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Conférences et enseignements

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Lésions traumatiques des nerfs périphériques. De la réparation nerveuse directe aux interventions palliatives

(JY Alnot, M. Chammas) Collection : Cahiers d'enseignement de la Sofcot - Marque : Elsevier

Sommaire :

  • Anatomie chirurgicale et microchirurgicale du nerf périphérique N. Masson, G. Herzberg

  • Lésions nerveuses périphériques : classifications, étiologies et principe de prise en charge M. Chammas, B. Coulet, M.N.. Thaury ,

  • Dégénérescence et régénération des nerfs périphériques et des effecteurs musculaires et sensitifs B. Coulet, M. Chammas, P.A.. Daussin, C. Lazerges, F. Lacombe, M. César

  • La microchirurgie : pourquoi et comment l’enseigner ? A.C. Masquelet  ,

  • Différentes possibilités thérapeutiques : suture directe, greffe nerveuse, neurolyse J.Y. Alnot  ,

  • Lésions du nerf axillaire isolées ou associées au nerf scapulaire supérieur ou musculocutané C. Bonnard  ,

  • Lésions du nerf spinal accessoire (nerf accessorius) J.Y. Alnot  ,

  • Lésions proximales des nerfs médian et ulnaire M. Chammas, C. Lazerges, B. Coulet, F. Lacombe

  • Plaie tendinonerveuse à la face antérieure du poignet E. Masmejean, P. Liverneaux

  • Lésion du tronc du nerf radial au bras E. Masmejean, B. Bauer, J.Y. Alnot ,

  • Lésions traumatiques de la branche postérieure du nerf radial P. Bellemère  ,

     

    Anatomie chirurgicale et microchirurgicale du nerf périphérique

    N. Masson, G. Herzberg 

    Une bonne connaissance de l’anatomie microscopique et macroscopique du nerf périphérique est nécessaire lorsqu’on est amené à traiter une lésion traumatique nerveuse récente ou ancienne. La fibre nerveuse est l’unité élémentaire du nerf périphérique. L’unité chirurgicale identifiable sous microscope est le fascicule. Ce dernier est composé d’un regroupement de fibres nerveuses entourées d’un tissu conjonctif de soutien. La topographie intraneurale est complexe, variable non seulement d’un sujet à l’autre, mais aussi d’un membre à l’autre d’un même sujet. Ainsi, la réparation nerveuse microchirurgicale doit tenir compte de la cartographie de chaque nerf périphérique. La vascularisation du nerf périphérique doit également être préservée. Le nerf périphérique possède des propriétés mécaniques dont il faut avoir notion pour comprendre ses lésions traumatiques et leur réparation. Enfin, les voies d’abord des nerfs périphériques sont nombreuses et doivent être parfaitement connues pour que le chirurgien puisse se concentrer sur la réparation de ces structures hautement différenciées.

    P. 1 à 14

     

     

    Lésions nerveuses périphériques : classifications, étiologies et principe de prise en charge

    M. Chammas, B. Coulet, M.N.. Thaury ,

    Mécanisme et classifications des lésions nerveuses périphériques post-traumatiques sont détaillés pour faciliter leur prise en charge en urgence et dans les cas plus anciens. Les principes généraux des indications chirurgicales sont donnés tenant compte du terrain du patient, du degré de récupération éventuel et de sa cohérence, de l’environnement tissulaire et du pronostic fonctionnel du membre.

