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Conférences et enseignements

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Chirurgie orthopédique assistée par ordinateur

  Coordinateur(s) :Philippe Merloz

Sommaire :


Pages 1- 10

Concepts de base pour la chirurgie orthopédique assistée par ordinateur

 P. Merloz C. Huberson     

Les systèmes d’imagerie médicale numérique et les techniques informatiques qui sont actuellement développés pour planifier et réaliser certains actes opératoires procurent au chirurgien orthopédiste une panoplie d’outils performants qui sont capables d’améliorer la précision du geste opératoire, sa fiabilité et le résultat clinique, en même temps d’ailleurs que de permettre une réduction du coût des soins et de la durée de l’hospitalisation. Les principaux systèmes de chirurgie assistée par ordinateur sont constitués des quatre sous-ensembles suivants : un procédé de recueil et d’enregistrement des informations numériques spécifiques à chaque patient : images préopératoires (TDM, IRM, radios conventionnelles), images peropératoires (fluoroscopie, ultrasons), position et orientation peropératoire d’outils ou de segments osseux à l’aide de localisateurs tridimensionnels ; un procédé de fusion de données permettant de mettre en correspondance des images préopératoires (TDM, IRM, radiographies) avec des données peropératoires (repères anatomiques ou surfaces osseuses numérisés en phase peropératoire par palpation ; contours osseux extraits par segmentation d’images ultrasonores peropératoires). Dans le cas où seules des images peropératoires sont utilisées pour la navigation chirurgicale assistée par ordinateur (comme c’est le cas par exemple avec les systèmes de fluoroscopie virtuelle), le calibrage du système d’imagerie peropératoire se substitue au procédé de fusion de données, qui n’est plus alors nécessaire ; un système d’aide à la décision permettant de planifier le geste opératoire à partir d’informations multimodales : positionnement interactif d’outils ou de segments osseux dans les images pré- ou peropératoires, affichage d’éléments prévisionnels de navigation (direction, axe, orientation, longueur et diamètre d’un instrument) ; un système d’aide à la réalisation du geste opératoire, permettant de réaliser la stratégie optimale définie en préopératoire : le système est passif lorsqu’il fournit des informations sur la position des outils chirurgicaux ou de segments osseux dans les images ainsi que d’autres informations utiles (angles, longueur et diamètre d’un instrument…) ; il est semi-actif lorsqu’il permet de positionner des guides de coupe ou de forage ; il est actif lorsqu’il s’agit d’un robot qui effectue une tâche précise, autonome et déterminée à l’avance. Dans le futur, on peut envisager que les systèmes de chirurgie assistée par ordinateur permettent aux chirurgiens d’évaluer la fiabilité et la précision des différentes techniques opératoires, première étape de l’optimisation des thérapeutiques.

Pages 11- 18

Les robots en chirurgie orthopédique

 J. Troccaz      

Dans le domaine de la chirurgie assistée par ordinateur, la réalisation du geste est assistée par l’utilisation de systèmes de guidage. Ceux-ci sont de natures diverses, allant du système de navigation permettant de surveiller la qualité du geste réalisé au système robotisé autorisant une certaine automatisation de celui-ci. L’idée de l’utilisation de robots pour prolonger la main du chirurgien est vieille de près de 20 ans. Paradoxalement, parmi les très nombreux projets de recherche dans ce domaine, peu de systèmes robotisés virent le jour sur un plan industriel et donnèrent lieu à un réel usage clinique à grande échelle. La concurrence de systèmes plus simples tels que les systèmes de navigation, tout à fait pertinents pour de nombreuses applications cliniques en fut probablement l’une des causes. Il y en a très probablement de nombreuses autres, que nous essayerons de dégager tout au long de ce chapitre. Nous décrirons tout d’abord les différents types de systèmes de guidage de gestes et listerons les applications propres à révéler une valeur ajoutée clinique du robot. Puis nous présenterons des projets innovants de robotique chirurgicale et tenterons de définir quelques conditions technologiques et cliniques de succès de la robotique chirurgicale.

Pages 19- 27

Chirurgie de la hanche : positionnement du cotyle assisté par ordinateur dans les prothèses de hanche

