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Tout savoir sur la scoliose de l’adulte

Mise à jour 04/12/2017 à 15:31 |Publié le 04/12/2017 à 14:40
Contrairement aux idées reçues, la scoliose ne concerne pas que les enfants et les adolescents. Les adultes sont aussi susceptibles d’être affectés par cette déformation de la colonne vertébrale qui, au fil du temps, peut s’accompagner de fortes douleurs et d’une gêne importante dans la vie quotidienne. Mais qu’elle soit liée au vieillissement ou à l’évolution d’une scoliose de l’adolescence, des traitements appropriés existent pour retrouver une bonne qualité de vie.

Qu’est ce qu’une scoliose ?

La scoliose est une déformation de la colonne vertébrale (ou rachis) dans chacun des trois plans de l’espace : vers la droite ou la gauche (plan frontal), vers l’avant ou l’arrière (plan sagittal) mais également avec un mouvement associé de rotation des vertèbres sur elles mêmes (plan transversal). Son signe clinique essentiel est la « gibbosité » qui s’observe lorsque le patient se penche en avant : une bosse apparaît à côté des vertèbres du haut de la colonne vertébrale (on parle alors de « scoliose thoracique ») ou du bas (« scoliose lombaire »).

 

                                                                   Patiente atteinte d’une scoliose « de novo » : sa colonne vertébrale est déformée dans chacun des trois plans de l’espace

 

Deux types de scolioses

Deux formes de scolioses peuvent toucher les adultes. La première est le résultat de l’évolution d’une scoliose de l’adolescence (lien vers scoliose enfant adolescent) (appelée scoliose « idiopathique ») que le traitement par  un corset a ralenti jusqu’à la fin de la croissance sans pour autant la stopper. D’année en année, la scoliose progresse peu à peu, et peut devenir douloureuse vers l’âge de la quarantaine.

La seconde forme de scoliose adulte, appelée scoliose « de novo » ou « dégénérative », survient vers l’âge de 45-50 ans. Son origine est « mécanique ». Sous l’effet du vieillissement, le rachis se fragilise. Les disques intervertébraux, qui relient les vertèbres entre elles, s’usent. Les muscles et les ligaments se relâchent. Peuvent s’ajouter des problèmes neurologiques qui modifient la perception de l’espace ou encore de l’arthrose des articulations, et, chez les femmes post-ménopausées, l’ostéoporose susceptible de provoquer des fractures des vertèbres. Autant de facteurs qui peuvent se combiner entre eux et amener progressivement le patient à basculer en avant pour conserver son équilibre lorsqu’il est debout et qu’il marche (voir encadré ci-contre).

Une affaire d’équilibre

Lorsque nous sommes debout ou que nous marchons, nous n’avons quasiment aucun effort à faire pour conserver l’équilibre. Cela, grâce à la constitution du squelette humain qui en temps normal permet à la tête de demeurer parfaitement au dessus du bassin avec une colonne vertébrale bien équilibrée. Cet alignement peut être schématisé par une figure géométrique en forme de cône, appelé « cône d’économie » par les orthopédistes. Lorsque le rachis perd de sa solidité et de sa souplesse, le patient se penche en avant et déploie sans s’en rendre compte une énergie pour trouver un nouvel équilibre. Peu à peu, les muscles se fatiguent et les vertèbres se déplacent. La scoliose s’installe. Et plus le patient sort de son cône d’économie, plus elle s’aggrave…

 

Douleurs, sciatique, difficultés respiratoires… : des symptômes parfois très handicapants

Touts les patients qui ont une scoliose n’ont pas forcément mal. Et dans le cas contraire, il n’y a pas toujours de corrélation directe entre la scoliose et les douleurs qu’ils ressentent. Celles-ci peuvent être ainsi le résultat d’une arthrose articulaire des vertèbres. Toutefois, une scoliose importante s’avère souvent fatigante et douloureuse sur le plan musculaire en raison des efforts que fait le patient pour se tenir debout et marcher. Elle peut également entraîner un rétrécissement du canal rachidien, à l’origine de  sciatalgies ou de cruralgies. Enfin dans les cas rares de scolioses très évoluées, le frottement des côtes sur le bassin peut être très douloureux et le patient pourra aussi connaître de graves problèmes respiratoires ou digestifs.  

