaptation–modelage en trois dimensions automatisé. L’analyse du degré d’erreur du procédé a été réalisée. L’erreur est inférieure à 0,5 mm pour les translations dans le plan et à 0,5° pour les trois rotations : flexion/extension, rotation interne/externe, adduction/abduction (soulèvement du condyle). Dans le genou normal, lors de la marche, il existe un certain degré de translation postérieure du point de contact fémoro-tibial (rollback fémoral postérieur) dans le compartiment externe (4,2 mm en moyenne) alors qu’une translation minimale se produit en interne. Lors d’une activité de flexion maximale, le rollback fémoral postérieur externe est augmenté (14,1 mm en moyenne) alors que la translation en interne reste minimale (1,5 mm en moyenne). Ainsi, en moyenne, une cinématique de type pivot interne est observée, sans toutefois se produire pour tous les genoux normaux testés. En ce qui concerne les PTG à plateau fixe et mobile, de faibles degrés de translation antéropostérieure ont été observés à la fois en interne et en externe lors de la marche. Aucune différence marquée n’a été observée entre les prothèses conservant le ligament croisé postérieur (LCP) ou le substituant lors de la marche puisque le système de came et de plot des PTG substituant le LCP n’est généralement pas engagé lors de cette activité. La variabilité interindividus de translation antéropostérieure est moindre (minimale) dans les PTG à plateau mobile par rapport aux plateaux fixes lors de la marche. Cela a été attribué à l’augmentation de la congruence sagittale permise par les PTG à plateau mobile. Lors d’une activité de flexion maximale, une grande variabilité dans la translation antéropostérieure a été observée dans toutes les PTG à plateau fixe et mobile qui ne possédaient pas de système stabilisant l’absence de LCP. Contrairement au genou normal, où le rollback fémoral postérieur survient lors d’activité de flexion maximale, une translation paradoxale antérieure du point de contact fémorotibial a été observée de manière fréquente lors de la flexion maximale, en particulier chez les sujets présentant une PTG à plateau fixe conservant le LCP. Pour les PTG substituant le LCP, le rollback fémoral postérieur du condyle fémoral latéral se produit de manière routinière avec une variabilité minimale du contact fémorotibial lié à l’engagement régulier du mécanisme de plot et de came durant les activités de flexion maximale. Les effets négatifs potentiels de la translation paradoxale antérieure du point de contact fémorotibial lors des activités de flexion maximale observées dans les dessins de PTG conservant le LCP comprennent : (1) la perte de flexion en charge liée à la translation antérieure de l’axe de flexion du genou ; (2) la réduction de l’efficacité du quadriceps secondaire à la réduction du bras de levier du quadriceps ; et (3) l’usure accélérée du polyéthylène liée à l’augmentation des forces de cisaillement créées lors de la translation fémorale antérieure. Lors des activités de marche et de flexion maximale, les sujets avec genoux normaux ont montré un phénomène de rotation axiale de type screw-home (rotation interne du tibia lors de l’augmentation de la flexion du genou). Pour les PTG, des valeurs de rotation axiale réduites ont été observées dans tous les modèles testés. Un mécanisme de rotation axiale de type screw-home inversé et une grande variabilité entre les sujets ont été notés dans tous les groupes de PTG, particulièrement pour les modèles de PTG non stabilisées. La rotation axiale inversée est potentiellement négative puisque augmentant le risque d’instabilité fémoro-patellaire lié à la latéralisation de la tubérosité tibiale si une rotation externe du tibia survient lors de l’augmentation de la flexion. Le soulèvement du condyle fémoral après PTG a été observé de manière régulière environ dans 70 % des sujets avec une PTG conservant le LCP et à plateau fixe, 80 % des PTG à plateau fixe substituant le LCP et plus de 90 % des sujets avec PTG à plateau mobile. Le soulèvement est le plus souvent observé lors de la phase moyenne de la marche et à des flexions supérieures à 60°. Les effets négatifs du soulèvement du condyle fémoral comprennent une usure prématurée du polyéthylène et un descellement des composants secondaire à une répartition excentrique des charges. Compte tenu de ces conditions de soulèvement fémoral, lors de la fabrication de prothèse il est important d’inclure une augmentation de la congruence coronale du polyéthylène et d’utiliser une assise métallique tibiale (metalback) pour réduire la transmission de la charge à l’os sous-chondral. Comparée au genou normal, l’amplitude de mouvement après PTG est réduite dans toutes les situations testées. De plus, les tests sous condition de charge du poids du corps entraînent moins de flexion que lorsque ceux-ci sont réalisés sans charge, ce qui est probablement dû à l’interaction complexe des forces musculaires dynamiques, de la contrainte des tissus mous, du conflit avec les parties molles postérieures et de la congruence articulaire. L’amplitude de mouvement après PTG est plus déterminée par la géométrie articulaire du condyle que par la présence d’une mobilité du plateau. Une flexion du genou plus importante est observée dans les PTG substituant le LCP, due au rollback fémoral postérieur qui est régulièrement observé après l’engagement du système plot-came. Diverses altérations de la cinématique normale du genou (translation paradoxale antérieure du fémur, rotation axiale inversée, et soulèvement du condyle fémoral) sont observées fréquemment après PTG à plateau fixe et mobile. Les auteurs pensent que la mobilité du plateau dominera les futures PTG, du fait de l’augmentation de la congruence articulaire et la diminution de la pression sur le polyéthylène qui en résulte avec ces modèles. Les nouvelles prothèses devraient permettre un meilleur contrôle des phénomènes de mobilité du plateau, de manière à réduire l’incidence de la cinématique anormale observée dans les évaluations fluoroscopiques présentées.