 F. Picard A. Digioia B. Jaramaz    

Les progrès dans le domaine de l’informatique ont donné naissance à une nouvelle technologie appelée chirurgie assistée par ordinateur. L’os est un support stable et aisé à explorer, qui est adapté à ce nouveau mode d’assistance qu’est la navigation chirurgicale. Malgré le succès incontestable de la chirurgie de la prothèse de hanche, il persiste bien encore des incertitudes concernant par exemple le positionnement des implants ou les conflits osseux ou prothétiques. Plusieurs équipes dans le monde s’intéressent à cette technologie et l’ont appliquée à cette chirurgie afin de déterminer ses capacités à résoudre certains de ces problèmes. Un travail de collaboration entre la Carnegie Mellon University et l’hôpital universitaire de Pittsburgh débuté au début des années 1990 sous la direction du professeur DiGioia a permis la création du premier système de navigation pour la mise en place des prothèses totales de hanche. Après de nombreux cycles de validation, ce système a pu être utilisé régulièrement en bloc opératoire. Nous avons rapporté dans cet article trois études qui permettent d’éclairer les possibilités de cette technologie dans le cadre du placement des cupules acétabulaires. Un système de navigation (HipNav®) a pu être utilisé successivement comme instrument de mesure, comme instrument de navigation et enfin comme instrument de chirurgie mini-invasive. Tous les patients incorporés dans les cohortes de ces études ont été opérés pour coxarthrose et ont bénéficié d’une tomodensitométrie du bassin et du fémur. Les implants cotyloïdiens ont été impactés (press-fit) et les implants fémoraux étaient non cimentés. Toutes les prothèses totales de hanche ont été opérées par un abord postéro-externe, en décubitus latéral. La première étude portait sur un groupe de 78 patients. Le système de navigation a mesuré la position finale des cupules placées de façon traditionnelle. La deuxième étude portait sur 150 patients. Le système de navigation a permis de planifier avant l’intervention la position idéale de la cupule grâce à un simulateur. Ce simulateur a utilisé les images tomodensitométriques du patient. Puis ce même système a permis au chirurgien d’orienter la cupule pendant l’intervention grâce à des interfaces graphiques. La troisième étude portait sur 68 patients également repartis en deux groupes de 34 opérés à l’aide de la navigation et qui ne différaient que par la taille de l’abord chirurgical : 11,7 cm ± 2,9 pour le groupe de chirurgie mini-invasive et 20,2 cm ± 2,7 pour le groupe de chirurgie traditionnelle. Étude I : 75 % des cupules ont été mesurées comme étant en dehors de la zone de sécurité définie par Lewinneck. Étude II : toutes les cupules ont été placées à moins de 5  en moyenne de la position calculée et planifiée en préopératoire. Étude III : on a mis en évidence une différence statistiquement significative sur le score HHS (Harris Hip Score) à 3 et 6 mois de l’intervention, ainsi qu’un niveau de saignement postopératoire plus faible chez les patients ayant bénéficié d’un abord de hanche moins extensif. Ce type de système donne pour la première fois l’opportunité de mesurer pendant l’intervention ce que fait le chirurgien et procure des bases qui nous permettent de relier résultats anatomiques et résultats cliniques beaucoup plus précisément que par le passé. Ces expériences ont clairement montré que la chirurgie traditionnelle utilisant les instruments habituels avait ses limites et que la navigation pouvait être considérée comme une technologie efficace pour améliorer les repères anatomiques et l’alignement des cupules. Enfin, il semble bien que ces systèmes puissent favoriser la chirurgie mini-invasive. Plusieurs cycles d’analyses sont encore nécessaires, comme dans tous les développements de nouvelles techniques, mais il apparaît que la chirurgie assistée par ordinateur a d’ores et déjà une place importante dans l’arsenal de la chirurgie orthopédique.

Pages 28- 37

Utilisation du robot pour la mise en place des prothèses totales de hanche de première intention

 F. Aubart      

Les interfaces nouvelles entre l’ordinateur, la machine et l’homme transforment profondément la pratique chirurgicale. Par la place donnée à l’imagerie, par l’importance de la planification préopératoire et par le développement de la chirurgie articulaire prothétique, la chirurgie orthopédique constitue un champ privilégié pour la chirurgie assistée par la robotique. La mise en place de prothèses totales de hanche, notamment chez les patients les plus jeunes, les plus actifs et les plus lourds, pose des problèmes encore non résolus. L’utilisation des prothèses sans ciment est encore grevée par les difficultés et les imperfections liées à la préparation manuelle du lit osseux de l’implant. Développés depuis 1986, les robots actifs permettent notamment d’assister l’implantation de prothèse de la hanche de première intention. Le système comporte une station d’ordinateur dédié qui permet au chirurgien, sur la base d’images numériques recueillies par scanner spiralé, de planifier la mise en place virtuelle de l’implant. Le robot, installé en salle d’opération, réalisera automatiquement le fraisage du lit de l’implant fémoral. Le chirurgien dispose, sur un moniteur et par l’intermédiaire d’une télécommande, des moyens de contrôle et de maîtrise de chacun des temps d’intervention du robot. Les expériences cliniques déjà disponibles permettent de confirmer la fiabilité et la sécurité de la procédure. Le développement d’un système ne nécessitant pas de vis repère préopératoire simplifie la procédure pour le patient et pour l’opérateur. Malgré le coût global de l’investissement, et compte tenu de l’expérience clinique déjà acquise, cette technologie mérite de voir définie une politique d’installation au sein des plateaux techniques consacrés à la chirurgie prothétique articulaire.

Pages 38- 41

Surgétique du ligament croisé antérieur : introduction

 R. Julliard S. Plaweski P. Merloz B. Moyen R. Nizard J.P. Perrier

Une rupture du ligament croisé antérieur (LCA) opérée doit idéalement bénéficier d’une reconstruction par une greffe tendineuse implantée de façon aussi anatomique et isométrique que possible, et sans conflit avec l’échancrure. Les imperfections actuelles de positionnement de nombre de tunnels expliquent la relative fréquence des échecs de cette chirurgie : le placement correct des tunnels reste en 2002 une difficulté clé et un objectif prioritaire. Pour l’atteindre, un certain nombre d’auteurs portent leurs recherches du côté de la chirurgie assistée par ordinateur, de la surgétique, laquelle comprend la robotique et la navigation. La robotique à disposition pour la chirurgie du LCA fait partie de la robotique dite «active» : le robot fait une partie de l’acte chirurgical ; ici il fore les tunnels, et ce, selon une programmation effectuée par le chirurgien en préopératoire sur la base d’une imagerie spécifique, habituellement un scanner. La robotique sera exposée par J.P. Perrier. Dans la navigation, pour forer ses tunnels, le chirurgien utilise des outils guidés dans l’espace d’intervention par l’ordinateur, et ce, en se basant soit sur une imagerie préopératoire, notamment scanner, que traitera R. Nizard, soit sur un imagerie peropératoire, fluoroscopique, qui sera présentée par I. Benareau, R. Testa et B. Moyen, soit sur la simple acquisition de données anatomiques peropératoires : c’est le principe de la navigation sans imagerie que développeront R. Julliard, S. Plaweski et P. Cinquin.