    P. 15 à 23

     

     

    Dégénérescence et régénération des nerfs périphériques et des effecteurs musculaires et sensitifs

    B. Coulet, M. Chammas, P.A.. Daussin, C. Lazerges, F. Lacombe, M. César

    Malgré des progrès significatifs en chirurgie, les techniques de réparation nerveuse ont peu évolué depuis les principes établis par Sir Sidney Sunderland lors de la Seconde Guerre mondiale. Pour maîtriser les techniques de sutures et bien suivre la récupération fonctionnelle du nerf, il est essentiel de connaître la physiopathologie de sa régénération. Après une lésion, l’extrémité distale du nerf subit la dégénérescence wallerienne, mais le traumatisme a des conséquences sur sa partie proximale. La régénération axonale est guidée par le tissu de soutien qui l’entoure, essentiellement les cellules de Schawnn avec lesquelles entretient des interactions complexes. Une fois le contact avec l’effecteur établi, des mécanismes de compensation, musculaires pour la fonction motrice, cérébraux au niveau sensitif, se mettent en place afin d’optimiser la récupération fonctionnelle. Cet article précise les phénomènes de régénération nerveuse, mais aussi les mécanismes moins classiques de compensation musculaire ayant pour but d’en accroître les performances.

    P. 24 à 37

     

     

    La microchirurgie : pourquoi et comment l’enseigner ?

    A.C. Masquelet  ,

    La microchirurgie est une technique au service des spécialités chirurgicales. Son apprentissage requiert un investissement important qui permet en outre d’acquérir une maîtrise globale de la dissection tissulaire. L’entraînement aux techniques microchirurgicales justifie un encadrement institutionnel.

    P. 38 à 44

     

     

    Différentes possibilités thérapeutiques : suture directe, greffe nerveuse, neurolyse

    J.Y. Alnot  ,

    Les différentes possibilités de réparation nerveuse dépendent étroitement des connaissances que l’on a de l’anatomie chirurgicale du nerf périphérique, et cela inclut les structures conjonctives et l’organisation en groupes fasciculaires, la cartographie de Sunderland, selon que la lésion se situe à un niveau proximal ou distal par rapport aux effecteurs sensitif et moteur, et enfin des procédés techniques découlant de la microchirurgie. Les indications ont une importance capitale avec le traitement de toutes les lésions associées cutanée, tendineuse, osseuse et vasculaire, dont va dépendre la trophicité locale et locorégionale. La réparation nerveuse sera ensuite une suture primitive s’il s’agit d’une lésion nerveuse franche, nette, sans perte de substance, selon la technique préconisée par Bourrel de suture épipérineurale. Si la suture primaire directe n’est pas justifiée du fait d’une contusion ou d’une perte de substance nerveuse, il faut dès le stade de l’urgence programmer l’avenir avec une réparation secondaire (suture secondaire ou greffe nerveuse) dans un délai de 4 à 6 semaines. Enfin, la chirurgie nerveuse n’a pour but que d’obtenir une régénération et doit donc être appréciée en fonction des résultats cliniques et de la récupération sensitive et motrice.

    P. 45 à 54

     

     

    Lésions du nerf axillaire isolées ou associées au nerf scapulaire supérieur ou musculocutané

    C. Bonnard  ,

    La lésion du nerf axillaire est une complication fréquente des traumatismes de l’épaule. Elle passe souvent inaperçue. En règle générale, elle récupère spontanément, sauf dans les traumatismes à haute énergie. Le but de l’article est de clarifier l’indication à un traitement chirurgical (greffe nerveuse), qui devrait se faire dans un délai posttraumatique ne dépassant pas six mois. Une série de 177 patients opérés d’une lésion du nerf axillaire est présentée, avec un suivi adéquat chez 152 patients. L’analyse est faite en fonction de la récupération de la force du deltoïde et de la fonction de l’épaule.

    P. 55 à 64

     

     

    Lésions du nerf spinal accessoire (nerf accessorius)