 

 

J. Dubousset

Mots clés : Tumeurs - Tissus mous

Page 19 à 32

Les tumeurs des tissus mous sont souvent bénignes et parfois malignes (seulement 6 % des tumeurs cancéreuses de l’enfant). Elles sont issues du tissu conjonctif commun et de ses variétés différenciées et 15 % sont considérées comme d’origine incertaine. Dans un grand centre d’oncologie, 80 % des cas de tumeurs considérées comme malignes ne sont vues qu’en deuxième main après un premier geste chirurgical en général mal conduit. L’examen clinique isolé est trompeur et l’imagerie avec l’IRM en T1 et T2 est indispensable aussi bien pour l’évaluation initiale que pour la surveillance post-thérapeutique. La biopsie est obligatoirement chirurgicale pour toute lésion supérieure à 3 cm alors que pour une lésion plus petite (2 cm) la biopsie exérèse en bloc avec des marges suffisantes est préférable. Le diagnostic histologique est particulièrement difficile car chez l’enfant les gradings histologiques de l’adulte n’ont pas été validés. C’est pourquoi ils doivent être confiés à un petit nombre de laboratoires qualifiés et compétents. La chirurgie conservatrice est la base du traitement avec ou sans chimiothérapie pré- et postopératoire pour les tumeurs chimiosensibles. La radiothérapie postopératoire peut être utile pour les tumeurs radiosensibles opérées lorsque la résection est microscopiquement incomplète. Pour les énormes lésions avec envahissement du pédicule vasculo-nerveux, dans les cas multi-opérés, récidivés, et irradiés, l’amputation ou la désarticulation reste nécessaire. Le contrôle précis des marges chirurgicales est fondamental : si la chirurgie est intralésionnelle, donc contaminée, les chances de récidive locale sont de plus de 70 % ; si la chirurgie est marginale (pseudocapsulaire), le taux de récidive locale est encore de 50 % ; si la chirurgie est large intracompartimentale, le taux est de 15 à 20 % ; si la chirurgie est radicale extracompartimentale, on arrive à moins de 2 % d’où l’intérêt d’une chimiothérapie préexérèse lorsque la tumeur est chimiosensible. En cas de tumeur maligne ou de pronostic réservé radiosensible, la radiothérapie postopératoire peut être utile. Peu fiable sur de grosses tumeurs, son efficacité est reconnue sur des résidus tumoraux cellulaires, mais on connaît ses dangers sur la croissance et le risque de sarcome radio-induit, d’où une utilisation prudente. Enfin chaque catégorie tissulaire a ses propres particularités thérapeutiques et pronostiques, et donc sa propre stratégie. En cas de lésion maligne ou de pronostic réservé la chirurgie reste l’arme principale. Maillon indispensable du traitement oncologique, elle doit être réalisée par des chirurgiens expérimentés.

 

P. Chiron

Mots clés : Arthroscopie de hanche - Pathologie synoviale - Corps étrangers - Rupture du labrum