Pages 42- 46

Chirurgie assistée par ordinateur du ligament croisé antérieur basée sur une imagerie préopératoire

 R.S. Nizard P. Bizot     

La précision de la technique chirurgicale est une des conditions essentielles d’un résultat anatomique et fonctionnel satisfaisant lors du remplacement du ligament croisé antérieur. Parmi les facteurs techniques fondamentaux, il faut citer la position des tunnels fémoral et tibial et leur corollaire, l’isométrie du transplant. Les techniques conventionnelles ne permettent pas dans tous les cas d’assurer ces impératifs, du fait de l’imprécision des systèmes ancillaires mécaniques, de l’insuffisance de l’évaluation de la position des tunnels par les radiographies standard et de la difficulté à évaluer l’isométrie lors de l’intervention. La chirurgie assistée par ordinateur basée sur une imagerie préopératoire permet d’atteindre ces objectifs. Après la réalisation d’une reconstruction en trois dimensions du genou à partir d’un scanner, l’intervention débute par un recalage entre l’image reconstruite et la réalité. Dès lors, il est possible de placer virtuellement les zones d’insertion du transplant, puis d’observer son isométrie lors de mouvements passifs du genou. Si ce placement convient, il est alors possible à l’aide d’instruments suivis en temps réel de réaliser les tunnels nécessaires à l’insertion du transplant. Il reste indispensable, malgré les avantages théoriques exposés, d’évaluer la pertinence clinique de tels systèmes en prenant en compte le résultat anatomique, le résultat clinique et les indiscutables inconvénients, comme le coût et le temps nécessaire à la reconstruction et à la technique chirurgicale ainsi modifiée.

Pages 47- 57

Navigation sans imagerie (Nasalca)

 R. Julliard S. Plaweski P. Cinquin    

La navigation sans imagerie du ligament croisé antérieur (Nasalca) repose sur l’utilisation d’une station surgétique capable de traiter sans avoir besoin de la moindre imagerie pré- ou peropératoire les données fournies par des capteurs optiques judicieusement positionnés sur les os et certains outils. N’entraînant aucune irradiation complémentaire du patient, techniquement simples et précises, capables à elles seules de procurer au chirurgien toutes les informations dont il peut avoir besoin, peu encombrantes, relativement peu onéreuses, les Nasalca en cours de développement ont comme objectif premier de permettre un positionnement idéal du transplant. Deux grands concepts de Nasalca existent aujourd’hui selon qu’ils recherchent pour le transplant un positionnement anatomique «statistique» pouvant permettre une reconstruction à deux faisceaux ou un positionnement «personnalisé» au plan isométrique, mieux, au plan «anatomométrique». Une Nasalca appropriée est en effet capable : d’inscrire l’orifice articulaire du tunnel tibial dans la projection de l’arche antérieure de l’échancrure sur la surface tibiale ; de dessiner sur l’échancrure, en temps réel, pour le centre de cet orifice articulaire tibial, la carte d’isométrie fémorale et la carte de laxité correspondante ; d’indiquer sur l’échancrure fémorale, dans l’aire anatomique d’insertion du ligament originel, le point qui sera, en termes d’isométrie et de conflit, le centre idéal de l’orifice articulaire du tunnel fémoral ; de tracer la courbe d’isométrie d’une fibre donnée, qu’il s’agisse de la fibre centrale «théorique» ou de n’importe quelle fibre identifiée en peropératoire ; de tracer la courbe de laxité correspondante ; de détecter et de  faire traiter tout conflit transplant-échancrure. Aujourd’hui les Nasalca ont dépassé le simple stade expérimental : elles en sont au stade de lancement. De ce fait, elles ont encore besoin de mises au point et elles n’ont pas encore pu être évaluées largement au plan clinique. En conséquence, elles ne peuvent à ce jour être légitimement considérées comme absolument indispensables à la chirurgie du croisé antérieur. Malgré ces réserves, elles ont à l’évidence un grand avenir : leur mise à disposition dans les mois qui viennent devrait faire apprécier leurs possibilités et les rendre nécessaires à terme, car elles représentent une véritable révolution technologique dont nos opérés seront les grands bénéficiaires.

Pages 58- 64

Reconstruction du ligament croisé antérieur assistée par ordinateur : technique utilisant la fluoroscopie

 I. Benareau R. Testa B. Moyen    

De nombreuses études montrent que les résultats de la reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA) sont influencés par le positionnement du transplant. Nous avons fait le choix d’un positionnement anatomique du transplant. Dans le but d’optimiser ce positionnement, nous avons développé un système de navigation avec imagerie peropératoire utilisant la fluoroscopie. Une étude anatomoradiologique portant sur 19 genoux cadavériques nous permet de définir de façon précise le positionnement fémoral et tibial de l’insertion du LCA. La ligne de Blumensaat représente la base d’un triangle, nous plaçons la hauteur à 32 ± 4,4 % de sa limite postérieure, le centre de l’insertion fémorale du LCA se trouve sur cette hauteur à 30 ± 2,5 % de cette base. Cette technique de positionnement n’est pas influencée par l’incidence radiologique (profil strict, rotation externe ou interne du genou). Le positionnement fémoral sera guidé par la technique dite du triangle, et le positionnement tibial sera guidé par le souci d’éviter tout conflit avec l’échancrure intercondylienne en extension maximale. Ces données sont incorporées dans un logiciel de positionnement. Au bloc opératoire, nous utilisons un amplificateur de brillance qui permet d’exporter l’image du genou de profil vers notre ordinateur. Cette image est traitée à l’aide de notre logiciel de position-nement ; si les repères fémoral et tibial sont corrects, les tunnels sont percés ; dans le cas contraire, ils sont repositionnés et une nouvelle image radioscopique est prise. Quinze patients ont été opérés à l’aide de cette technique ; le résultat du positionnement a été évalué sur les radiographies postopératoires. Nous avons comparé ces résultats à ceux de 15 patients après appariement selon l’âge et le sexe. L’écart moyen entre le centre du transplant et le centre du LCA est en moyenne de 7,7 ± 1,9 mm avec la technique standard contre 5,1 ± 1,3 mm en utilisant l’ordinateur. Cette différence est statistiquement significative (p = 0,001). L’analyse statistique adaptée (test W de Wilcoxon) met donc en évidence une précision et une reproductibilité améliorées dans le groupe opéré avec la technique de navigation. Les inconvénients de cette technique sont au nombre de deux : l’allongement de la durée opératoire (en moyenne de 15 ± 7 min) et l’irradiation. Mais cette technique est simple, facile d’utilisation et présente un prix de revient faible.

