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5 questions sur la luxation congénitale de la hanche des nouveaux-nés

Mise à jour 06/11/2014 à 17:56 |Publié le 21/10/2014 à 17:16
La luxation congénitale de la hanche est une anomalie de l’articulation de la hanche qui touche les enfants à la naissance. Si elle n’est pas traitée, elle entraine une boiterie lors de la marche. Son traitement, par un chirurgien orthopédiste, est assez simple et efficace à condition qu’il soit réalisé très tôt. C’est dire l’importance de reconnaître cette affection précocement dès les premières semaines de la vie. Ce dépistage doit s’appuyer sur un examen clinique fait par le médecin ou le pédiatre et, dans certains cas, en recourant à une échographie des hanches.

A savoir 

 • On a longtemps considéré que certaines origines régionales (Bretagne, Auvergne, Creuse…) prédisposaient à cette malformation, ce n’est pas vérifié.

• Même s’il est vrai que les filles sont davantage concernées par la luxation congénitale de la hanche que les garçons (2 à 3 fois plus), le sexe féminin n’est pas retenu aujourd’hui comme un facteur de risques.

Mais que les parents se rassurent : la luxation congénitale de la hanche est une anomalie peu fréquente : on estime que 6 à 20 enfants sur 1 000 sont concernés à la naissance.

 

 1) Qu’est ce qu’une luxation congénitale de la hanche?

La luxation congénitale de la hanche est un défaut d’emboîtement entre les deux éléments qui composent l’articulation de la hanche : la tête du fémur et la cavité de l’os du bassin qui la reçoit, appelée le cotyle. Dans une hanche normale, la tête est en place dans la cavité. En cas de luxation, elle est située hors du cotyle.

 

2) Quels sont les facteurs de risque ?

 

Comme son nom l’indique, cette anomalie est une malformation présente à la naissance. C’est au cours de la grossesse qu’elle se constitue. Plusieurs facteurs de risque favorisent son apparition :

-       les antécédents familiaux : des cas constatés chez des ascendants ou des frères et sœurs du bébé

-       La posture en « siège » durant la grossesse 

-       Des contraintes majeures exercées par l’utérus de la mère sur le fœtus en fin de grossesse et révélées à la naissance (déformation des genoux, torticolis)

A savoir 

 • On a longtemps considéré que certaines origines régionales (Bretagne, Auvergne, Creuse…) prédisposaient à cette malformation, ce n’est pas vérifié.

• Même s’il est vrai que les filles sont davantage concernées par la luxation congénitale de la hanche que les garçons (2 à 3 fois plus), le sexe féminin n’est pas retenu aujourd’hui comme un facteur de risques.

Mais que les parents se rassurent : la luxation congénitale de la hanche est une anomalie peu fréquente : on estime que 6 à 20 enfants sur 1 000 sont concernés à la naissance.

3) Quelles sont les conséquences d’une luxation congénitale de la hanche non traitée?

Si elle n’est pas détectée et traitée précocement, cette luxation congénitale de la hanche se traduira par une boiterie à l’âge de la marche. Une autre forme de luxation (comme la dysplasie) non détectée à temps peut entrainer une arthrose de la hanche vers 30-40 ans.

4) Comment savoir si son enfant est concerné ?

Plus le diagnostic est effectué tôt, meilleures sont les chances de guérison. 

Aujourd’hui, la luxation congénitale de la hanche fait l’objet d’un dépistage systématique chez tous les nouveau-nés. Il est effectué à la maternité puis par le pédiatre ou le médecin généraliste avant le 8è jour à l’aide de manœuvres cliniques spécifiques (recherche du signe du ressaut et mesure de la souplesse des hanches lors de l’écartement). Puis cet examen doit être répété tout au long de la première année de la vie, à chacune des visites obligatoires prévues chez le pédiatre ou le médecin selon le calendrier de surveillance qui figure dans le carnet de santé (15 jours après la naissance, 1 mois, 2 mois, 4 mois, 6 mois, 9 mois, 12 mois).  A noter que ces visites sont prises en charge par la Sécurité sociale.