page 33 à 50

L’arthroscopie de hanche est, aujourd’hui, une intervention bien codifiée : décoaptation de l’articulation coxofémorale sur table orthopédique en flexion de hanche à 20°, en rotation interne, sous traction de 20 kg, avec injection intra-articulaire de sérum physiologique. Nous définissons une zone de sécurité antéro-externe située entre le bord antérieur du grand trochanter et une ligne verticale passant par la ligne épine iliaque antérosupérieure par laquelle tous les points de pénétration peuvent être utilisés. La pénétration de l’arthroscope et des instruments se fait sous contrôle endoscopique. Les instruments classiques sont utilisables. Un arthroscope à instrumentation axiale permet d’atteindre avec des instruments mécaniques ou une fibre laser, par une seule voie, toutes les zones qui peuvent être explorées par la vue. Par cette technique, les complications sont rares, à condition que l’on évite une compression du nerf pudendal trop forte et trop longue. La vision macroscopique et la réalisation de biopsies permettent de faire le diagnostic de pathologies débutantes ou évoluées pour lesquelles l’imagerie moderne n’apporte pas de preuve décisive (pathologie synoviale inflammatoire, chondromatose, synovite villonodulaire, infection, coxarthrose rapidement destructrice, arthrose débutante, ruptures du labrum, etc.). Elle permet une action thérapeutique par lavage, synovectomie, ablation de corps étrangers, résection d’ostéophytes ou partielle du labrum. Une rupture du labrum, même isolée, peut être responsable d’un syndrome douloureux chronique de la hanche, le starter d’une arthrose globale rapidement évolutive, être diagnostiquée par IRM ou arthrographie à condition d’orienter correctement ces examens. Elle mérite d’être traitée par arthroscopie de hanche avant l’apparition de signes d’arthrose radiovisibles.

 

N. Passuti

Mots clés : Ostéolyse

page 51 à 62

Le concept de la fixation à l’os sans ciment des prothèses de hanche nécessite un traitement de surface par porosité métallique ou par revêtement de phosphate de calcium. Les études rétrospectives à 10 ans de recul confirment l’apparition de zones d’ostéolyse et de descellement avec les revêtements poreux, problème qui n’est pas retrouvé avec les revêtements hydroxyapatite. Le problème majeur demeure les réactions ostéolytiques liées aux particules d’usure. Implants sans ciment - Revêtements hydroxyapatite -

 

C. Delaunay

Mots clés : Prothèse totale de hanche - Couples de frottement - Usure

Pages 63 à 96

À l’aube du troisième millénaire, la longévité des prothèses totales de hanche (PTH) reste encore conditionnée par l’ostéolyse liée à la production des débris d’usure, en particulier chez les patients jeunes et/ou actifs. Depuis le premier couple acier sur acier de Wiles en 1938, et l’avènement de l’arthroplastie conventionnelle moderne grâce à l’introduction du polyéthylène par John Charnley en 1962, les tentatives pour améliorer la friction des hanches artificielles ont été multiples. Après l’acier de la low friction arthroplasty et l’introduction de la modularité fémorale, le polyéthylène va s’articuler avec des têtes prothétiques en alliages de cobalt-chrome, en céramique d’alumine, en titane plus ou moins traité, en céramique de zircone ou en métal-diamant. Ce polyéthylène va secondairement en «sandwich» servir de support à des frictions acétabulaires en CoCr de deuxième, puis troisième génération, de métal céramisé, ou de céramiques d’alumine ou de zircone. À l’opposé, considéré comme le maillon faible de l’arthroplastie, le polyéthylène va disparaître d’autres couples du type alumine-alumine massive ou CoCr-CoCr tout métal. Il est impossible dans l’état actuel des connaissances de trancher entre toutes ces options. Certaines d’entre elles cependant, tels l’acier-sur-l’acier ou le titane non traité sur PE ont disparu en pratique courante. La majorité sont en cours d’évaluation et n’ont pas encore franchi l’épreuve du temps. Trois d’entre elles ont gagné un certain crédit, tout en «bénéficiant» (?) chaque jour de nouveaux développements : la friction de type LFA en 22,2 mm attend beaucoup de la céramique de zircone et des nouveaux PE réticulés; le couple alumine-alumine dont on espère une réduction du risque fracturaire et un calibre 28 mm fiable grâce à la qualité de sa fabrication, ainsi qu’un mode de fixation enfin performant sur son versant acétabulaire; et le couple CoCr sur CoCr dont on souhaite que la longue survie des patients avec elle prothésés ne les expose pas à la survenue d’une hématotoxicité ou de phénomènes d’hypersensibilité retardée. Le choix d’une friction prothétique reste encore à ce jour un réel problème de conscience !