Pages 65- 73

Robotisation de la chirurgie du LCA

 J.P. Perrier      

L’expérience a montré que le positionnement idéal d’un transplant lors d’une ligamentoplastie du LCA n’était pas si facile. Les échecs sont fréquents, et dus principalement au mauvais positionnement de la greffe. Pour cette raison, la chirurgie assistée par ordinateur est d’un grand intérêt. Pendant plusieurs mois nous avons utilisé le système Caspar® avant d’opter pour un autre robot. La technique de ligamentoplastie avec le système Caspar® est décrite avec précision et une analyse de la littérature est réalisée. Le nombre de cas réalisés est trop faible pour être analysé statistiquement ; cependant, dans la littérature comme dans notre expérience, aucun malpositionnement n’a été noté et tous les genoux opérés sont cliniquement stables, sans signe de conflit en extension. Les avantages de la robotique sont la précision du fraisage des tunnels, sa fiabilité et sa reproductibilité à partir d’une planification déterminée. Les inconvénients sont le coût élevé du système, la nécessité de mettre des vis repères avant la ligamentoplastie, l’augmentation du temps opératoire et la réali-sation d’un scanner. Sur le plan clinique, aucun système n’a jusqu’à présent fait la preuve de sa supériorité, mais toutes les études ont montré que le positionnement des greffes était meilleur qu’en chirurgie conventionnelle. Le meilleur système sera celui qui conciliera la plus grande facilité d’utilisation pour le meilleur résultat possible, au meilleur prix possible dans notre contexte actuel de politique de santé.

Pages 74- 77

Surgétique du LCA : conclusions

 R. Julliard S. Plaweski P. Merloz B. Moyen R. Nizard J.P. Perrier

La surgétique du ligament croisé antérieur est une discipline émergente, qui devrait littéralement «exploser» dans les toutes prochaines années. Grâce à elle, le chirurgien pourra entre autres, demain, dire non à l’ancillaire «unique», et par là même affiner sa technique, voire personnaliser le positionnement des tunnels. Mais aujourd’hui, ces outils informatiques n’en sont encore qu’à leur débuts. Aussi, même s’ils sont très prometteurs, avant de les considérer comme indispensables à cette chirurgie et de les faire rentrer de manière généralisée dans la pratique courante, devront-ils être évalués de manière très critique. De plus, la surgétique ne pourra à terme véritablement supplanter les procédés et ancillaires conventionnels que si les chirurgiens sont très exigeants dans les temps opératoires que la surgétique ne peut contrôler et ne contrôlera jamais. L’ordinateur ne peut en effet faire que ce pourquoi il est fait : il ne remplacera jamais le chirurgien, qui seul restera le maître des indications, des tactiques, des techniques, et des procédés opératoires. L’ordinateur n’est donc pas et ne sera jamais à lui seul suffisant. Si aujourd’hui les différentes composantes de la surgétique - la robotique et la navigation - font cavalier seul, on peut imaginer que demain, utilisant la synthèse des immenses possibilités de la chirurgie assistée par ordinateur, le chirurgien fasse forer ses tunnels de manière très précise par un microrobot asservi à un système de navigation capable de prendre en compte tous les paramètres anatomiques et cinématiques. La surgétique est à l’évidence promise à un fabuleux destin !

Pages 78- 89

Chirurgie assistée par ordinateur de la prothèse totale de genou basée sur une imagerie préopératoire

 R.S. Nizard P. Bizot et le groupe GÉPAR     

La majeure partie des échecs de prothèse totale de genou est due à des erreurs techniques initiales. Ces erreurs sont des défauts d’axe dans le plan frontal, sagittal ou horizontal, ainsi que l’impossibilité d’assurer un équilibre ligamentaire en flexion et en extension. La chirurgie assistée par ordinateur peut aider à contrôler ces paramètres. L’utilisation préopératoire d’une imagerie permet une évaluation de l’ensemble de l’anatomie du membre inférieur du patient avec ses particularités. Cette méthode de chirurgie assistée par ordinateur nécessite un temps de reconstruction à partir d’un scanner. Pendant l’intervention, le recalage (réalisé par le repérage de sept à huit points déterminés pendant la phase de reconstruction) permet l’adéquation entre l’image et la réalité. Après ces différentes étapes, il est possible de réaliser, et surtout de contrôler, l’ensemble des coupes dans les trois plans, frontal, sagittal, horizontal, ainsi que d’avoir une évaluation grossière de l’équilibre ligamentaire. Les premiers résultats de cette technique sont très encourageants ; il est toutefois nécessaire d’en réaliser une évaluation rigoureuse avant une large diffusion.

Pages 90- 97

Mise en place des prothèses totales du genou assistée par ordinateur sans imagerie préopératoire : le modèle cinématique

 D. Saragaglia F. Picard     

L’histoire de la mise en place des prothèses totales du genou assistée par ordinateur sans guidage par un scanner préopératoire a débuté à Grenoble en 1993. Il s’agit d’un système basé sur l’acquisition cinématique des centres de la hanche, du genou et de la cheville, de manière à obtenir en peropératoire l’axe mécanique du membre inférieur. Grâce à des guides de coupe équipés de marqueurs (rigid bodies) et grâce à un localisateur spatial, l’ordinateur va aider le chirurgien à positionner les guides de coupe perpendiculairement à l’axe mécanique idéal du membre inférieur. Il s’agit aujourd’hui d’une technique validée, qui permet dans plus de 95 % des cas une implantation idéale de la prothèse. Ce système peut être appliqué au réglage de la balance ligamentaire et il permet d’intégrer une notion telle que la gonométrie dynamique, qui était inconnue et impossible à quantifier auparavant.

Pages 98- 105

Pose de prothèse unicompartimentale de genou assistée par ordinateur : quel système choisir ? Pour quelle chirurgie ? Avec quelles contraintes ?