    J.Y. Alnot  ,

    Les paralysies du muscle trapèze par lésion du nerf spinal accessoire ou branche externe du nerf spinal se voient essentiellement après une chirurgie dite bénigne au niveau de la région cervicale et, dans la majorité des cas, sont secondaires à l’exérèse d’un ganglion cervical ou d’une petite tumeur bénigne. La symptomatologie clinique, essentiellement douleurs et sensation d’épaule lourde, est immédiate et doit attirer l’attention. Ce n’est qu’un mois ou deux après que le tableau devient typique avec l’épaule tombante, l’atrophie du trapèze, le décollement de l’omoplate et le défaut d’abduction au-delà de 90°. Il importe de faire le diagnostic de cette lésion le plus rapidement possible, car les résultats apparaissent d’autant meilleurs que la réparation nerveuse est réalisée plus précocement et les résultats des greffes nerveuses donnent de bons résultats dans toutes les séries publiées. Il apparaît donc essentiel d’attirer l’attention sur cette lésion, qui certes peut bénéficier d’une réparation secondaire par greffe nerveuse, mais qui doit surtout être évitée lors de tout abord chirurgical du triangle sus-claviculaire.

    P. 65 à 69

     

     

    Lésions proximales des nerfs médian et ulnaire

    M. Chammas, C. Lazerges, B. Coulet, F. Lacombe

    Les lésions proximales des nerfs médian et ulnaire, plus rares que les lésions à l’avant-bras ou au poignet, sont fréquemment associées dans le cadre d'un traumatisme complexe du membre. La réparation par suture directe, lorsqu’elle est possible, est le traitement de choix de ces lésions proximales loin des effecteurs afin de minimiser la perte axonale et de diminuer le délai de réinnervation. Raccourcissement limité du squelette en cas de fracture, transposition antérieure du nerf ulnaire peuvent aider à la coaptation directe des extrémités nerveuses. En cas de perte de substance étendue, de contusion des extrémités nerveuses, de traumatisme pluritissulaire grave, il est souhaitable de repérer sur place les extrémités nerveuses pour éviter une rétraction qui augmenterait la perte de substance nerveuse et de faire une réparation secondaire. Le délai de la réparation nerveuse secondaire doit être le plus court possible. Il dépend du délai de cicatrisation des lésions des parties molles associées. La place de chirurgie palliative est discutée.

    P. 70 à 77

     

     

    Plaie tendinonerveuse à la face antérieure du poignet

    E. Masmejean, P. Liverneaux 

    Les plaies tendinonerveuses de la face antérieure du poignet sont fréquentes et constituent une part importante d’incapacité, notamment chez les travailleurs manuels. Leur prise en charge passe par une réparation systématique et rigoureuse de tous les éléments dans un centre spécialisé, selon une chronologie précise : tendons, nerfs et enfin vaisseaux. Si le pronostic des lésions tendineuses est globalement satisfaisant, le résultat final est essentiellement dépendant de la réparation nerveuse microchirurgicale, et une suture nerveuse directe en urgence devra être réalisée chaque fois que les conditions locales le permettent. Il faut distinguer : les plaies antérolatérales, avec lésion du nerf médian, les plus fréquentes, dont le résultat dépend de la récupération sensitive des trois premiers doigts ; les plaies antéromédiales, avec lésion du nerf ulnaire, dont le résultat dépend de la récupération musculaire intrinsèque ; les hémisections antérieures, dont le résultat dépend à la fois de la récupération sensitive et de la récupération musculaire intrinsèque. Globalement, les résultats de ces lésions graves sont bons, non seulement grâce à l’amélioration des techniques microchirurgicales, mais aussi grâce à la proximité des effecteurs par rapport aux lésions nerveuses.

    P. 78 à 92

     

     