 

L’équilibre au centre du diagnostic

Quand elle n’est pas immédiatement visible (gibbosité), la scoliose « de novo » est souvent révélée par une radiographie prescrite par le médecin traitant à un patient se plaint d’un mal de dos. Depuis quelques années, de nouveaux équipements de radiologie permettent de réaliser des radiographies complètes et très peu irradiantes de la colonne (système EOS). Leur intérêt est de pouvoir étudier avec une grande précision l’équilibre global d’un patient, et non pas de seulement mesurer l’angle de courbure de sa colonne vertébrale. Le médecin peut ainsi faire la part entre les problèmes d’équilibre et les problèmes musculaires. Les résultats de ce bilan et l’existence ou non de douleurs ressenties par le patient décideront de la suite à donner : du simple suivi (avec une radiographie tous les cinq ans environ) pour surveiller que la scoliose n’évolue pas et que des douleurs n’apparaissent pas, à un traitement médical adapté, voire une intervention chirurgicale en dernier recours. Si la scoliose est avérée, il est conseillé de s’adresser à un chirurgien orthopédiste spécialisé dans le rachis.

 

Radiographie de face et de profil de la même patiente que ci-dessus

Un traitement seulement médical le plus souvent

Outre des antalgiques pour soulager la douleur, le traitement de la scoliose de l’adulte consiste non pas à la guérir mais à la maîtriser et freiner son évolution. Cela, essentiellement grâce à de séances régulières rééducation préventive auprès d’un kinésithérapeute ainsi que des exercices d’auto-rééducation à faire ensuite chez soi.  L’objectif est de faire travailler les muscles, ligaments et les articulations (hanches comprises) qui permettront au patient de retrouver un bon équilibre. Éventuellement, des séances d’ostéopathie peuvent être prescrites pour « débloquer » une situation aiguë. Une petite ceinture de maintien ou un corset plus contraignant porté  à temps partiel peuvent s’avérer également utiles pour freiner la progression de la scoliose. Enfin, un traitement de l’ostéoporose est recommandé chez les femmes qui en sont atteintes.

 

Une intervention chirurgicale complexe

Si la gêne et les douleurs deviennent trop importantes, ou encore en cas de sciatique ou de cruralgie due au rétrécissement du canal rachidien, la question d’une intervention chirurgicale peut se poser après l’échec du traitement médical. L’objectif de l’opération est de bloquer dans la bonne position une partie plus ou moins étendue  de la colonne vertébrale à l’aide d’un matériel d’ostéosynthèse (tiges, vis…) et de solidariser les vertèbres entre elles grâce à une autogreffe d’os qui assurera la fusion . C’est une intervention peu fréquente et complexe qui dure au minimum 5 heures et est le plus souvent assurée par deux chirurgiens. Elle nécessite une hospitalisation d’une semaine. Elle n’est réalisée que par des chirurgiens orthopédistes spécialistes de la scoliose dans un nombre restreint de centres spécialisés dans le rachis (CHU et quelques grands établissements privés).

 

 A l’aide de matériel d’ostéosynthèse visible ci-dessus sur les radiographies, la patiente retrouve un bon équilibre de sa colonne vertébrale

 

Des risques à connaître

La décision d’opérer une scoliose exige une discussion approfondie avec le patient en termes de bénéfices/risques car elle n’est pas sans risque ni exempte de complications. Notamment des risques d’infection (qui s’expliquent par la durée de l’opération) ou de reprise d’opération antérieure  (dans 25% des cas) en raison, par exemple, de l’échec de la consolidation de la greffe (pseudarthrose). De même, les suites opératoires sont longues. Si le patient peut rapidement remarcher, il faut compter environ six mois pour se remettre complètement de l’opération avec des douleurs importantes le premier mois. Le port d’un corset est parfois prescrit le temps que la consolidation soit complète. Enfin, la cicatrice couvre bien souvent la totalité de la colonne vertébrale.

Au total cette chirurgie est beaucoup plus complexe et lourde que chez l’adolescent. Malgré ces risques et ces inconvénients, l’intervention améliore sensiblement la qualité de vie des patients en soulageant durablement leurs douleurs.

 

 

Cet article a été rédigé avec le concours de Henry Parent, chirurgien du rachis au Centre du Rachis d’Angers (et membre de la SOFCOT.)

 

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