 J.Y. Jenny C. Boeri     

La qualité d’implantation d’une prothèse unicompartimentale de genou (PUG) est un facteur pronostique reconnu pour sa survie à long terme. L’implantation assistée par ordinateur permet une amélioration de la qualité technique de pose des prothèses totales de genou, et on peut ainsi supposer que les mêmes systèmes, après adaptation, permettront les mêmes progrès pour l’implantation des PUG. Le système utilisé est fondé sur une analyse cinématique peropératoire des mouvements respectifs du bassin, du fémur, du tibia et du pied, sans imagerie préopératoire. Le logiciel développé spécifiquement calcule le centre de rotation de ces mouvements, et par conséquent les axes mécaniques frontal et sagittal du fémur et du tibia. L’orientation des guides de coupe dans les trois plans de l’espace est contrôlée par le système. Les résections osseuses sont réalisées de façon traditionnelle à la scie oscillante. La reproductibilité et la validité du système a été prouvée pour l’implantation des prothèses totales de genou. Le système adapté à la pose des PUG est techniquement très superposable. Le groupe des 30 premiers cas (groupe A) a servi à comparer la qualité radiographique de l’implantation sur des télémétries de face et de profil avec un groupe témoin de 30 prothèses unicompartimentales de même type implantées avec une instrumentation traditionnelle (groupe B), sélectionné dans une série consécutive de 250 cas après appariement selon l’âge, le sexe, l’importance des lésions arthrosiques et l’angle fémoro-tibial mécanique frontal. Les données suivantes ont été mesurées : angle mécanique frontal fémorotibial, orientation frontale et sagittale de la pièce fémorale, orientation frontale et sagittale de la pièce tibiale, hauteur verticale de l’interligne. L’angle fémorotibial mécanique était dans les limites souhaitées chez 26 patients du groupe A et 20 patients du groupe B ; 18 patients du groupe A et 4 patients du groupe B avaient une implantation optimale pour tous les critères étudiés (p < 0,001). Aucune complication liée au système n’a été rencontrée. L’instrumentation informatisée sans imagerie utilisée est plus fiable et plus reproductible que les instrumentations traditionnelles pour l’implantation d’une prothèse unicompartimentale du genou. La survie de prothèses ainsi implantées pourrait être améliorée.

Pages 106- 109

Ostéotomies autour du genou assistées par ordinateur sans guidage par scanner préopératoire

 D. Saragaglia C. Chaussard     

Les ostéotomies autour du genou, varisation fémorale ou valgisation tibiale, sont des interventions difficiles car elles nécessitent une correction très précise pour d’une part assurer l’indolence, et d’autre part éviter les hypercorrections excessives, sources de problèmes fonctionnels, esthétiques et de plus en plus médicolégaux. Forts de notre expérience de la mise en place des prothèses totales du genou assistée par ordinateur, nous avons appliqué la navigation informatisée aux ostéotomies afin d’améliorer la précision du geste, et par conséquent la qualité des résultats. Cette technique a été validée sur 21 cas (19 ostéo-tomies tibiales de valgisation, 1 ostéotomie fémorale de varisation et une double ostéotomie fémorale et tibiale de valgisation). L’objectif préopératoire a été atteint dans 95,25 % des cas, soit une précision tout à fait remarquable de cette technique particulièrement innovante.

Pages 110- 121

Systèmes passifs sans imagerie préopératoire pour la pose des prothèses totales du genou. Utilisation peropératoire des modèles statistiques déformables

 E. Stindel J.L. Briard     

Le monde est par essence tridimensionnel. Comment comprendre alors que la chirurgie orthopédique puisse échapper à cette loi ? Par quel subterfuge l’appareil locomoteur ne fonctionnerait-il que dans un seul plan ? Force est de constater qu’une intervention chirurgicale n’est que la réalisation d’une action tridimensionnelle (pose d’un implant par exemple), au sein d’un espace à trois dimensions (le bloc opératoire), sur un objet tridimensionnel (le patient). Depuis la fin des années 1980, le développement des méthodes d’imagerie nous permet d’appréhender ces trois dimensions pour le diagnostic des affections ostéo-articulaires. Aujourd’hui, le développement de l’informatique et de la robotique nous permet d’intégrer cette dimension dans la phase thérapeutique de la prise en charge. Nous présentons ici une démarche méthodologique dédiée à la réalisation d’arthroplasties totales de genou en l’absence d’imagerie préopératoire, sur la base de modèles statistiques déformables. La première étape consistera à construire un modèle numérique spécifique du patient sur lequel s’appuiera la planification. Ce modèle sera double, à la fois géométrique (axe mécanique) et morphologique (forme des épiphyses tibiale et fémorale). La constitution d’un tel modèle reposera sur l’optimisation des fonctionnalités offertes par les localisateurs 3D. Après un rappel sur les bases technologiques utilisées, nous verrons comment les localisateurs permettent de répondre au double challenge géométrique et morphologique. Pour chaque étape, des travaux de validation ont été mis en place, permettant d’appréhender la précision des systèmes commercialisés. Nous présenterons des éléments d’évaluation technique montrant clairement que l’approche présentée répond tout à fait, en termes de précision, aux exigences cliniques requises lors de la pose d’une prothèse de genou. Au terme de cette présentation méthodologique, nous montrerons comment cette nouvelle approche enrichit la phase de planification de très nombreuses informations tridimensionnelles, et comment ces informations sont à même de modifier notre pratique chirurgicale. L’esprit de ce travail n’est pas celui d’un cours de technique opératoire, chacun d’entre nous connaissant et maîtrisant la pose des prothèses totales de genou. Mais nous avons voulu donner les bases techniques nécessaires à chacun d’entre nous pour faire face à l’évolution, probablement irréversible, de notre pratique future.