    Lésion du tronc du nerf radial au bras

    E. Masmejean, B. Bauer, J.Y. Alnot ,

    L’atteinte du tronc du nerf radial au bras est une lésion relativement fréquente en traumatologie. Elle peut survenir dans trois contextes différents : la plaie du bras avec atteinte du nerf radial, le traumatisme complexe du bras associant souvent une fracture ouverte et des lésions vasculonerveuses, et enfin et surtout après fracture de l’humérus. En cas de plaie du nerf, la réparation nerveuse répond aux règles habituelles de la prise en charge d’une plaie d’un tronc nerveux, avec suture primaire si possible en urgence, greffe nerveuse dans les cas secondaires. En cas de fracas ouvert du bras, le principe repose sur l’ostéosynthèse de l’humérus, qui peut être accourcissante, permettant autant que faire se peut de faire des sutures directes des éléments vasculonerveux, notamment de l’artère radiale. Enfin, l’atteinte du nerf est observée dans environ 15 % des fractures de l’humérus. En cas de paralysie radiale après fracture de l’humérus, la récupération spontanée est observée dans 70 à près de 90 % des cas suivant les séries. L’existence d’une paralysie ne doit pas modifier l’attitude vis-à-vis de la fracture. S’il existe une indication d’ostéosynthèse du fait notamment d’un déplacement significatif, l’opérateur doit rester libre de choisir une ostéosynthèse à ciel ouvert ou un système centromédullaire ; mais l’exploration du nerf doit être faite dans ce même temps opératoire. Si le nerf est interrompu, le nerf doit être suturé si possible, sinon, une greffe nerveuse sera réalisée à distance. Si le nerf est continu, il doit être évalué par la palpation et la stimulation. La possibilité d’une lésion postopératoire iatrogène doit également être connue. Dans les suites, la récupération doit être évaluée sur la clinique, elle commence par le brachioradial. L’électromyogramme doit être prescrit à partir de la sixième ou huitième semaine, en l’absence de tout signe clinique de récupération. Après deux ou trois mois, après disparition des phénomènes inflammatoires, la greffe nerveuse peut être envisagée. Elle se fait dans la gouttière bicipitale latérale an cas de rupture distale, en extra-anatomique, entre biceps brachial et brachialis en cas de rupture plus proximale.

    P. 93 à 102

     

     

    Lésions traumatiques de la branche postérieure du nerf radial

    P. Bellemère  ,

    L’anatomie de la branche profonde ou branche postérieure du nerf radial, communément appelée nerf interosseux postérieur, l’expose aussi bien aux traumatismes antérieurs que postéro-externes du coude et du tiers proximal de l’avant-bras. La lésion nerveuse peut survenir au cours de traumatismes fermés ou le plus souvent de traumatismes ouverts. Une origine iatrogène est par ailleurs fréquente, soulignant la vulnérabilité de ce nerf dans les voies d’abord chirurgical du coude et de l’avant bras. Le diagnostic de la lésion est clinique devant une paralysie d’extension des doigts et du pouce sans trouble sensitifs associés. Sur le plan thérapeutique, cette branche nerveuse essentiellement motrice, située à proximité des effecteurs musculaires, répond très bien à la chirurgie nerveuse dans des délais relativement courts. La prévention des lésions iatrogènes repose avant tout sur une bonne connaissance de l’anatomie de cette branche nerveuse.

    P. 103 à 112

     

     

    La réparation des plaies des nerfs collatéraux palmaires des doigts

    F. Chaise  ,

    L’utilisation des méthodes microchirurgicales a modifié, en les améliorant, les résultats des réparations nerveuses. La chirurgie est moins traumatisante, les gestes appliqués sont spécifiques à chaque type de lésions : plaie franche, perte de substance, contusion. La notion de réparation en urgence a aussi participé à l’amélioration de ces résultats, les reconstructions secondaires aboutissant à des résultats de qualité inférieure à ceux obtenus par les réparations réalisées en urgence. Il convient d’insister encore sur la règle d’exploration systématique et soigneuse des plaies de la main survenant sur le trajet d’un ou de plusieurs pédicules. Dans le même temps opératoire, les lésions associées seront réparées qu’il s’agissent de lésions artérielles, tendineuses, ostéoarticulaires ou cutanées et cela pour limiter au maximum le temps d’interruption des activités. Dans les cas les plus difficiles, lorsque les méthodes de suture ne sont pas applicables, de nombreuses méthodes d’interposition sont devenues possibles : greffon nerveux, veine, muscle, tube synthétique ou neurotisation qui permettront une réinervation sensitive distale. S’il existe des facteurs de pronostic sur lesquels l’opérateur ne peut agir (âge du patient, type de plaie, lésions associées…), la qualité de la technique opératoire et la pertinence de gestes utilisés permettront le retour à une fonction digitale correcte dans la plupart des cas.

