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Tout savoir sur les tumeurs osseuses 1ère partie : les tumeurs bénignes

Mise à jour 04/12/2017 à 16:32 |Publié le 04/12/2017 à 15:38
Les tumeurs peuvent se localiser partout. Y compris sur un os. Pour autant, tumeur ne signifie pas cancer : la grande majorité des tumeurs osseuses n’en sont pas. Ce qui n’empêche pas de devoir les traiter.

Généralités sur les tumeurs osseuses

 

Qu’est-ce qu’une tumeur osseuse ?

La tumeur osseuse correspond au  développement d’un tissu pathologique à l’intérieur de l’os – appelée tumeur endo-osseuse, et, plus rarement, à l’extérieur d’un os (tumeur exo-osseuse). Comme pour d’autres organes du corps humain, tumeur ne signifie pas systématiquement que l’os porteur développe un cancer. La plupart des tumeurs osseuses sont en effet « bénignes » par opposition aux tumeurs « malignes » qui sont cancéreuses.  La deuxième distinction majeure entre les tumeurs osseuses est de séparer « primitives » et les « secondaires ».

 

  • Les tumeurs primitives

Elles naissent au niveau de l’os et peuvent être bénignes ou, beaucoup moins fréquemment, malignes. Aucune cause ni aucun facteur prédisposant (hérédité, par exemple) n’explique pourquoi ni comment elles apparaissent. Quand ils existent, les symptômes sont le plus souvent une douleur localisée sur l’os porteur, profonde et permanente, qui, à la différence de l’arthrose, par exemple, ne se calme pas au repos. Plus exceptionnellement, la tumeur, qui fragilise le tissu osseux, est révélée par une  fracture surprenante a priori car survenant après un traumatisme minime.

De leur côté, les tumeurs exo-osseuses peuvent s’accompagner d’une tuméfaction (modification du relief de l’os) que l’on peut sentir à la palpation comme l’a remarqué le patient lui-même.

  • Les tumeurs secondaires

Appelées aussi tumeurs « métastatiques », les tumeurs secondaires sont toujours malignes : ce sont des localisations à distance, sur le squelette d’une tumeur cancéreuse provenant d’un autre organe (sein, rein, prostate, thyroïde, poumon…). Il s’agit d’une véritable greffe à distance des cellules cancéreuses qui ont migré vers un ou souvent plusieurs éléments du squelette par voie sanguine. (voir 2è partie consacrée aux tumeurs malignes)

  • Les tumeurs bénignes

Il existe de nombreuses formes différentes de tumeur bénigne liées aux différents types de cellules qui la compose : fibrome non ossifiant, ostéome ostéoïde, tumeur à cellules géantes, ostéochondrome (ou exostose), chondrome… Elles touchent surtout les adolescents et les adultes jeunes mais également les enfants. Leur bénignité se caractérise par leur lenteur d’évolution et l’absence de diffusion à distance. Leurs localisations les plus fréquentes se situent près du genou, au bassin et dans la région de l’épaule. Mais certaines tumeurs se fixent préférentiellement (et cela sans explication) sur certains os, à l’image de l’astragale (ou talus, os situé sous le tibia, formant avec lui la cheville) et du col du fémur pour l’ostéome ostéoïde, du fémur distal et du radius distal pour la tumeur à cellules géantes, ou encore d’une phalange pour le chondrome.

 

  • Symptômes et diagnostic

Certaines tumeurs bénignes ne s’accompagnent d’aucun signe ni douleur. On les découvre fortuitement à l’occasion d’une radiographie réalisée pour une cause indépendante par la découverte   d’une image anormale et/ou d’un aspect inhabituel  sur l’os. D’autres formes s’accompagnent une douleur au niveau de l’os atteint  qui nécessite un examen radiologique complet (radiographie + scanner et parfois IRM). Le diagnostic est le plus souvent  effectué  par le radiologue lui-même.