 

P. Jouffroy

Mots clés : Fracture du cotyle

Pages 97 à 122

Il faut rendre hommage à Robert Judet et émile Letournel pour leur description des incidences du bassin de face, de trois quarts alaire et de trois quarts obturateur et de leurs repères radiologiques respectifs. La rigueur de leur approche a permis de faire un grand pas dans le diagnostic lésionnel des fractures du cotyle. La lecture de l’imagerie des fractures du cotyle repose sur deux postulats : le premier, la conception anatomique de l’os iliaque autour de ses deux colonnes antérieure et postérieure, associées au no man’s land qui les sépare et à la partie de l’os iliaque indemne qui reste attachée au sacrum ; le second, la connaissance de la classification de Robert Judet et émile Letournel concernant les fractures du cotyle. On étudie les repères radiologiques de l’os iliaque en distinguant : les repères antérieurs, les repères du no man’s land, les repères postérieurs. On étudie de la même façon les repères de ces trois zones au scanner. Enfin, on superpose les données des deux examens afin de comprendre les avantages et les inconvénients de chacun et de saisir leur complémentarité. On termine par l’analyse précise de chacune des dix fractures de la classification, en recherchant chaque repère sur les radios et le scanner ce qui permet de dessiner la fracture sur un schéma de l’os iliaque. Le scanner et la radio sont inséparables dans le diagnostic lésionnel des fractures du cotyle. La qualité des examens pratiqués est fondamentale. Dans la mesure où il n’y a jamais d’urgence à opérer une fracture du cotyle, il est nécessaire d’obtenir des clichés de trois quarts et un scanner parfaits. Ce sont les meilleurs éléments d’une réflexion indispensable avant de poser l’indication opératoire et de prévoir le déroulement de l’intervention.

 

N. Khouri

Mots clés : Hanche neurologique - Spasticité - Déformations - Basin oblique

Pages 123 à136

Les anomalies orthopédiques des hanches chez l’enfant et l’adolescent infirme moteur d’origine cérébrale (IMOC) sont la conséquence directe de l’atteinte neurologique chez un sujet en croissance. Le traitement préventif (installations, appareillage) a une place prépondérante pour lutter contre le déséquilibre musculaire, les mauvaises postures et l’effondrement en charge. Le traitement chirurgical des attitudes vicieuses de hanche et des déformations constituées nécessite une analyse rigoureuse tridimensionnelle dans le contexte orthopédique et neurologique de l’enfant. Les raideurs en extension de hanche perturbent la station assise et entraînent une cyphose. Le flexum isolé est rarement gênant chez l’enfant qui ne marche pas mais doit être évalué avec l’ensemble du membre inférieur et de l’adaptation posturale du bassin et du rachis chez l’enfant déambulant. L’attitude vicieuse en adduction entrave la marche et prédispose à la dysplasie de hanche. Le déséquilibre musculaire en faveur des adducteurs, fléchisseurs et ischiojambiers internes entraîne une attitude vicieuse en adduction–flexion et rotation interne. L’hyperactivité de ces muscles conduit à des rétractions musculo-tendineuses et à une subluxation puis luxation de la tête fémorale. Le sens de la luxation, la topographie exacte de la dysplasie acétabulaire et l’anatomie de l’extrémité proximale du fémur doivent être évalués avec soin pour planifier des ostéotomies fémorale et pelvienne adaptées. La subluxation et la luxation chronique entraînent une incongruence articulaire et une arthrose douloureuse et enraidissante n’autorisant que des options chirurgicales de sauvetage : résection de l’extrémité proximale du fémur, arthroplastie totale de hanche… Dans l’obliquité infrapelvienne, les attitudes vicieuses des hanches (coup de vent) déplacent le bassin. Cette obliquité sera corrigée par des libérations de parties molles et par des ostéotomies réalignant les membres inférieurs par rapport au bassin. La démarche en rotation interne résulte d’une persistance anormale d’une antétorsion excessive des extrémités supérieures des fémurs parfois associée à une hyperactivité des muscles rotateurs internes. L’antétorsion fémorale excessive sera corrigée quand elle est associée à une subluxation ou dysplasie de hanche. L’indication chirurgicale est moins évidente en cas de bon centrage radiographique avec un cotyle normal. Infirmité motrice d'origine cérébrale -

 

M. Guillaumat

Mots clés : Hanche paralytique - Luxation - Arthrite - Ossification ectopique - Ostéotomie de Chiari - Prothèse totale de hanche