Pages 122- 126

Reconstruction individuelle du genou par prothèse unicompartimentale construite au moyen de données tomodensitométriques et prototypage rapide

 C. Schuster      

Un nouveau logiciel basé sur des données tomodensitométriques permettant une reconstruction individuelle unicompartimentale a été développé dans le but de réaliser une reconstruction anatomique sur mesure du compartiment interne du genou et de restaurer la cinématique physiologique propre à chaque genou. Ce système permet également de fournir deux outils légèrement différents pour l’implantation. Des prothèses unicompartimentales sur mesure et leurs patrons d’implantation correspondants ont été produits avec cette méthode et testés sur dix pièces cadavériques de genou afin de contrôler la précision de la reconstruction et l’alignement de la prothèse. Les implants ont pu être mis en place rapidement et facilement, ils ont montré une excellente qualité de press-fit et ont reproduit la morphologie initiale saine de l’articulation. Le mouvement du genou prothésé reproduisait toutes les caractéristiques du mouvement physiologique. De plus, la prothèse de genou obtenue par cette méthode permettait une résection osseuse individuelle et minimale, optimisait la congruence et les zones de contact de l’os avec l’implant et réduisait les difficultés chirurgicales d’alignement. Ce système semble performant pour restaurer la cinématique individuelle physiologique de l’articulation. Il semble également possible d’utiliser ce système à terme pour les arthroplasties totales de genou.

Pages 127- 131

Utilisation du robot pour la mise en place des prothèses totales du genou de première intention

 F. Aubart G. Alexandre     

Les deux systèmes d’assistance robotique actifs utilisés et commercialisés depuis 1994 pour implanter des tiges fémorales de prothèses totales de hanche ont été adaptés à la chirurgie prothétique du genou. Depuis deux ans, des logiciels de préplanning et des adaptations de la machine en salle d’opération ont rendu possible la modélisation des coupes osseuses et leur réalisation automatisée. Le bénéfice attendu porte sur la qualité des résections osseuses permettant le meilleur positionnement tridimensionnel des implants et sur les conditions biomécaniques optimales, concernant notamment l’appareil extenseur. Le système ne permet cependant pas actuellement d’intégrer la problématique du réglage de l’équilibre ligamentaire, ni la préparation de la rotule. La contrainte de la mise en place de vis repères préalablement à l’intervention devrait disparaître avec la mise en place d’un système de modèle surfacique dit pin less.

Pages 132- 142

Navigation chirurgicale passive à base tomodensitométrique au niveau du rachis : principes de base

 D. Cordonnier J.F. Desrousseaux     

La navigation chirurgicale passive à base tomodensitométrique a été utilisée au début au niveau du rachis, où elle trouve encore ses meilleures indications. C’est grâce à la vision tridimensionnelle peropératoire qu’elle procure qu’elle permet d’augmenter considérablement la précision des gestes chirurgicaux, notamment lors des visées pédiculaires. La technique de base est décrite : elle nécessite une acquisition de données préopératoires sur un mode précis et spécifique (scanner tridimensionnel). Ce temps est suivi en peropératoire d’une mise en correspondance des données recueillies avant l’intervention, avec l’anatomie réelle du patient. Cela permet ensuite la réalisation des gestes chirurgicaux proprement dits, guidés par l’informatique. Les auteurs décrivent la technique proprement dite et le matériel nécessaire, qui comprend un ordinateur et son logiciel spécifique, un localisateur optique tridimensionnel muni de caméras infrarouges et des outils de travail qui émettent leurs signaux infrarouges par l’intermédiaire de diodes électroluminescentes. Les auteurs décrivent ensuite la technique en présence de situations pathologiques particulières : spondylolisthésis isthmique, canal lombaire rétréci, scolioses idiopathiques dégénératives, reprises opératoires. Enfin, une étude des temps opératoires, des coûts et du transport éventuel du matériel est envisagée.

Pages 143- 149

Chirurgie du rachis et vissage pédiculaire : navigation à base TDM versus fluoronavigation virtuelle

 P. Merloz      

De 1999 à 2001, 235 vis pédiculaires ont été mises en place de T4 à L5. Le système de navigation passif à base TDM a été utilisé chez 67 patients (177 vis pédiculaires), et le système de navigation fluoroscopique a été utilisé chez 24 patients (58 vis pédiculaires). Sur les 67 patients opérés avec le système à base TDM (177 vis pédiculaires), on relève un taux de 6,2 % (11/177) de vis incorrectement placées, avec une pénétration corticale égale ou supérieure à 2 mm. Avec le système basé sur la navigation fluoroscopique (24 patients ; 58 vis pédiculaires), on relève 14 % de vis mal placées (8/58), avec une pénétration corticale égale ou supérieure à 2 mm. Avec la navigation à base TDM, on peut supprimer en grande partie l’utilisation de la radiographie peropératoire. L’intervention est légèrement plus longue que le geste classique, en raison de l’utilisation d’un recalage entre les images pré- et peropératoires. Le système de navigation à base TDM fournit dans tous les cas des informations tridimensionnelles extrêmement précieuses, notamment dans les cas de scolioses. Avec le système de navigation par fluoroscopie, il n’est pas nécessaire de disposer d’une imagerie spécifique préopératoire. Deux ou trois radiographies peropératoires suffisent, et ce fait contribue à diminuer l’irradiation générale peropératoire lors des gestes de visée pédiculaire. En revanche, le système ne fournit aucune donnée tridimensionnelle, les vues opératoires restant strictement en deux dimensions.

Pages 150- 155

Chirurgie percutanée par recalage 3D échographie-TDM Application clinique au vissage sacro-iliaque

 J. Tonetti L. Carrat V. Daanen J. Troccaz   

Cette étude rapporte les premiers résultats cliniques du vissage ilio-sacré percutané assisté par ordinateur.

La technique utilisée nécessite une reconnaissance échographique de la surface postérieure de l’os sacré et la mise en correspondance d’un modèle tomodensitométrique et d’un modèle échographique de l’os. Quatre patients ont été instrumentés et 10 vis ont été implantées. Le suivi comportait la durée de l’opération, les paramètres de l’irradiation, le status neurologique pré- et postopératoire, la position de la vis sur un scanner de contrôle. La durée de l’irradiation était de 0,35 min par patient. Aucun trajet extraosseux, aucun déficit neurologique iatrogène n’a été relevé. La durée moyenne de l’intervention était de 50 min.