    P. 113 à 125

     

     

    Les lésions traumatiques du nerf sciatique

    R. Bleton  ,

    Les tableaux cliniques d’atteinte sciatique et leur traitement diffèrent selon le siège et l’origine de l’atteinte. À la cuisse, les lésions du nerf sciatique succèdent à une plaie, ou plus rarement à un étirement par une fracture du fémur, voire à une lésion balistique qui combine les deux phénomènes. Les réparations primaires par suture microchirurgicale des plaies franches donnent chez les sujets jeunes des bons résultats. Les lésions par rupture prises en charge secondairement ont un pronostic réservé du fait de l’importance de la perte de substance nerveuse et du délai de la réparation. Les résultats sont modestes, mais permettent de retrouver une certaine sensibilité, gage de prévention des troubles trophiques sur un membre inférieur paralytique. Les modalités pratiques susceptibles d’améliorer les résultats relèvent de centres très spécialisés. Les résultats des sutures, face aux réparations secondaires par greffes, justifient donc l’exploration de toute plaie pénétrante sur un trajet nerveux. Au niveau du genou, seul le nerf péronier est habituellement lésé. L’atteinte est gênante mais non invalidante, accessible à un traitement palliatif qui donne des résultats rapides et constants. La suture directe microchirurgicale des plaies donne souvent d’excellents résultats et sera toujours privilégiée. En cas de paralysies persistantes au-delà de trois mois, notamment dans le cas des entorses graves du genou, le pronostic et les indications sont dépendants des lésions anatomiques. Les lésions continues bénéficieront d’une neurolyse qui donne de bons résultats. Les pertes de substances nerveuses de moins de six cm, traitées par greffe peuvent espérer 75 % de bon résultat, mais au-delà le pronostic chute. Celles-ci relèvent alors d’un transfert palliatif d’emblée en raison de la très faible probabilité de résultat positif

    P. 126 à 137

     

     

    Nerfs sensitifs à ne pas réparer en secondaire

    J.Y. Alnot  ,

    La décision de réparation ou non d’un nerf sensitif lésé doit prendre en compte plusieurs facteurs que sont la trophicité locale et l’importance du retentissement fonctionnel. Ne pas réparer une lésion nerveuse vue en secondaire doit faire partie de l’arsenal thérapeutique, et un certain nombre de nerfs sensitifs entrent dans ce cadre, qu’il s’agisse de nerfs utilisés dans les autogreffes ou de nerfs sensitifs non utilisés comme greffon. Cette attitude ne doit pas faire oublier la prévention de ces problèmes par le respect de certains principes lors de la chirurgie initiale.

    P. 138 à 143

     

     

    Syndrome douloureux par névrome post-traumatique

    F. Marin Braun  ,

    La survenue d’un syndrome douloureux par névrome post-traumatique est fréquente et parfois désastreuse sur le plan fonctionnel. Pour traiter ce problème, le chirurgien se doit de connaître les bases neurophysiologiques qui permettent de comprendre pourquoi une même lésion peut guérir rapidement sans douleur ou aboutir à des douleurs invalidantes rebelles à tout traitement. Nous insisterons tout particulièrement sur la prévention, car si toute section nerveuse aboutit à la formation d’un névrome, la plupart ne deviennent pas douloureux grâce à quelques règles simples de chirurgie d’urgence suivies de manœuvres de désensibilisation. En revanche, si des douleurs par excès de nociception se compliquent de douleurs neuropathiques, il est indispensable d’avoir recours à l’avis d’un centre spécialisé dans l’évaluation et le traitement de la douleur avant toute indication chirurgicale. La chirurgie est rarement indiquée seule et il est illusoire de vouloir proposer une technique universelle pour tous les névromes douloureux. En pratique c’est surtout le nerf et son importance fonctionnelle qui importe. Les gros troncs comme le nerf médian et le nerf ulnaire sont fonctionnellement indispensables et doivent être réparés. Pour les petits nerfs fonctionnellement accessoires, la réparation n’est pas impérative et le traitement de la douleur prime. Certains territoires sensitifs sont primordiaux et peuvent justifier les lambeaux les plus sophistiqués allant jusqu’au transfert libre à partir d’un orteil.