Pages 137 à 158

L’origine des atteintes neurologiques est multiple, créant des tableaux cliniques et des situations fonctionnelles très diverses. La hanche neurologique regroupe des atteintes neurologiques survenues pendant l’enfance et d’autres acquises à l’âge adulte. La hanche en croissance est très sensible au déséquilibre musculaire et, malgré les soins attentifs des orthopédistes pédiatres, abordera souvent l’âge adulte dans des conditions imparfaites qui continueront à se dégrader par la suite. La hanche adulte, normale au moment de l’accident neurologique, résiste mieux aux dysfonctionnements, mais est soumise aux contraintes imposées par le mode de vie particulier de l’handicapé, à la déminéralisation, à l’arthrose souvent précoce. et aussi à des pathologies spécifiques comme les luxations mécaniques, les para-ostéo-arthropathies neurogènes, l’arthrite septique. Que l’atteinte soit précoce ou plus tardive, la hanche du sujet neurologique est menacée par la paralysie, la spasticité, l’enraidissement en position vicieuse ou non, l’arthrose. La douleur est fréquente et a probablement été trop négligée, surtout chez des poly-handicapés incapables de l’exprimer. Enfin, la hanche ne peut pas être désolidarisée du reste du squelette avec son retentissement sur le rachis, le membre inférieur homo- ou controlatéral. Au total, les conséquences fonctionnelles de la détérioration de la hanche viennent aggraver souvent lourdement les conditions de vie déjà précaires. La chirurgie, à condition de rester très prudente dans ses indications, peut aider à minimiser les répercussions néfastes liées à la hanche. Les techniques chirurgicales classiques sont utilisables avec certaines adaptations dues au terrain. La chirurgie de la hanche ne doit pas seulement être discutée chez le handicapé «marchant», mais aussi dans certains cas, chez le patient vivant en fauteuil roulant et même chez le grabataire, dans le but de soulager la douleur, le confort de vie et de faciliter la charge de l’entourage. Après des années de grande réticence, en raison des risques réels de complications liées au terrain, des interventions intra-articulaires, comme le Chiari et la prothèse totale de hanche, sont capables d’apporter des résultats positifs et durables.

 

A. Deburge

Mots clés : Réintervention - Rachis lombaire dégénératif - Chirurgie

Pages 159 à 170

La chirurgie de reprise tient une place croissante dans l’activité du chirurgien du rachis. On sait pourtant que les résultats de cette chirurgie sont moins satisfaisants que ceux de la chirurgie initiale. Les indications doivent donc être mûrement réfléchies. Elles sont ici discutées en fonction du type de complication, de sa date de survenue et des symptômes qu’elle entraîne. Les complications neurologiques nécessitent souvent une réintervention sans attendre, voire en extrême urgence. En revanche, les autres types de complications laissent au chirurgien le temps de la réflexion, en tenant compte de l’évolution, à la fois des images et des symptômes, des conditions socioprofessionnelles du patient, et des chances d’amélioration par une nouvelle intervention. Toutes les complications, et tout particulièrement les pseudarthroses d’arthrodèse, ne nécessitent pas de réintervention. De meilleures indications devraient réduire le nombre des multiopérés du rachis, diminuant au passage le coût de cette chirurgie.

 

J.L. Jouve

Mots clés : Spondylolyse - Spondylolisthésis - Enfant

Pages 171 à 192

La spondylolyse et le spondylolisthésis lombosacré de l’enfant sont des anomalies fréquentes, asymptomatiques dans la majorité des cas. Les lésions se constituent après la naissance le plus souvent vers l’âge de 5 à 6 ans. Le glissement, lorsqu’il se produit se fait dans les années qui suivent la constitution de la lyse. Après l’âge de 20 ans, ce glissement devient négligeable. L’étiologie est multifactorielle. L’isthme semble être une région anatomique vers laquelle convergent toutes les contraintes issues du tronc et des membres inférieurs lors de la verticalisation. On peut considérer que tout facteur fragilisant l’isthme, qu’il soit d’origine constitutionnelle ou microtraumatique, contribue à la constitution de l’anomalie. Lorsqu’une forme devient symptomatique, le principal élément du bilan d’imagerie reste la radiographie standard. Parmi les nombreux critères d’évaluation, la mesure de la cyphose lombosacrée est l’élément le plus important afin d’établir les facteurs de gravité et de décider l’attitude thérapeutique. Les formes asymptomatiques ne justifient d’aucun traitement ni restriction d’activité. Les formes symptomatiques peu ou pas déplacées peuvent bénéficier, soit d’un traitement fonctionnel espérant obtenir un période d’indolence définitive à moyen terme, soit d’une tentative de consolidation de l’isthme au moyen d’un corset. En cas d’échec, un traitement chirurgical est licite. Lorsque le disque L5–S1 paraît normal à l’IRM, une reconstruction isthmique sans arthrodèse est réalisable avec de bonnes chances de succès. Lorsque le disque est lésé, une arthrodèse in situ sans décompression reste l’option la plus communément admise. Les formes très déplacées font l’objet de controverses. Les formes dites à sacrum horizontal, ne présentant pas de cyphose lombosacrée, sont relativement stables et souvent bien supportées. En cas de mauvaise tolérance, elles relèvent d’une arthrodèse in situ ou après réduction douce. Leur pronostic est bon. Les formes dites à sacrum vertical sont de prise en charge difficile et génératrices de complications. L’objectif est de réduire autant que possible la cyphose lombosacrée et obtenir une arthrodèse solide. Les techniques sont nombreuses. Les séries publiées sont réduites compte tenu de la rareté de ces formes. Lorsque persiste une cyphose lombosacrée, une arthrodèse circonférentielle paraît indispensable pour obtenir une fusion satisfaisante.