Cette technique est plus précise et moins irradiante que les techniques fluoroscopiques ou de fluoronavigation. La reconnaissance échographique de l’os sacré permet de réaliser une procédure entièrement percutanée.

Pages 156- 167

Enclouage centromédullaire des fractures du fémur guidé par images et assisté par ordinateur

 L. Joskowicz E. Hazan     

Cet article passe en revue l’état de l’art de la chirurgie assistée par ordinateur (CAO) des fractures du fémur traitées par enclouage centromédullaire à foyer fermé. L’enclouage centromédullaire à foyer fermé avec amplificateur de brillance est le traitement préféré actuellement pour la réduction des fractures fémorales. Cependant, plusieurs images fluoroscopiques sont nécessaires, en particulier pour le verrouillage distal, accumulant l’exposition du chirurgien aux rayons X et obtenant des résultats imprécis dus aux erreurs de positionnement. Au cours des cinq dernières années, plusieurs systèmes CAO ont été développés pour assister le chirurgien dans cette tâche : deux systèmes commerciaux, FluoroNav® (Medtronic Sofamor Danek) et Surgigate® (Medvision AG), et trois prototypes de recherche : le système bernois (université de Berne, Suisse), FRACAS® (université hébraïque de Jéru-salem, Israël) et CAOS® (université de Hull, Royaume-Uni). Nous énonçons les objectifs, bénéfices potentiels, et indications des systèmes basés sur CAO pour l’enclouage centromédullaire, et décrivons brièvement les principes qui les soutiennent. Ensuite nous comparons les différents systèmes, passons en revue l’expérience clinique à ce jour, et concluons avec une discussion des perspectives pour l’emploi clinique de routine et les développements à venir.

Pages 168- 173

Navigation fluoroscopique : application spécifique aux os longs. Enclouage centromédullaire antérograde du fémur

 D.M. Kahler      

Le but de toute technologie chirurgicale mini-invasive est de diminuer la morbidité du geste vis-à-vis du patient. L’enclouage centromédullaire à foyer fermé des fractures de la diaphyse fémorale est devenu un soin courant depuis maintenant plus de deux décennies. Le patient est exposé à un rayonnement X pendant toute la durée de l’enclouage en rapport avec une demande plus ou moins importante d’images fluoroscopiques. De nouveaux développements en termes de navigation chirurgicale ont rendu possible la réalisation de l’enclouage centromédullaire du fémur à l’aide de seulement six images fluoroscopiques. Les trois étapes essentielles de l’enclouage centromédullaire du fémur ont été réalisées cliniquement en utilisant la navigation virtuelle fluoroscopique. Les auteurs espèrent que cette technique permettra de diminuer l’exposition aux rayons X vis-à-vis du patient et du chirurgien et de réduire le temps opératoire.

Pages 174- 182

Utilisation des systèmes de navigation à base fluoroscopique et à base TDM pour le traitement des fractures de l’anneau pelvien, du cotyle et des disjonctions sacro-iliaques

 D.M. Kahler      

La chirurgie orthopédique assistée par ordinateur utilise de véritables banques d’images médicales numériques pour optimiser le guidage des outils chirurgicaux pendant certaines interventions (navigation chirurgicale). Deux technologies de base utilisent soit des images numériques tridimensionnelles obtenues à partir d’examens tomodensitométriques, soit des images fluoroscopiques multiples acquises en peropératoire (fluoroscopie virtuelle). Ces technologies ont grandement facilité la précision des vissages percutanés dans les traumatismes du bassin. Dans certains cas, les fractures qui sont traditionnellement opérées avec de larges abords peuvent désormais être traitées dans de bonnes conditions avec une réduction à foyer fermé et une ostéosynthèse effectuée par voie percutanée. La nécessité d’une navigation chirurgicale conduit à développer des outils très performants dans le but de diminuer le caractère invasif et l’exposition aux rayons X dans de nombreux domaines chirurgicaux, et en particulier pour les traumatismes de la ceinture pelvienne.

Pages 183- 191

Systèmes overview : applications et avenir

 A. Tanguy B. Peuchot     

Un système «overview» est un outil de visualisation d’images utilisable pour l’assistance à la chirurgie. La fusion des informations visuelles par superposition des images sur le site opératoire lui-même fait entrer la réalité augmentée dans l’arsenal thérapeutique. La rigidité des structures osseuses concernées par l’orthopédie se prête particulièrement bien à la nécessaire acquisition préopératoire de leur géométrie. La précision de la concordance des modèles à la morphologie peropératoire du patient est fondamentale. Le suivi peropératoire des éléments de l’environ-nement chirurgical (constituants osseux du site opératoire, outils chirurgicaux, implants) est assuré par différentes techniques de mesure sans contact par utilisation de détecteurs magnétiques ou par observation vidéo de marqueurs actifs ou passifs. Différents outils d’assistance visuelle hors champ permettent de guider le chirurgien dans son acte. Leur avantage est la simplicité et le partage de l’information entre plusieurs observateurs. Les systèmes «overview», quant à eux, donnent l’information dans le champ, sous la forme d’images virtuelles, tout en permettant une perception en continu de la réalité chirurgicale. Nous présentons les dispositifs de suivi peropé-ratoire, de synthèse et d’affichage des images enrichissant les informations nécessaires au chirurgien et nous détaillons plus particulièrement le principe et les techniques d’affichage mis en œuvre dans la conception des systèmes «overview». Des exemples de systèmes légers et autoportés sont comparés. Les seconds s’avèrent en pratique plus puissants et moins contraignants. Les conditions de perception spatiale et d’immersion temporelle sont ensuite discutées. L’intérêt des systèmes «overview» est de permettre la visualisation des structures cachées, et particulièrement l’environnement des zones anatomiques à risque. Cette spécificité permet d’optimiser les techniques chirurgicales classiques, de gagner en sécurité, voire d’envisager de nouvelles interventions jusque-là trop risquées. Bien que ces systèmes, du fait de leur caractère récent, n’aient pas encore permis l’émergence de techniques opératoires véritablement innovantes, les perspectives d’avenir sont largement ouvertes.

