Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique

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Lettre à Agnès Buzyn:

Mise à jour 27/09/2018 à 10:43 |Publié le 27/09/2018 à 10:32
Dégradation des conditions d’exercice dans le cadre hospitalo-universitaire

Madame la Ministre, Chère Collègue,

Le Conseil National des Universités et le Collège d'Orthopédie-Traumatologie, s'exprimant au nom de la communauté française des Professeurs de la spécialité, soutenus par le CNP-SoFCOT, souhaitent vous alerter sur les conditions d’exercice de notre spécialité dans son cadre hospitalo-universitaire.

L’action déclenchée par nos collègues de Nice pour alerter, les pouvoirs publics et les patients, reçoit notre soutien plein et entier. Nous souhaitons comme eux, exprimer des difficultés extrêmes :
• à assurer les missions d'organisation des soins en Orthopédie-Traumatologie, spécialité à laquelle un français sur deux aura recours dans sa vie, et qui réalise le plus grand nombre d'actes chirurgicaux dans notre pays, avec une
forte dynamique ambulatoire
• à assumer nos missions universitaires.

Ces difficultés ne sont pas le fait d’un seul établissement, et se retrouvent peu ou prou dans tous les CHU. Elles sont liées essentiellement au dysfonctionnement de nos blocs opératoires, conséquence des difficultés de recrutement des médecins anesthésistes, des personnels paramédicaux et de l’absence d’acquisition ou de
renouvellement de matériel.

Ceci a pour conséquences immédiates :
• des soins de moins bonne qualité, moins sûrs et avec des volumes de prise en charge dans le secteur public non adaptés au besoin de la population en volumes et en délais
• sur le plan universitaire, moins de patients c’est moins de formation pour les internes et assistants, avec des enseignants moins disponibles car accaparés et épuisés par leurs tâches d’organisation en perpétuelle évolution.
Cette dégradation survient au sein d'établissements que les préconisations de la réforme du système de santé ont placés comme centre de recours pour le soin et comme support universitaire pour la réforme du 3e cycle des étudiants en médecin (internes et Docteurs juniors).
Le malaise est profond et diffus chez les hospitalo-universitaires et a conduit à la démission de 16 d'entre eux en 10 ans, nombre largement supérieur à la moyenne des autres spécialités. Et si la réforme proposée apporte des pistes intéressantes, nous craignons que des solutions de colmatage établissement par établissement n’apportent pas de réponse pérenne sur le plan national.

Notre vision est simple et pragmatique: nous avons besoin que les organisations hospitalières, soient adaptées :
• à la composante de soin, afin de proposer aux patients une offre publique de soins efficiente dans les grandes villes, têtes de réseaux de tous les territoires car notre spécialité est ubiquitaire sur le territoire Français, notamment par sa
composante traumatologique
• à l'enseignement et la recherche, pour former de façon efficiente les chirurgiens de demain.

Si nous arrivons à optimiser cet environnement nous pourrons conserver dans les CHU des chirurgiens performants et des enseignants-chercheurs auxquels la population et les étudiants peuvent légitimement prétendre.
Nous sollicitons de pouvoir rencontrer vos équipes en liens avec celles du ministère de l’enseignement et de la recherche. Le but pour le court terme étant de trouver des solutions évitant les situations de crises qui risquent de se multiplier et de s’étendre aux internes et aux assistants. Pour le long terme de travailler sur l'identification et la reconnaissance des spécificité de l'organisation de la chirurgie en CHU dans ses composantes de soins mais aussi d'enseignement et de recherche.

En vous remerciant à l’avance de l’attention que vous porterez à cette demande, nous vous prions d’accepter, Madame la Ministre et chère Collègue, nos salutations confraternelles et respectueuses.

Prof Stéphane Boisgard, Président du CNU, Prof Hervé Thomazeau, Président du Collège, Prof Jean François Kempf, Président du CNP SoFCOT, Prof Franck Fitoussi, Secrétaire Général du CNP SoFCOT

 

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