 

P. Hoffmeyer

Mots clés : Luxation acromio-claviculaire - Classification - Traitement

Pages 193 à 224

La luxation de l’articulation acromio-claviculaire est relativement rare, entre trois et quatre nouveaux cas pour 100 000 habitants par année, mais elle touche le plus souvent une population jeune et active. Sa prise en charge est longtemps restée discutée et malgré les quatre-vingt (et plus) techniques chirurgicales décrites, le traitement conservateur garde sa place. Ces dernières années, un consensus s’est dessiné autour de la classification de Rockwood qui a permis de démembrer précisément ces luxations en six types. Il devient alors clair que les luxations de types I, II et III de Rockwood doivent bénéficier, dans la règle, d’un traitement conservateur alors que les luxations de types IV, V et VI de Rockwood sont à opérer. Le traitement conservateur tend à se simplifier au profit de soutiens simples (écharpes) avec mobilisation rapide par rapport aux harnais théoriquement séduisants mais sources d’ennuis cutanés, d’inconfort et de difficultés de réglage. Les techniques chirurgicales, autant dans les situations aiguës que chroniques, se rallient autour d’un concept de fixation coraco-claviculaire avec une reconstruction solide de la chape et un renfort acromio-claviculaire. Les implants métalliques qui présentent un risque de migration et obligent à une réintervention pour ablation sont à éviter.

 

F. Chaise

Mots clés : Tendon fléchisseur - Mobilisation - Suture tendineuse

Pages 225 à 240

La chirurgie primaire des plaies des tendons fléchisseurs reste un domaine complexe, au mieux réalisée dans des unités spécialisées. Les données anatomiques essentielles à la réparation des tendons lésés sont rappelées les cinq zones topographiques qui conditionnent en partie le pronostic, les gaines synoviales et leur deux rôles d’appareil de glissement et de nutrition, enfin les poulies qui stabilisent les tendons au contact du squelette. La nutrition tendineuse sous la dépendance d’un apport direct vasculaire vinculaire et d’un effet de diffusion synoviale domine l’ensemble des processus de cicatrisation dont il faut distinguer deux aspects : la cicatrisation extrinsèque dont les effets sur le glissement tendineux sont pervers, et la cicatrisation intrinsèque favorisée par l’étanchéité de la gaine synoviale. Les techniques de réparation sont développées : les voies d’abord en zigzag doivent respecter les règles de la chirurgie de la main, l’ouverture du canal digital doit être conduite d’une façon atraumatique et orientée en fonction du type de plaie, la récupération tendineuse lorsqu’elle est nécessaire doit utiliser des artifices limitant au maximum le traumatisme des parois du canal digital. Les règles de réparation et d’anastomose varient d’un auteur à l’autre mais doivent conduire à une suture anatomique dont le glissement ne doit pas être perturbé. Les diverses sutures utilisables (laçage, point en cadre, boucle) ont chacune des avantages et sans doute des inconvénients. Elles doivent être complétées, pour la plupart des auteurs, par un surjet de fil très fin mis en place autour du tendon réparé en utilisant les procédés de grossissement optique. Chaque fois que possible la gaine synoviale doit être fermée pour améliorer la part de la cicatrisation intrinsèque et le glissement tendineux. Les lésions associées (osseuses, pédiculaires, ou cutanées) doivent aussi être réparées dans le même temps opératoire. Fait capital, le choix du protocole de rééducation postopératoire doit prendre en compte le mode de réparation chirurgicale. Les protocoles de mobilisation protégée ont détrôné les techniques d’immobilisation par la qualité de leur résultats. Ces méthodes ne sont pas exemptes de complications (rupture, diastasis intratendineux, flexum interphalangien), leur utilisation doit donc être réservée aux conditions locales favorables (peau parfaite, tendon vascularisé) et au patient qui en accepte et en comprend parfaitement les contraintes. Les méthodes d’analyse sont nombreuses, peu superposables et parfois complexes. La méthode de Strickland qui prend en compte la somme des mobilités des interphalangiennes distale et proximale diminuées des défauts d’extensions nous semble à la fois simple et peu empreinte d’erreur. Elle a notre préférence en pratique courante.