 

L’imagerie médicale permet en effet dans la plupart des cas d’identifier avec précision et de façon définitive le type de tumeur, en raison de son aspect radiographique très spécifique. C’est le cas des tumeurs bénignes les plus fréquentes, comme le fibrome non ossifiant ou l’ostéome ostéoïde. Dans certains cas, le radiologue souligne son impossibilité de donner un diagnostic définitif : il  est amené à souligner que seule une biopsie (c’est-à-dire un prélèvement d’une minime partie de la tumeur) permettra d’affirmer le diagnostic et d’éliminer toute suspicion de tumeur maligne. La biopsie effectuée sur un os est un geste opératoire décidé en commun accord entre les plusieurs praticiens. Cette décision est actuellement le plus souvent prise avec d’autres intervenants médicaux au sein d’un groupe de réflexion (Réunion de Concertation Pluridisciplinaire).  Elle est donc réalisée par un chirurgien orthopédiste, le plus souvent en mode ambulatoire. Elle consiste à prélever une partie de petite taille  qui sera ensuite analysée par un médecin anatomo-pathologiste expérimenté. Le retour d’information est fait par l’opérateur vers le patient et son médecin référent, avec une proposition de traitement.  

 

  • Traitement

Quelques types  de tumeurs, comme le fibrome non-ossifiant, ne nécessitent pas d’intervention chirurgicale mais une courte et simple surveillance radiologique. Pour les autres formes, le traitement varie selon la nature exacte de la tumeur et sa localisation. En règle générale, il est proposé d’enlever la tumeur pour supprimer la gêne et/ou douleur, pour réduire le risque de fracture ou, plus rarement, éviter qu’elle se transforme en tumeur maligne.

L’opération consiste à pratiquer une « exérèse » (ablation) de la partie atteinte  de l’os, à compenser la zone enlevée, et éventuellement renforcer l’os avec du matériel chirurgical métallique ou ostéosynthèse (plaques vissées, clous…). Le volume tumoral retiré peut être comblé par l’os du patient (autogreffe), par de l’os d’un autre patient (allogreffe), ou par des substituts osseux issus de l’industrie  pharmaceutique ou encore par du ciment chirurgical. Certaines tumeurs de petit volume sont simplement enlevées sans comblement car elles ne compromettent pas la solidité de l’os (exemple : ostéome ostéoïde). L’autogreffe ou les substituts osseux sont utilisés pour combler la cavité endo osseuse  d’un chondrome. De même le ciment est notamment utilisé pour la tumeur à cellules géantes : le chirurgien curète la matière tumorale et injecte à la place du ciment destiné à solidifier l’os rendu très fragile par l’ablation de la tumeur. De leur côté, les exostoses (tumeurs rares qui se développent à la surface de l’os) sont traitées par un geste chirurgical simple qui consiste à « raboter » l’excroissance.

 

Ces interventions chirurgicales nécessitent de 2 à 5 jours d’hospitalisation (selon l’importance de l’opération et sa localisation) et peuvent être pratiquées par la plupart des chirurgiens orthopédistes. Si nécessaire, ils peuvent solliciter l’appui des un centre de référence spécialisé dans les tumeurs osseuses (voir la 2è partie Tumeurs osseuses malignes). En règle générale, les médecins autorisent une mobilisation rapide des articulations, avec éventuellement, dans le cas où le membre inférieur est concerné, une interdiction d’appui provisoire, le temps que la consolidation de l’os s’effectue.

 

A noter enfin le cas particulier de l’ostéome ostéoïde, petite tumeur de quelques millimètres de diamètre souvent douloureuse, pour laquelle l’intervention n’est pas réalisée par un chirurgien mais de plus en plus souvent par un médecin radiologue. Alors que le patient est sous anesthésie générale, le radiologue introduit deux petites électrodes dans la tumeur dont il contrôle le bon emplacement à l’aide du scanner. La tumeur est ensuite détruite thermiquement  en faisant passer un courant électrique de faible intensité entre les électrodes.

 

Cet article a été rédigé avec le concours du Pr Paul Bonnevialle, chirurgien orthopédique et traumatologique au CHU de Toulouse, ancien Président de l’Académie d’Orthopédie Traumatologie.

 

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