    P. 144 à 156

     

     

    Perspectives et voies de recherche dans le traitement des lésions nerveuses périphériques

    M. Chammas, B. Coulet, F. Lacombe, C. Lazergues, F. Bacou, J.P. Micallef

    Malgré les progrès actuels, essentiellement liés à l’amélioration des indications chirurgicales, des techniques opératoires utilisées et des techniques de rééducation, de nombreux facteurs limitants persistent expliquant les résultats fonctionnels le plus souvent incomplets après réparation nerveuse périphérique chez l’adulte : insuffisance de la régénération axonale, manque de spécificité par erreur d’orientation de la régénération axonale, perte cellulaire proximale, perte axonale au site de la réparation nerveuse, dégénérescence des plaques motrices, involution des effecteurs musculaires et sensitifs suite à la dénervation prolongée, perturbations des zones de commande au niveau du système nerveux central, importance de certains syndromes douloureux post-dénervation. Les voies de recherche pour améliorer les résultats des réparations nerveuses périphériques sont abordées.

    P. 157 à 161

     

     

    Principes généraux des transferts musculotendineux

    C. Fontaine, G. Wavreille, M.Y. Grauwin, C. Chantelot

    Les transferts tendineux sont nécessaires quand la chirurgie nerveuse de réparation n’a pas donné de résultats suffisants. Les données de physiologie musculaire indispensables à la compréhension de ces transferts sont rappelées. Les conditions à réunir pour obtenir les meilleures chances de succès sont expliquées. Les grands principes de réalisation, d’immobilisation et de rééducation des transferts sont précisés.

    P. 162 à 172

     

     

    Les lésions anciennes des nerfs suprascapulaire, axillaire, accessoire et thoracique long. Interventions palliatives : transferts musculaires, ostéotomie de dérotation et arthrodèse

    C. Chantelot, G. Wavreille 

    La mobilité de l’épaule est assurée par un ensemble de muscles innervés principalement par les racines C5 et C6 du plexus brachial. Lorsqu’il existe des avulsions radiculaires très étendues, intéressant l’ensemble des racines du plexus brachial, le pronostic est mauvais et la chirurgie de transfert devient peu utile. Les lésions C5-C6 du plexus brachial sont de loin les plus fréquentes. Le transfert des muscles trapèze et triceps brachial peut restaurer une abduction et une antépulsion actives. La dérotation de l’humérus reste une intervention relativement simple permettant de rétablir une rotation latérale passive du bras. Dans les atteintes nerveuses partielles de l’épaule, un potentiel musculaire transférable persiste, la réanimation est souvent possible. Cette chirurgie intervient dans une prise en charge globale du membre supérieur sans négliger la flexion du coude et la mobilité digitale.

    P. 173 à 179

     

     

    Chirurgie palliative dans les lésions du nerf médian et du nerf ulnaire

    M. Chammas, B. Coulet, D. Lumens, C. Belin, C. Lazerges, M.N.Thaury

    Les tableaux cliniques sont multiples en raison soit d’une récupération partielle, soit de variations anatomiques entre nerf ulnaire et nerf médian. La principale des séquelles des paralysies du nerf médian est la perte de sensibilité de la pince pouce index et la perte d’opposition du pouce. Pour le nerf ulnaire, c’est la perte de force de la main avec atteinte de toutes les autres fonctions intrinsèques. Les indications de chirurgie palliative ont diminué en raison des progrès de la chirurgie nerveuse périphérique. Toutefois, la chirurgie palliative garde une place en complément précoce ou plus tardif des techniques de réparation nerveuse afin de rendre le résultat optimal. Les indications chirurgicales, les techniques des principaux transferts, leurs avantages et leurs inconvénients sont détaillés.