 

G. Herzberg

Mots clés : Poignet - Carpe - Scaphoïde - Fracture - Luxation - Ostéosynthèse

Pages 241 à 256

Les fractures du scaphoïde sont l’apanage des hommes jeunes. La discrétion des symptômes initiaux et leur rapide résolution sont à l’origine des diagnostics non faits. Il faut y ajouter les lectures erronées des radiographies initiales. L’imagerie de ces fractures est difficile, à cause de la forme tourmentée de l’os et des nombreuses superpositions. Les incidences spécifiques ont évolué, au profit de celles qui donnent la meilleure reproductibilité et qui évaluent l’équilibre du carpe. Scintigraphie et IRM aideront au diagnostic dans les cas douteux, tandis que les clichés sous traction seront très utiles dans les formes accompagnées d’une luxation. Une fracture non déplacée doit faire discuter un plâtre en premier lieu mais un siège proximal ou un terrain particulier – sportif ou professionnel – demanderont un vissage d’emblée, si possible percutané. Une fracture déplacée sans lésions ligamentaires demande une ostéosynthèse. On assiste actuellement à un recul de la vis de Herbert au profit d’autres types de vissages, et à la progression des vissages percutanés autorisée par l’amélioration des appareils de radiographie. Parallèlement, le contrôle arthroscopique d’une réduction est possible. Enfin, dans les fractures complexes ou comportant des lésions ligamentaires associées, seule la prise en compte précoce, dans la première semaine, de toutes les composantes du spectre lésionnel, est le garant d’un bon résultat. Celui-ci est cependant grevé des séquelles arthrosiques liées aux lésions cartilagineuses initiales.

 

P. Groulier

Mots clés : Récidive d'Hallux valgus - Hallux varus - Arthrodèse MP1 - Reconstruction arthrodèse du premier rayon

Page 257 à 274

Ce travail est fondé sur la révision de 136 dossiers de patients réopérés après l’échec du traitement d’un hallux valgus (HV) et sur l’étude conjointe de la littérature sur ce sujet. La récidive de la déformation varie de 2 à 60 % selon les auteurs, le terrain, le traitement initial et le recul. Elle est due à une imperfection ou à une mauvaise indication. Les récidives modérées ne sont pas d’emblée chirurgicales mais doivent être suivies. Les récidives sévères sont traitées par une arthrodèse de la première articulation métatarsophalangienne (MP) ou par une réaxation conservant la mobilité de la MP. Utilisées dans une proportion similaire de cas pour 71 récidives, la première nous a donné de meilleurs résultats (neuf fois sur dix) que la seconde (six fois sur dix). L’hallux varus est très mal toléré, il est dû au déséquilibre de la balance tendineuse de la MP relevant de gestes excessifs réalisés lors de la cure d’HV. Quand la déformation est souple, le valgus peut être restauré par un transfert tendineux ou, pour nous, par une greffe osseuse réparant la perte de substance due à une abusive exostosectomie. Si la MP est enraidie et (ou) arthrosique, l’arthrodèse est souhaitable : deux fois sur trois dans notre expérience (35 cas). Les complications propres à l’arthrodèse de la MP sont la non-fusion généralement très bien tolérée, les malpositions, la souffrance de l’interphalangienne (IP) le plus souvent seulement radiologique. Les métatarsalgies secondaires succèdent aux transferts de charge dus à l’insuffisance du premier rayon par recul ou relèvement de la tête qui font discuter respectivement l’accourcissement ou le relèvement des métatarsiens voisins. Les complications dégénératives après nécrose avasculaire de la première tête sont rares. L’hallux limitus peut relever d’ostéotomie d’accourcissement ou d’abaissement, l’hallux rigidus douloureux de l’arthrodèse de la MP ou plus rarement de chéilectomie. Les pertes de substance du premier rayon, complication rare mais majeure, succèdent à des résections arthroplastiques (avec ou sans prothèse) et nécessitent une arthrodèse combinée à une greffe corticospongieuse iliaque (huit fois sur 11 pour nous). Elle restitue une longueur fonctionnelle (pied carré) sans allonger le premier rayon. Hallux valgus complications du traitement -

 