Pages 192- 208

Modélisation et chirurgie assistée par ordinateur

 J. Troccaz V. Luboz M. Chabanas M. Fleute Y. Payan L. Desbat

L’information médicale doit être perçue, partagée, enrichie et utilisée, pour être transformée en action coordonnée de santé individuelle ou publique. L’activité de modélisation est au cœur même de ce processus. Ce qui est vrai au niveau macroscopique l’est également dans de nombreux sous-domaines des technologies de l’ingénierie de l’information médicale. Nous présentons dans ce chapitre la place de plus en plus cruciale de la notion de modèle dans le domaine particulier des gestes médicochirurgicaux assistés par ordinateur. Après un aperçu général des besoins en termes de modélisation, nous nous focaliserons sur deux exemples de modèles - statistiques et biomécaniques - et verrons quelques-unes de leurs applications cliniques en cours de développement au laboratoire TIMC, en partenariat avec le CHU de Grenoble et le CHU de Toulouse (hôpital Purpan).

Pages 209- 221

Informatique et modélisation statique et dynamique du rachis

 W. Skalli F. Lavaste     

Dans la dernière décennie, les modélisations du rachis ont permis d’apporter un nouveau regard sur les pathologies rachidiennes, et conduisent à des outils d’examen clinique pour l’aide au diagnostic, pour l’analyse des effets d’un traitement, pour la compréhension des phénomènes, et pour la planification d’un traitement orthopédique ou chirurgical. L’objectif de cette publication est de passer en revue les moyens d’analyse dont disposent les cliniciens grâce aux dernières recherches en modélisation, en situant les principes de base et en précisant la portée de leur utilisation clinique. Sont évoqués d’abord les aspects liés à la modélisation géométrique : l’analyse posturale 2D à partir de clichés grands axes de profil donne accès à l’analyse de l’équilibre postural, à partir de la configuration du bassin et de la ligne moyenne du rachis. La modélisation géométrique tridimensionnelle, par les méthodes de stéréoradiographie, est aujourd’hui suffisamment précise pour une utilisation en clinique. L’apport de la modélisation mécanique est ensuite souligné, en particulier pour la conception d’implants et pour la simulation du geste chirurgical. La modélisation musculaire est également essentielle dans l’analyse des pathologies rachidiennes. La démarche générale de modélisation musculaire est présentée, ainsi que l’intérêt potentiel de ce type de modélisation. Les aspects liés à l’analyse quantifiée du mouvement sont ensuite abordés. Les méthodes informatiques de traitement d’image permettent la détermination semi-automatique des angulations vertébrales et des centres moyens de rotation à partir des clichés dynamiques de flexion/extension. Quant à l’analyse externe non invasive par les systèmes d’analyse de mouvements, elle constitue aujourd’hui un moyen efficace pour le suivi clinique de patients traités chirurgicalement. Ainsi l’informatique a permis le développement de logiciels d’assistance clinique et chirurgicale, permettant une observation quantifiée du patient (radiographies, postures, mouvements), prenant en compte l’aspect tridimensionnel, mais aussi, à travers la modélisation géométrique et mécanique, une meilleure compréhension des phénomènes, et progressivement, la prédic-tion des effets d’un traitement orthopédique ou chirurgical du rachis.

Pages 222- 231

Études 3D statiques et dynamiques en pré- et postopératoire chez les malades porteurs d’une arthrodèse vertébrale étendue pour scoliose idiopathique

 J. Dubousset R. Zeller L. Miladi I. Ghanem A. Ployon C. Lecire-Lilloni

La correction chirurgicale des déformations rachidiennes scoliotiques exige jusqu’à présent la réalisation d’une arthrodèse étendue avec instrumentation. Les limites de cette arthrodèse, de même que l’utilisation des instrumentations devenues de plus en plus performantes, n’obéissent actuellement qu’à des recommandations déterminées de manière purement empirique. L’analyse des résultats se base seulement sur les examens cliniques et radiographiques, simplement statiques, fussent-ils de face et de profil du malade, avant et après l’intervention. Le développement du système Vicon 370® (Oxford Metrics) a permis d’étudier les malades dans les trois dimensions de l’espace, aussi bien en statique qu’en dynamique au cours des mouvements de flexion/extension, inclinaisons latérales, rotations. Trente malades avant et après l’intervention, ainsi qu’un groupe témoin de 15 sujets non scoliotiques ont été étudiés. Cela a permis de quantifier des éléments jusque là non mesurables, tant en statique qu’en dynamique, non seulement de la zone arthrodésée et instrumentée, mais aussi des territoires sus- et sous-jacents. Les principaux résultats ont démontré : la variabilité individuelle très importante, aussi bien des sujets du groupe témoin que de ceux du groupe scoliotique ; l’importance du rôle du bassin et des épaules dans l’accomplissement de la posture et de la mobilité, où chacun de ces paramètres peut être quantifié ; l’enraidissement global important postopératoire en général, mais d’une grande variabilité de localisation d’un sujet à l’autre, en particulier selon l’étendue de l’arthrodèse, qui n’est pas un facteur suffisant de prédictibilité ; la nécessité de faire une étude bien personnalisée pour chaque malade, d’où la mise en doute et la difficulté de tout travail de statistique sur les affections de la colonne vertébrale et leur traitement qui ne tient pas compte du facteur individuel ; la nécessité enfin de poursuivre et d’affiner ces mesures en y incluant les forces de pression plantaire, les volumes, les indices de flexibilité, etc., si l’on veut essayer un jour d’obtenir une véritable simulation préopératoire de l’acte chirurgical avec son corollaire, la nécessité du contrôle 3D peropératoire.

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