    P. 180 à 205

     

     

    Traitement palliatif par transfert tendineux après paralysie radiale

    P. Bellemere, E. Masmejean, B. Bauer ,

    Le traitement palliatif par transfert tendineux fait partie intégrante du plan thérapeutique. Il peut être discuté d’emblée si les possibilités de réparation par suture ou greffe nerveuse ne sont pas réalisables ou « raisonnables », par exemple si la longueur de la greffe nécessaire est trop longue, si le lit de réparation nerveuse est de qualité trophique défavorable, et/ou si le bilan nerveux initial justifie en priorité de réserver le capital nerveux disponible pour la réparation d’un autre tronc, et/ou si le sujet est très âgé. Il est surtout discuté secondairement en cas de lésion prise en charge trop tardivement (recolonisation estimée des effecteurs supérieure à 18 mois par rapport à l’accident initial), ou après échec ou récupération incomplète après chirurgie nerveuse. Il faut distinguer deux contextes différents : le transfert tendineux peut être proposé après paralysie du tronc du nerf radial au bras ou après paralysie de la branche profonde du nerf radial (BPNR). Dans le schéma classique complet, on réanime l’extension du poignet par le rond pronateur, les extenseurs des doigts et le long extenseur du pouce par le fléchisseur ulnaire du poignet, et les tendons long abducteur – court extenseur du pouce par le long palmaire. Dans d’autres cas et/ou en fonction des écoles, d’autres transferts peuvent être discutés. Si les règles techniques de réalisation sont respectées, les transferts tendineux pour paralysie radiale donnent régulièrement des résultats très satisfaisants.

    P. 206 à 214

     

     

    Traitement palliatif des paralysies du nerf fibulaire commun

    R. Bleton  ,

    Les paralysies définitives du nerf péronier sont accessibles à un traitement palliatif. Le traitement le plus simple est le port d’une attelle ou « releveur ». Le traitement palliatif définitif repose sur le transfert palliatif du tendon du muscle tibial postérieur. La plupart des auteurs conseillent un trajet à travers la membrane interosseuse. Le moyen de fixation distale est le sujet de nombreuses variantes et astuces. L’idéal semble être l’axe du 2e espace intermétatarsien et le plus distal possible, que l’insertion soit transosseuse ou sur un tendon du tibial antérieur dérouté.

    P. 215 à 219

     

     

    Principes de la prise en charge en rééducation après chirurgie nerveuse directe et interventions palliatives

    M.N. Thaury, C. Cauquil, F. Ster, M. Chammas

    La prise en charge en rééducation après chirurgie nerveuse directe est capitale. Souvent, en effet, le patient n’accepte pas le fait d’avoir eu « son accident », de garder « son handicap » si longtemps, et cherche désespérément à régler rapidement son problème. Devant l’absence de solutions rapides, il peut arriver à exclure totalement ce membre, qu’il ne peut accepter. La rééducation doit permettre de conditionner le patient pour éviter toute perte du schéma moteur pendant la phase de paralysie et ainsi faciliter l’utilisation des muscles réinnervés. Elle permet aussi, en éduquant le patient à sa pathologie et en lui apprenant les gestes d’auto-prise en charge, de conserver le contact patient–membre paralysé, membre paralysé–monde extérieur et ainsi d’éviter l’exclusion de ce membre. Enfin, la rééducation permet de maintenir le meilleur état cutané trophique possible, d’éviter tout enraidissement ou fixation d’attitude vicieuse qui compromettrait le résultat de la repousse nerveuse et d’aider la récupération lorsqu’elle survient. Après la chirurgie palliative, la prise en charge est également indispensable pour reprogrammer le transfert dans sa nouvelle fonction.

    P. 220 à 226

     

     

 
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