P. Lascombes

Mots clés : Fracture - Enfant - Embrochage élastique

Pages 275 à 300

L’embrochage centromédullaire élastique stable est utilisé en traumatologie pédiatrique en France depuis environ 20 années. Deux groupes de fractures peuvent être ainsi traitées : des fractures diaphysaires et des fractures métaphysaires. Les fractures diaphysaires du fémur sont les seules étudiées ici car elles correspondent au principe même de l’embrochage élastique stable : deux broches élastiques cintrées en arc sécant se font face, elles ont un diamètre minimal égal à 0,4 × le diamètre endomédullaire de l’os embroché. Cintrées par le chirurgien lui-même, leur courbure est maximale en regard du foyer de fracture. La réduction est à foyer fermé, les broches sont introduites en région métaphysaire. Pour les fractures des deux os de l’avant-bras, chaque os est embroché. L’insuffisance de diamètre des implants, l’asymétrie du montage et le croisement des broches au niveau de la fracture sont les erreurs techniques à éviter. Quant aux fractures métaphysaires telles que les fractures du col huméral, supracondyliennes du coude et du col radial, elles bénéficient des mêmes principes thérapeutiques généraux avec pour différence le fait que la stabilité est simplement dévolue à la position des broches poussées en région épiphysaire. Les complications les plus fréquentes sont les phénomènes d’irritation sous-cutanés des broches à leur extrémité qui peuvent faire préférer l’usage de capuchons de protection ou de broches arrondies de longueur prédéfinie. Les autres complications sont l’ostéomyélite diaphysaire retardée (0,2 %), la pseudarthrose observée uniquement au niveau du tibia (1 à 3 %), les cals vicieux liés à des difficultés techniques (5 %). La stimulation de croissance des fractures du fémur est d’environ 1 cm avant l’âge de dix ans. Les indications de l’embrochage centromédullaire élastique stable diaphysaire sont les fractures suivantes : le fémur entre l’âge de 5–6 ans et 14 ans, la limite supérieure étant liée au poids de l’enfant et à la fermeture de la physe du grand trochanter ; l’avant-bras, l’humérus et la jambe lorsque les fractures sont particulièrement instables et inaccessibles au traitement orthopédique chez l’adolescent, les fractures ouvertes de types Cauchoix 1 et 2 ; les fractures dans le cadre de polytraumatismes et de traumatismes multiples ; des indications particulières telles que l’ostéogenèse imparfaite avec petit diamètre osseux nécessitant un embrochage mixte coulissant, les fractures sur os porotique dans les maladies neuromusculaires où les implants sont laissés en place, et la prévention des fractures sur kystes osseux. L’embrochage centromédullaire élastique stable est une méthode chirurgicale d’ostéosynthèse peu agressive, élégante et reproductible, ayant une place majeure dans l’arsenal thérapeutique de la traumatologie pédiatrique. Tout chirurgien doit parfaitement en maîtriser la technique afin d’obtenir les excellents résultats qu’il permet.

 

P.J. Meunier

Mots clés : Bophosphonates - Ostéoporose - Maladie de Paget - Dysplasie fibreuse

Pages 301 à 312

L’ostéoporose, la maladie osseuse de Paget et la dysplasie fibreuse des os sont des pathologies caractérisées par des anomalies du remodelage osseux systémiques ou focales, mais ayant toutes en commun une augmentation de la résorption ostéoclastique et un hyperremodelage. Elles justifient toutes l’utilisation de thérapeutiques anti-ostéoclastiques parmi lesquelles les bisphosphonates de nouvelle génération, puissants inhibiteurs de la résorption ostéoclastique, ont une toute première place depuis qu’ils ont démontré, grâce à des études randomisées et contrôlées, leurs bénéfices cliniques. Ainsi, l’alendronate et le risédronate ont démontré leur capacité de réduire le risque fracturaire vertébral et extravertébral dans l’ostéoporose postménopausique déjà fracturaire ou diagnostiquée avant la première fracture par l’abaissement de la densité minérale osseuse. Des résultats similaires ont été obtenus dans l’ostéoporose cortisonique. Il est donc nécessaire que le chirurgien orthopédiste, lorsqu’il prend en charge une fracture survenue après un traumatisme mineur (fracture de Pouteau-Colles, fracture vertébrale ou de l’extrémité supérieure du fémur après chute banale), dirige le malade vers une équipe médicale qui, après ostéodensitométrie et examens biologiques, mettra en œuvre un traitement préventif des fractures ultérieures fondé sur les bisphosphonates et un réajustement de la ration calcique et du statut vitaminique D. Au cours de la maladie osseuse de Paget, les bisphosphonates ont également démontré des effets favorables en induisant une diminution des douleurs, un comblement des zones ostéolytiques, un arrêt de la progression de la maladie, et une reconstitution d’un os histologiquement normal. Les produits les mieux validés sont le tiludronate, le risédronate administrés par voie orale en cures de deux mois, ainsi que le pamidronate intraveineux, en cure de 180 mg répartie sur trois jours. Ils représentent une préparation importante préalable à toute chirurgie orthopédique non urgente chez le pagétique. Dans la dysplasie fibreuse des os, les bisphosphonates diminuent les douleurs, permettent un comblement partiel des foyers ostéolytiques et un épaississement des corticales. Ces résultats ont été obtenus avec des cures semestrielles de pamidronate intraveineux. Les bisphosphonates représentent un progrès majeur dans les thérapeutiques à visée osseuse.

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