Si des anomalies sont détectées lors de l’examen clinique ou si l’enfant présente un ou des facteurs à risque sans qu’il ne présente d’anomalie, une échographie sera pratiquée vers  l’âge d’un mois. Elle n’est ni obligatoire, ni systématique.

A savoir : les parents eux-mêmes peuvent participer au dépistage en repérant et signalant les gesticulations asymétriques de leur bébé ou la limitation de l'écartement des cuisses (ou d’une seule), notamment quand ils changent sa couche.

5) En quoi consiste le traitement ?

Le traitement de la luxation congénitale relève d’un chirurgien orthopédiste.

Si le diagnostic est précoce, un traitement orthopédique assez simple dit «ambulatoire» suffit à traiter la luxation congénitale de la hanche dans la grande majorité des cas. Il consiste à «réduire» la luxation en maintenant la tête fémorale dans la position où elle est la mieux pénétrée dans le cotyle (position de "centrage"). Cette réduction n’est jamais forcée ; elle s’effectue grâce à des appareillages nécessitant une mise en place et un contrôle rigoureux :

- Dans les deux premiers mois de la vie, on utilise le lange CALIN. C’est un feutre souple qui maintient les hanches écartées.

 

Le lange Calin

 

- Lorsque le traitement doit se poursuivre après la période du deuxième mois ou lorsque le dépistage est fait plus tardivement on utilise une culotte d'abduction , également souple, ou un harnais de Pavlik qui doivent être mis en place et surveillés par un chirurgien orthopédiste. Le harnais de Pavlik est un appareil très efficace. Il comprend une série de sangles permettant un réglage plus fin de la position des cuisses et une adaptation à l'évolution de la croissance de l'enfant, tout en empêchant certains mouvements nocifs. Il demande un peu plus d'apprentissage et est plus délicat à manier.

La culotte d’abduction

Le harnais de Pavlik

- En cas d’échec ou de diagnostic plus tardif un traitement complémentaire est réalisé dans le cadre d’une hospitalisation : traction collée (l’enfant est fixé au lit par un langeage) et plâtre.

Dans les cas de luxation de hanche dépistés tard ou pour améliorer la formation du cotyle que la croissance n'a pu effectuer  (dysplasie), un traitement chirurgical s'impose. L'intervention consiste en une ostéotomie du bassin (section de l'os pour le réorienter) pour restaurer une bonne adaptation du couple tête fémorale/ cotyle. Elle est suivie du port d'un plâtre prenant la taille de l'enfant et descendant jusqu'aux orteils pendant plusieurs semaines. L’intervention chirurgicale ne doit pas être perçue comme un échec, mais comme un complément du traitement orthopédique initial .

Pour aller plus loin :

Fiche téléchargeable de la Haute Autorité de Santé sur le dépistage

 http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-11/luxation_hanche_v2_mel.pdf

 

Ouvrage de référence : «  la luxation congénitale de la hanche » ouvrage de la SOFOP, sous la direction de B. Fenoll, C. Senah, M. Chapuis et S. Guillard-Carles, éditeur Sauramps Médical (2006)  

 

Cet article a été rédigé avec le concours du Professeur Rémi Kohler, chef de service de chirurgie orthopédique pédiatrique aux Hospices civils de Lyon, Président de l’AOT 2014 (Académie d’orthopédie et de traumatologie).

 

Glossaire :

Abduction : écartement.

Adduction : resserrement.

Dépistage : recherche d’une anomalie ou d’une maladie à risques au sein d’une catégorie de la population (les enfants de moins de un an, dans le cas de la luxation de la hanche).

Dysplasie : terme médical désignant un trouble du développement ; la dysplasie de hanche se manifestera par des douleurs articulaires des hanches apparaissant chez l’adulte jeune et dues à une atrthrose précoce.

Echographie : technique d’imagerie médicale employant des ultrasons.

Facteurs de risque : ensemble de facteurs qui prédispose à la constitution d’une luxation de hanche. Ils sont rattachés aux antécédents, aux circonstances de l’accouchement ou à l’enfant lui-même.

Réduire : remettre en place

Traitement ambulatoire : traitement qui ne nécessite pas l’hospitalisation de l’enfant

 

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